Un polype utérin (polype de l'endomètre) est une petite excroissance de la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus ; il est presque toujours bénin et se manifeste surtout par des saignements en dehors des règles ou après la ménopause. Dans une méta-analyse portant sur plus de 35 000 femmes opérées, une lésion précancéreuse ou cancéreuse était retrouvée dans 1,1 % des polypes avant la ménopause et dans 4,9 % après la ménopause, ce risque étant plus élevé en cas de saignements. Le traitement habituel est l'ablation par hystéroscopie (caméra introduite par les voies naturelles), avec analyse du polype au microscope.
L'endomètre est la muqueuse qui recouvre la cavité utérine et se renouvelle à chaque cycle. Un polype correspond à une prolifération localisée de cette muqueuse, reliée à la paroi par une base large (polype « sessile ») ou par un pied fin (polype « pédiculé »). Sa taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Il peut être unique ou multiple.

Le polype de l'endomètre est différent :
Le mécanisme de formation n'est pas entièrement connu. Les polypes sont sensibles aux estrogènes, ce qui explique les facteurs favorisants les plus souvent cités : âge autour de la ménopause, surpoids, traitement par tamoxifène (après un cancer du sein), traitement hormonal mal équilibré.
Beaucoup de polypes ne donnent aucun symptôme et sont découverts lors d'une échographie faite pour une autre raison. Lorsqu'ils se manifestent, c'est principalement par des saignements anormaux :
Le polype ne provoque en général pas de douleur. Une douleur pelvienne importante doit faire rechercher une autre cause.
Chez une femme qui souhaite une grossesse, le polype peut aussi être découvert lors d'un bilan d'infertilité ou avant une insémination ou une FIV.
Le diagnostic repose sur l'imagerie puis, si nécessaire, sur l'exploration directe de la cavité.
| Examen | Ce qu'il apporte | Limites |
|---|---|---|
| Échographie pelvienne endovaginale | Premier examen ; peut montrer un épaississement localisé de l'endomètre | Peut manquer un petit polype ou le confondre avec un épaississement global |
| Hystérosonographie (échographie avec injection de sérum dans l'utérus) | Dessine nettement le polype dans la cavité distendue | Ne permet pas de prélever |
| Hystéroscopie diagnostique | Vision directe de la cavité, localisation et nombre des polypes | Geste plus invasif, réalisé en consultation ou au bloc |
| Analyse anatomopathologique | Seul examen qui confirme la nature bénigne ou non | Nécessite de retirer le polype ou d'en prélever un fragment |
L'échographie est réalisée de préférence en première partie de cycle, quand l'endomètre est fin. Selon les recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), l'hystéroscopie diagnostique se fait idéalement par vaginoscopie, avec un hystéroscope de petit calibre, sans anesthésie générale ni antibiotique systématique.
Dans la très grande majorité des cas, non. Le risque n'est cependant pas nul, et il dépend surtout de deux éléments : le statut ménopausique et la présence de saignements.
Une méta-analyse de 51 études (35 345 femmes ayant eu une ablation hystéroscopique de polype) a retrouvé :
| Situation | Proportion de polypes précancéreux ou cancéreux |
|---|---|
| Ensemble des femmes | 2,7 % |
| Avant la ménopause | 1,1 % |
| Après la ménopause | 4,9 % |
| Femmes sans saignement | 1,9 % |
| Femmes avec saignements | 5,1 % |
Ces chiffres expliquent la démarche habituelle : après la ménopause, et a fortiori en cas de saignements, l'ablation du polype et son analyse sont proposées. Chez une femme jeune sans symptôme, avec un petit polype, une simple surveillance peut se discuter. Les auteurs de cette méta-analyse soulignent que ces données permettent d'éviter un surtraitement chez les femmes à faible risque.
Le traitement par tamoxifène augmente la fréquence des polypes et des anomalies de l'endomètre ; tout saignement sous ce traitement doit être signalé.
Non. La décision tient compte de l'âge, des symptômes, de la taille du polype et du projet de grossesse.
L'ablation est généralement proposée :
Une surveillance peut se discuter :
Il n'existe pas de traitement médicamenteux qui fasse disparaître un polype de façon fiable.
Un polype pourrait gêner l'implantation de l'embryon, mais les données restent limitées. Une revue Cochrane a analysé les essais randomisés évaluant l'hystéroscopie opératoire chez les femmes infertiles : dans un essai mené avant insémination intra-utérine (204 femmes), l'ablation des polypes était associée à un taux de grossesse clinique d'environ 63 %, contre 28 % après une hystéroscopie diagnostique seule. Les auteurs jugent ce niveau de preuve faible et indiquent qu'aucune donnée sur les naissances vivantes n'était disponible.
En pratique, lorsqu'un polype est découvert chez une femme qui cherche à être enceinte, son ablation est le plus souvent proposée, car le geste est court et ses complications sont rares. Le bilan d'infertilité est détaillé dans l'article infertilité du couple.
La polypectomie se fait par hystéroscopie opératoire : une caméra fine est introduite par les voies naturelles (vagin puis col de l'utérus), sans aucune incision sur le ventre. La cavité est distendue par du sérum physiologique, et le polype est retiré à l'aide d'une anse électrique, de petits ciseaux ou d'un système de morcellement mécanique, selon sa taille et sa base d'implantation.

Points pratiques :
Les suites (saignements, douleurs, reprise des activités) sont détaillées dans l'article après une hystéroscopie opératoire.
L'ablation d'un polype reste limitée à la muqueuse et n'entame pas le muscle utérin.
Les complications possibles, rares, sont :
Oui. Une récidive est possible, surtout si les facteurs favorisants persistent (tamoxifène, surpoids, traitement hormonal). Une échographie de contrôle peut être proposée en cas de nouveaux saignements. La récidive ne signifie pas que le polype était mal retiré : un nouveau polype peut se former ailleurs dans la cavité.
Après une polypectomie, appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences gynécologiques, en cas de :
Son évolution ne peut pas être prévue, et aucun médicament ne le fait disparaître de façon fiable. Chez une femme non ménopausée, sans symptôme et avec un petit polype, une surveillance peut être proposée, car le risque de lésion précancéreuse ou cancéreuse est faible (1,1 %). Après la ménopause ou en cas de saignements, l'ablation reste la règle.
Le geste est réalisé sous anesthésie ou avec des instruments de petit calibre adaptés à une réalisation en consultation. Des douleurs proches de celles des règles sont fréquentes dans les heures qui suivent et cèdent en général avec des antalgiques simples.
L'endomètre cicatrise vite après une polypectomie. Le délai conseillé avant une tentative de grossesse ou un transfert d'embryon est fixé lors de la consultation postopératoire.
Non. L'hystéroscopie suffit dans la quasi-totalité des cas. Une hystérectomie ne se discute que si l'analyse révèle une lésion précancéreuse ou cancéreuse, ou en cas d'autre pathologie associée.
Non. Le polype de l'endomètre se situe dans le corps de l'utérus et n'a pas de lien avec le papillomavirus ni avec le cancer du col. Le dépistage par frottis ou test HPV reste à poursuivre normalement.
À titre indicatif et en général : sortie le jour même, arrêt de travail de 7 jours pour un métier sédentaire à 10 jours pour un métier physique, sport possible immédiatement sauf la natation, rapports, bains et tampons à éviter pendant environ 15 jours. Ces consignes sont adaptées à votre situation en consultation. Les honoraires de l'intervention figurent sur un devis remis avant le geste.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.