Après plusieurs échecs de FIV (fécondation in vitro), la première étape est de revoir le dossier complet avec l'équipe, ou de demander un second avis, pour rechercher une cause corrigible (utérus, trompes, endométriose, sperme, protocole). Selon l'âge et la réserve ovarienne, les options sont une nouvelle tentative adaptée, le don d'ovocytes ou de spermatozoïdes, l'accueil d'embryon, l'adoption, ou l'arrêt de la PMA. Il n'y a pas de bonne réponse unique : la décision appartient au couple, bien informé.
Un échec de FIV est fréquent et ne signifie pas qu'il est impossible d'avoir un enfant. Même avec un embryon de bonne qualité, l'implantation n'est jamais certaine. Les causes d'échec relèvent principalement de trois domaines :
Le facteur masculin et le protocole de stimulation peuvent aussi jouer. Souvent, aucune cause précise n'est retrouvée.
Le parcours d'assistance médicale à la procréation (AMP) progresse en général par étapes, selon la cause de l'infertilité et l'âge :
Une « tentative » de FIV comprend la ponction et tous les transferts d'embryons, frais puis congelés, qui en sont issus. Il est donc utile de faire le point avec l'équipe après chaque tentative complète, plutôt qu'après chaque transfert, pour juger des résultats.
Il est aussi important de distinguer un échec de grossesse (test négatif) d'une fausse couche après un test positif : ces deux situations n'ont pas la même signification ni les mêmes explorations.
L'ESHRE a publié en 2023 des recommandations sur l'échec répété d'implantation. Elle le définit comme la situation où le transfert d'embryons considérés comme viables n'a pas abouti à un test de grossesse positif suffisamment souvent, chez une patiente donnée, pour justifier des examens ou des traitements complémentaires. Elle propose un seuil : lorsque les chances cumulées d'implantation attendues pour le nombre de transferts déjà réalisés dépassent 60 % sans succès, des explorations sont discutées.
Cette définition tient compte de l'âge et de la qualité des embryons : il n'y a pas de « nombre magique » d'échecs valable pour tous.
Revoir le dossier en consultation dédiée, ou demander l'avis d'une autre équipe, permet de vérifier que rien n'a été oublié. Selon le contexte, peuvent être discutés :
| Domaine | Examens possibles | Ce qu'on peut corriger |
|---|---|---|
| Cavité utérine | Échographie 3D, hystérosonographie, hystéroscopie | Polype de plus de 10 mm, fibrome déformant la cavité, synéchies |
| Trompes et pelvis | Échographie, IRM pelvienne, parfois cœlioscopie | Hydrosalpinx (traité avant une nouvelle FIV), endométriose |
| Facteur masculin | Nouveau spermogramme, avis andrologique | Choix de l'ICSI, traitement d'une cause masculine |
| Santé générale | Thyroïde, glycémie, selon les antécédents | Traitement d'une maladie associée, poids, tabac |
| Génétique | Caryotype des deux partenaires si indiqué | Conseil génétique, diagnostic préimplantatoire |
Le protocole de stimulation peut aussi être adapté. En revanche, l'ESHRE (2023) rappelle que de nombreux examens et traitements « complémentaires » proposés en cas d'échec (dits « add-ons » : certains bilans immunologiques, traitements immunitaires, grattage de l'endomètre…) n'ont pas fait la preuve d'un bénéfice sur les naissances et ne doivent pas être prescrits en routine.
Lorsque l'âge et la réserve ovarienne le permettent et qu'une piste d'amélioration a été trouvée, une nouvelle FIV peut être proposée. Le transfert des embryons congelés restants fait partie de la même tentative et ne nécessite pas de nouvelle stimulation (voir les étapes de la FIV).
Lorsque la qualité ou le nombre des ovocytes est en cause, le don d'ovocytes modifie nettement le pronostic, car les chances dépendent alors surtout de l'âge de la donneuse. Un don de spermatozoïdes peut être proposé en cas de cause masculine sévère. En France, le don est anonyme et gratuit ; depuis la loi de bioéthique de 2021, les personnes nées d'un don peuvent, à leur majorité, accéder à l'identité du donneur si elles le demandent. Les délais d'attente peuvent être longs. Le Dr Kadoch peut vous orienter vers un centre d'assistance médicale à la procréation adapté.
Des couples ayant achevé leur projet parental peuvent donner leurs embryons congelés à un couple ou à une femme non mariée. Le consentement à l'accueil de l'embryon est donné au préalable devant notaire.
Pour adopter, il faut d'abord obtenir un agrément délivré par le conseil départemental, après une évaluation sociale et psychologique. L'adoption peut concerner un enfant né en France, pupille de l'État, ou un enfant né à l'étranger ; depuis la loi du 21 février 2022, l'adoption internationale passe obligatoirement par un organisme habilité. Les démarches sont longues et le nombre d'enfants adoptables est limité.
Si aucune cause définitive n'a été trouvée (trompes non obstruées, ovulation présente, spermatozoïdes présents), une grossesse spontanée reste possible, même après des échecs de FIV. Cette probabilité est souvent faible et doit être évaluée honnêtement avec le médecin, selon l'âge.
La décision d'arrêter est l'une des plus difficiles du parcours. Elle repose sur plusieurs éléments, à discuter ensemble :
Arrêter n'est pas un échec personnel. Certains couples choisissent une autre voie (don, adoption), d'autres construisent une vie sans enfant. Une pause de quelques mois peut aussi aider à prendre du recul avant de décider.
Les échecs répétés exposent à l'anxiété, à la tristesse, parfois à la dépression, et peuvent fragiliser le couple. N'hésitez pas à demander un accompagnement psychologique, proposé dans la plupart des centres d'AMP. Les associations de patients permettent aussi d'échanger avec des couples qui vivent la même situation.
Si vous traversez une détresse importante ou avez des idées noires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24.
L'Assurance maladie prend en charge un nombre limité de tentatives de FIV, sous condition d'âge de la femme. Le transfert des embryons congelés issus d'une même ponction fait partie de la même tentative ; votre centre vous précisera votre situation.
Les recommandations de l'ESHRE ne le conseillent pas en routine, car les traitements immunologiques n'ont pas montré qu'ils augmentaient les naissances. Il peut se discuter dans des situations particulières, avec l'équipe.
Pas systématiquement, mais un second avis peut repérer un élément non exploré ou proposer un protocole différent. C'est une démarche légitime et fréquente.
Elle peut réduire la réserve ovarienne et, selon sa forme, gêner l'implantation. Sa prise en charge, parfois chirurgicale, se discute au cas par cas avant une nouvelle tentative.
Certains couples le font, avec des règles juridiques et des conditions différentes de la France. Il est conseillé d'en parler avec votre gynécologue avant toute démarche, pour le suivi médical de la grossesse et la prise en charge.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.