On parle d'infertilité inexpliquée lorsqu'aucune anomalie n'est trouvée chez la femme ni chez l'homme après un bilan complet. Une grossesse spontanée reste possible, surtout avant 35 ans et lorsque l'infertilité est récente. Selon l'âge et la durée des essais, l'attente encadrée, l'insémination intra-utérine avec stimulation (traitement de première ligne selon l'ESHRE) ou la FIV sont proposées.
L'infertilité inexpliquée est un diagnostic d'exclusion : on la retient lorsque le bilan d'infertilité du couple est normal. Concrètement, cela suppose :
« Inexpliquée » ne veut pas dire « sans cause » : il peut exister des facteurs que les examens courants ne mesurent pas, comme la qualité des ovocytes ou des spermatozoïdes, la captation de l'ovocyte par la trompe ou l'implantation. Une endométriose superficielle peut aussi passer inaperçue à l'échographie.
L'ESHRE (Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie) a publié en 2023 une recommandation dédiée. Elle souligne que la plupart des examens supplémentaires et des traitements proposés dans cette situation n'ont pas été évalués de façon solide.
Oui. Un bilan normal est plutôt une information rassurante : une partie des couples concernés obtient une grossesse spontanée dans les mois ou les années qui suivent. Les chances dépendent surtout de trois facteurs :
Des rapports réguliers, tous les deux à trois jours, couvrent la période fertile sans qu'il soit nécessaire de les programmer.
Il est utile de vérifier avec le médecin que le bilan est bien complet et récent : un spermogramme datant de plusieurs années, une perméabilité des trompes non explorée ou une réserve ovarienne non évaluée ne permettent pas de parler d'infertilité inexpliquée. À l'inverse, refaire sans raison des examens déjà normaux n'apporte en général rien de plus.
Il n'existe pas de délai unique. La décision tient compte de l'âge et de la durée des essais déjà écoulée :
| Situation | Orientation habituelle |
|---|---|
| Femme de moins de 35 ans, infertilité récente | Une période d'attente encadrée, avec un suivi médical, est raisonnable |
| Femme de 35 à 37 ans | Le délai d'attente est raccourci ; l'AMP est discutée plus tôt |
| Femme de 38 ans ou plus, ou infertilité ancienne | Orientation rapide vers un centre d'AMP, souvent directement vers la FIV |
Une attente prolongée, jusqu'à deux ans d'essais au total, peut se discuter chez un couple jeune, mais elle n'est pas adaptée après 35 ans. Le CNGOF recommande d'ailleurs de commencer le bilan dès six mois d'essais à partir de cet âge.
| Option | Principe | Ce qu'en disent les recommandations |
|---|---|---|
| Attente encadrée | Rapports réguliers, suivi médical, hygiène de vie | Option raisonnable chez les couples jeunes à bon pronostic |
| Stimulation de l'ovulation seule, avec rapports programmés | Comprimés ou injections pour faire ovuler, sans insémination | Non recommandée par le CNGOF (2022) chez une femme qui ovule normalement |
| Insémination intra-utérine (IIU) avec stimulation | Stimulation légère, puis dépôt du sperme préparé dans l'utérus au moment de l'ovulation | Traitement de première ligne selon l'ESHRE (2023) |
| Fécondation in vitro (FIV) | Fécondation au laboratoire puis transfert d'embryon | Après échec des inséminations, ou d'emblée selon l'âge et la durée de l'infertilité |
| Cœlioscopie diagnostique | Exploration du pelvis sous anesthésie générale | Le CNGOF la considère comme probablement utile avant 30 ans pour augmenter les chances de grossesse naturelle |
Pour la stimulation avant insémination, le CNGOF recommande l'utilisation de gonadotrophines et une surveillance de l'ovulation, afin de limiter le risque de grossesse multiple. Le déroulement de la FIV est détaillé dans notre article sur les étapes de la FIV.
L'insémination intra-utérine (IIU) est la technique la plus simple d'assistance médicale à la procréation. Elle se déroule en plusieurs temps :
L'insémination suppose qu'au moins une trompe soit perméable et que le sperme, après préparation, contienne suffisamment de spermatozoïdes mobiles. C'est pourquoi le bilan doit être complet avant d'y recourir. En cas d'échecs répétés, l'équipe propose de passer à la FIV.
Les inséminations sont réalisées dans un centre d'assistance médicale à la procréation, vers lequel le cabinet vous oriente.
Il est tentant de multiplier les examens pour « trouver quelque chose ». Les recommandations invitent à la prudence : les examens supplémentaires ne sont utiles que s'ils peuvent changer la prise en charge. Selon le contexte, peuvent se discuter :
Des tests de qualité de l'endomètre, de fragmentation de l'ADN des spermatozoïdes ou des bilans immunologiques sont parfois proposés : leur intérêt n'est pas démontré dans l'infertilité inexpliquée, et ils ne sont pas recommandés en routine.
L'absence d'explication peut être plus difficile à vivre qu'un diagnostic précis. Quelques repères peuvent aider :
Oui, c'est une situation courante chez les couples qui consultent pour infertilité. Elle reste toutefois un diagnostic d'exclusion qui suppose un bilan complet des deux partenaires.
Le stress est surtout une conséquence de l'infertilité. Il n'est pas démontré qu'il en soit une cause principale, et il ne faut pas culpabiliser les couples.
Le nombre de tentatives est discuté avec l'équipe selon l'âge et le contexte ; en France, la prise en charge par l'Assurance maladie est limitée à un nombre défini d'inséminations. Après 38 ans, on passe souvent plus vite à la FIV.
Non, les résultats dépendent surtout de l'âge de la femme et du nombre d'ovocytes obtenus. La FIV permet aussi d'observer la fécondation, ce qui peut apporter une information supplémentaire.
Oui, une endométriose superficielle peut ne pas être visible à l'échographie. Des règles très douloureuses ou des douleurs pendant les rapports doivent la faire rechercher, parfois par IRM ou cœlioscopie.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.