La réserve ovarienne désigne le nombre d'ovocytes encore présents dans les ovaires ; elle diminue avec l'âge et s'estime par le dosage de l'AMH (hormone antimüllérienne) et le compte des follicules antraux (CFA) à l'échographie. Ces marqueurs prédisent bien la réponse à une stimulation en FIV, mais ils ne prédisent pas, à eux seuls, les chances de grossesse naturelle. Ils s'interprètent toujours avec l'âge et le contexte du couple.
La réserve ovarienne correspond au stock d'ovocytes (les cellules qui donneront un ovule) contenus dans les ovaires à un moment donné. Ces ovocytes sont logés dans de minuscules follicules dits primordiaux.
Ce stock se constitue avant la naissance, pendant la vie fœtale. Ensuite, il ne fait que diminuer : chaque mois, un groupe de follicules est recruté, un seul arrive en général à l'ovulation, les autres disparaissent. La baisse est lente au début de la vie adulte, puis s'accélère après 35 ans environ, jusqu'à la ménopause. Contrairement à l'homme, qui produit des spermatozoïdes en continu, la femme ne fabrique pas de nouveaux ovocytes.
Certaines situations peuvent réduire la réserve plus tôt que prévu : chirurgie des ovaires (notamment pour un endométriome, voir notre page endométriose), chimiothérapie ou radiothérapie, tabac, antécédents familiaux de ménopause précoce, certaines causes génétiques ou auto-immunes.
La réserve ovarienne ne se mesure pas directement. On l'estime par des marqueurs hormonaux et échographiques, idéalement associés.
| Examen | Quand le faire ? | Ce qu'il indique | Limites |
|---|---|---|---|
| AMH (hormone anti-müllérienne), prise de sang | À n'importe quel moment du cycle | Reflète le nombre de petits follicules en croissance ; baisse souvent avant la FSH | Abaissée sous contraception hormonale ; variations entre laboratoires et techniques |
| Compte des follicules antraux (CFA), échographie endovaginale | En début de cycle | Nombre de petits follicules visibles dans les deux ovaires ; bien corrélé à l'AMH | Dépend de l'échographiste et de l'appareil |
| FSH et œstradiol, prise de sang | Entre le 2e et le 4e jour du cycle | Une FSH élevée, surtout avec un œstradiol déjà haut, évoque une réserve diminuée | Varie d'un cycle à l'autre ; se modifie tardivement |
Les recommandations françaises du CNGOF (2022) placent le compte des follicules antraux, lors de l'échographie pelvienne du bilan, et le dosage de l'AMH avant une prise en charge en assistance médicale à la procréation (AMP) parmi les examens de première intention.
Non. Les marqueurs de réserve ovarienne renseignent sur la quantité d'ovocytes, pas sur leur qualité. Or c'est surtout la qualité des ovocytes, liée à l'âge, qui détermine les chances de grossesse.
Une étude prospective publiée dans le JAMA en 2017 a suivi 750 femmes de 30 à 44 ans sans antécédent d'infertilité. Après prise en compte de l'âge, les femmes ayant une AMH basse (inférieure à 0,7 ng/mL) n'avaient pas moins de chances de concevoir en 12 cycles que celles ayant une AMH normale (84 % contre 75 %, différence non significative). Il en allait de même pour une FSH élevée.
Ces marqueurs prédisent le nombre d'ovocytes obtenus après stimulation (ESHRE, 2025), mais pas la fertilité naturelle : les auteurs de cette étude concluent qu'ils ne doivent pas servir de « test de fertilité » chez une femme qui n'a pas de difficulté à concevoir.
Une femme jeune avec une AMH basse garde donc en général de bonnes chances de grossesse naturelle. À l'inverse, une AMH normale à 42 ans ne compense pas la baisse de qualité ovocytaire liée à l'âge.
Dans un parcours de PMA, le bilan de réserve ovarienne est surtout utile pour :
Une femme dite « mauvaise répondeuse » à la stimulation peut néanmoins obtenir une grossesse : le nombre d'ovocytes n'est qu'un des éléments du pronostic.
La conduite à tenir dépend surtout de votre âge et de votre projet :
En FIV, une réserve basse conduit à adapter le protocole. Faute de preuve suffisante, l'ESHRE (2025) ne recommande pas la plupart des traitements complémentaires proposés aux femmes dites mauvaises répondeuses.
Enfin, une réserve basse n'annonce pas forcément une ménopause imminente. Si elle s'accompagne de règles qui s'espacent ou disparaissent avant 40 ans, un bilan spécifique recherche une insuffisance ovarienne prématurée, qui nécessite une prise en charge propre, notamment pour protéger les os et le cœur.
Ce bilan n'est pas un examen de dépistage à proposer à toutes les femmes. Il est utile :
Le résultat doit être expliqué en consultation : seul, il risque d'inquiéter à tort ou de rassurer à tort. Pour un bilan de fertilité au cabinet, prenez rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79.
Aucun traitement, complément alimentaire ou régime n'a montré qu'il augmentait le nombre d'ovocytes. On peut en revanche éviter de l'abîmer, notamment en arrêtant le tabac et en discutant de la stratégie avant toute chirurgie ovarienne.
Ce n'est pas obligatoire, mais la contraception hormonale peut abaisser l'AMH et le compte des follicules. Le médecin en tient compte et peut proposer un contrôle à distance de l'arrêt si le résultat est bas.
Elle indique un grand nombre de petits follicules, ce qui est fréquent en cas de syndrome des ovaires polykystiques. En FIV, elle impose d'adapter la stimulation pour limiter le risque d'hyperstimulation ovarienne.
Elle donne une tendance, mais pas une date fiable pour une femme donnée. Elle ne doit pas servir à décider seule d'une contraception ou d'un projet de grossesse.
Le remboursement de l'AMH par l'Assurance maladie est encadré et lié à certaines indications, notamment le bilan avant AMP. Votre médecin ou le laboratoire vous indiquera ce qui s'applique à votre situation.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.