On parle d'infertilité du couple (infécondité) lorsqu'aucune grossesse ne survient après 12 mois de rapports réguliers sans contraception. Le bilan est recommandé après un an d'essais si la femme a moins de 35 ans, et dès six mois à partir de 35 ans. Il explore toujours les deux partenaires : ovulation, réserve ovarienne, utérus et trompes chez la femme, spermogramme chez l'homme.
Les deux mots sont souvent confondus, mais ils ne disent pas la même chose :
La grande majorité des couples qui consultent ont une infertilité, et non une stérilité. Chez la femme, l'endométriose fait partie des causes à rechercher, en particulier en cas de règles douloureuses ou de douleurs pendant les rapports.
Même chez un couple sans problème de fertilité, la grossesse ne survient pas forcément dès les premiers mois : la probabilité de concevoir à chaque cycle est limitée. Les recommandations du CNGOF (Collège national des gynécologues et obstétriciens français, 2022) proposent de débuter le bilan :
| Situation | Quand faire le bilan ? |
|---|---|
| Femme de moins de 35 ans | Après 12 mois de rapports réguliers sans contraception |
| Femme de 35 ans ou plus | Après 6 mois |
| Cycles très irréguliers ou absence de règles, endométriose connue, antécédent d'infection génitale haute ou de chirurgie pelvienne, anomalie connue chez l'homme | Sans attendre |
Le moment des rapports compte. L'étude de Wilcox (NEJM, 1995) a montré que les conceptions surviennent après des rapports ayant lieu dans une fenêtre de six jours qui se termine le jour de l'ovulation. Des rapports tous les deux ou trois jours couvrent bien cette période, sans nécessité de programmer chaque rapport.
Les causes peuvent être féminines, masculines, mixtes, ou rester inexpliquées malgré un bilan complet.
Plusieurs habitudes de vie, chez la femme comme chez l'homme, influencent les chances de grossesse. Les recommandations du CNGOF (2022) conseillent aux couples infertiles :
Le poids compte aussi : une maigreur importante comme une obésité peuvent perturber l'ovulation chez la femme et la production de spermatozoïdes chez l'homme. Le CNGOF ne fixe toutefois pas de seuil d'indice de masse corporelle au-delà duquel une prise en charge médicale de l'infertilité serait refusée.
D'autres points sont à vérifier avant une grossesse, quel que soit le délai : prise d'acide folique, vaccinations à jour (rubéole notamment), traitements en cours compatibles avec une grossesse, équilibre d'une éventuelle maladie chronique (thyroïde, diabète).
Le bilan d'infertilité concerne le couple. Il est préférable de venir à deux à la première consultation. Le médecin fait le point sur :
Un examen gynécologique est réalisé, et un frottis de dépistage est fait s'il n'est pas à jour. Les examens complémentaires du bilan sont prescrits lors de cette consultation ; le délai moyen de rendez-vous est d'une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés.
Selon les recommandations du CNGOF 2022, le bilan de première intention comprend :
| Examen | Pour qui ? | Ce qu'il recherche |
|---|---|---|
| Échographie pelvienne 3D avec compte des follicules antraux | Femme | Utérus, ovaires, signes d'endométriose, estimation de la réserve ovarienne |
| Bilan hormonal | Femme | Ovulation, prolactine, thyroïde selon le contexte ; AMH avant une prise en charge en AMP |
| Hystérosalpingographie ou HyFOSy (échographie avec mousse) | Femme | Perméabilité des trompes, forme de la cavité utérine |
| Prélèvement vaginal | Femme | Vaginose bactérienne |
| Spermogramme, spermocytogramme et spermoculture | Homme | Nombre, mobilité et forme des spermatozoïdes, infection |
Si le spermogramme est anormal, un examen par un andrologue, une échographie des testicules et un bilan hormonal sont recommandés ; s'il est normal, il n'est pas nécessaire de le contrôler. Pour en savoir plus : le spermogramme et l'hystérosalpingographie.
Certains examens autrefois systématiques ne sont plus recommandés en première intention : le test post-coïtal (test de Hühner), la sérologie chlamydia pour juger de l'état des trompes, l'hystérosonographie et l'hystéroscopie diagnostique lorsque l'échographie 3D est normale.
Le traitement dépend de la cause, de l'âge de la femme et de la durée de l'infertilité :
Lorsque le bilan est entièrement normal, on parle d'infertilité inexpliquée, avec une stratégie spécifique.
L'attente d'une grossesse et les examens peuvent peser sur le couple, la sexualité et la vie professionnelle. Il est légitime d'en parler pendant la consultation. Un accompagnement psychologique, proposé dans de nombreux centres d'AMP, peut aider. Les traitements d'AMP sont pris en charge par l'Assurance maladie dans des conditions définies (notamment d'âge et de nombre de tentatives), que l'équipe vous expliquera.
Elle peut aider à repérer l'ovulation chez certaines femmes, mais elle n'est pas indispensable et peut devenir une source de stress. Une prise de sang ou une échographie bien programmées renseignent plus précisément.
Oui. Le spermogramme fait partie du bilan de première intention de tout couple infertile, car une cause masculine est fréquente, seule ou associée à une cause féminine.
Ils peuvent aider à cibler les jours fertiles. Des rapports réguliers, tous les deux ou trois jours, couvrent toutefois la période fertile sans avoir à programmer chaque rapport.
Oui, notamment après 35 ans ou en cas de cycles irréguliers, de règles très douloureuses, d'antécédent d'infection génitale ou de chirurgie pelvienne. Une première consultation permet aussi de faire le point sur le mode de vie.
Oui, les examens du bilan d'infertilité prescrits par un médecin sont pris en charge par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles. Les traitements d'AMP bénéficient d'une prise en charge spécifique sous conditions.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.