L'endométrite chronique est une inflammation persistante et discrète de la muqueuse de l'utérus (endomètre), le plus souvent sans symptôme, définie au microscope par la présence de plasmocytes dans l'endomètre. Une méta-analyse de 39 études publiée en 2026 retrouve, chez les femmes en FIV, un taux de grossesse clinique plus faible (54 % contre 60 %) et un taux de fausse couche plus élevé (16 % contre 12 %) en cas d'endométrite chronique, mais avec un niveau de preuve jugé faible à très faible. Il n'est pas établi que le traitement antibiotique augmente le nombre de naissances, et un dépistage systématique avant une première FIV n'est pas recommandé.
L'endomètre est la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus et accueille l'embryon. L'endométrite chronique correspond à une inflammation de bas grade de cette muqueuse, qui dure dans le temps.
Elle se distingue nettement de l'endométrite aiguë, infection franche qui survient par exemple après un accouchement, une fausse couche ou un geste endo-utérin, et qui se manifeste par de la fièvre, des douleurs et des pertes anormales. L'endométrite chronique, elle, est le plus souvent silencieuse : elle ne donne ni fièvre ni douleur et n'est découverte qu'à l'occasion d'examens réalisés dans un bilan d'infertilité.
Son origine serait principalement bactérienne, avec des germes variés (germes intestinaux, streptocoques, mycoplasmes, etc.), mais les mécanismes restent incomplètement compris. Des hypothèses portant sur le microbiote intestinal ou vaginal sont étudiées, sans application pratique à ce jour.
On parle d'échecs répétés d'implantation lorsque plusieurs transferts d'embryons de bonne qualité n'aboutissent pas à une grossesse. Les causes sont multiples : qualité des embryons (souvent liée à l'âge), anomalies de la cavité utérine, facteurs immunologiques ou inconnus.
L'endométrite chronique a été proposée comme l'une des causes possibles, car une inflammation de l'endomètre pourrait perturber l'accueil de l'embryon. Les données disponibles montrent une association, pas une relation de cause à effet démontrée :
| Résultat (femmes en FIV) | Avec endométrite chronique | Sans endométrite chronique | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Grossesse clinique | 54,3 % | 60,1 % | Différence statistiquement significative |
| Fausse couche | 16,4 % | 11,9 % | Différence statistiquement significative |
| Naissance vivante ou grossesse évolutive | 44,0 % | 50,6 % | Tendance, non significative |
Source : méta-analyse de 39 études (Mihoci et al., 2026). Niveau de preuve GRADE faible à très faible pour tous les critères.
Ces chiffres signifient que la différence existe en moyenne, mais qu'une majorité de femmes ayant une endométrite chronique obtiennent tout de même une grossesse. Ils ne permettent pas d'affirmer que l'endométrite est responsable des échecs observés chez une femme donnée.
Il n'existe pas aujourd'hui de définition universelle de l'endométrite chronique, ce qui explique en partie les écarts entre les études.
| Méthode | Ce qu'elle apporte | Limites |
|---|---|---|
| Biopsie d'endomètre avec analyse au microscope | Examen de base : recherche de plasmocytes dans la muqueuse | Prélèvement en consultation, parfois inconfortable |
| Immunomarquage CD138 | Coloration qui rend les plasmocytes plus faciles à repérer | Seuil de positivité variable selon les laboratoires |
| Hystéroscopie | Peut montrer des signes évocateurs : micropolypes, muqueuse œdématiée, rougeurs localisées | Sensibilité très variable (22 à 86 % selon les études) ; ne suffit pas seule au diagnostic |
| Cultures bactériennes, tests du microbiote | Recherche de germes | Intérêt clinique non établi en routine |
La méta-analyse de 2026 conclut que l'hystéroscopie doit être considérée comme un complément de la biopsie, et non comme un test diagnostique à elle seule.
En pratique, la biopsie se fait au cabinet, à l'aide d'une fine canule introduite dans l'utérus, sans anesthésie, en quelques minutes ; le moment du cycle vous est précisé lors de la consultation. Le résultat dépend de l'expérience du laboratoire d'anatomopathologie et de la technique utilisée.
Les auteurs de la méta-analyse la plus récente estiment qu'un dépistage systématique avant une première FIV ne peut pas être recommandé au vu des données actuelles. Une recherche ciblée peut se discuter chez des femmes sélectionnées ; les recommandations de bonne pratique de l'ESHRE (Société européenne de reproduction humaine, 2023) indiquent qu'elle peut être envisagée en cas d'échecs répétés d'implantation, avec un traitement antibiotique si le diagnostic est confirmé :
Cette recherche s'inscrit dans un bilan plus large, qui comprend notamment l'évaluation de la cavité utérine (polypes, synéchies, cloison, fibromes) et de la réserve ovarienne.
Le traitement repose sur une antibiothérapie par voie orale, avec des molécules actives sur un large éventail de germes ; le schéma (molécules et durée) vous est précisé lors de la consultation. Les protocoles varient d'une étude à l'autre et aucun n'a été validé par un essai de grande taille.
Une biopsie de contrôle est souvent proposée après le traitement pour vérifier la disparition de l'inflammation. En cas de persistance, un second traitement peut être discuté.
C'est la question centrale, et la réponse reste incertaine.
Une méta-analyse publiée dans Fertility and Sterility en 2018, portant sur des femmes ayant des échecs répétés d'implantation, a montré que :
La méta-analyse de 2026 retrouve le même constat : les femmes dont l'endométrite a disparu ont des résultats plus favorables que celles chez qui elle persiste.
Ces résultats sont encourageants mais doivent être interprétés avec prudence :
En résumé, il n'est pas démontré que dépister et traiter l'endométrite chronique augmente le nombre de naissances. Des essais randomisés sont attendus.
Prescrire des antibiotiques n'est pas anodin :
C'est pourquoi la démarche privilégie une recherche ciblée, un diagnostic histologique et une information claire sur l'incertitude.
Oui, c'est même la situation la plus fréquente. Certaines femmes signalent de petits saignements entre les règles ou une gêne pelvienne, mais ces signes ne sont pas spécifiques.
Non, pas en règle générale. Les germes retrouvés sont variés et ne relèvent pas, pour la plupart, des infections sexuellement transmissibles. Une recherche de chlamydia peut néanmoins faire partie du bilan d'infertilité.
Aucune donnée ne justifie de traiter le conjoint de façon systématique dans l'endométrite chronique.
Le transfert est généralement envisagé après le contrôle de la guérison. Le calendrier est défini avec l'équipe d'assistance médicale à la procréation.
Une persistance ou une réapparition est possible. C'est l'une des raisons pour lesquelles une biopsie de contrôle est souvent proposée.
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