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Gynécologie

Kyste de l'ovaire bénin : symptômes, diagnostic et prise en charge

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Un kyste ovarien (kyste de l'ovaire) est une poche de liquide qui se forme sur l'ovaire ; chez la femme jeune, il s'agit le plus souvent d'un kyste fonctionnel, lié au cycle, qui disparaît seul en quelques semaines. L'échographie endovaginale est l'examen clé : elle distingue les kystes simples, qu'on surveille, des kystes dits organiques ou d'aspect complexe, qui peuvent nécessiter une IRM ou une cœlioscopie. Une douleur brutale et intense du bas-ventre doit faire craindre une torsion de l'ovaire, qui est une urgence.

Qu'est-ce qu'un kyste de l'ovaire ?

Un kyste de l'ovaire est une cavité remplie de liquide, parfois d'un contenu plus épais, qui se développe dans ou sur l'ovaire. La très grande majorité des kystes découverts chez la femme avant la ménopause sont bénins. Ils sont souvent trouvés par hasard, lors d'une échographie faite pour une autre raison.

Lorsque le kyste persiste, grossit ou donne des symptômes, son ablation se fait le plus souvent par cœlioscopie : c'est l'une des interventions courantes de chirurgie gynécologique. Mais beaucoup de kystes ne nécessitent qu'une surveillance.

Kyste fonctionnel ou kyste organique : quelle différence ?

Les kystes fonctionnels

Ils sont liés au fonctionnement normal de l'ovaire. Chaque mois, un follicule grossit pour libérer un ovule, puis se transforme en corps jaune. Si le follicule ne se rompt pas ou si le corps jaune se remplit de liquide ou de sang, un kyste se forme. Il est toujours bénin et disparaît spontanément, en général en deux à trois cycles. Il ne survient pas après la ménopause, puisque l'ovulation s'est arrêtée.

Les kystes organiques

Ils ne dépendent pas du cycle et ne disparaissent pas seuls. Les principaux kystes organiques bénins sont :

TypeCaractéristiques
Kyste dermoïde (tératome mature)Fréquent chez la femme jeune ; contient de la graisse, parfois des poils ou des dents ; bénin, mais expose à la torsion
Cystadénome séreuxContenu liquide clair ; peut devenir volumineux
Cystadénome mucineuxContenu épais ; souvent cloisonné, parfois très volumineux
EndométriomeKyste d'endométriose au contenu « chocolat » ; souvent associé à des règles douloureuses
Fibrome ou thécome de l'ovaireTumeur solide bénine, plus fréquente après 50 ans

Il existe aussi des tumeurs dites frontières (borderline) et des cancers de l'ovaire, plus rares, surtout avant la ménopause. L'objectif du bilan est de les reconnaître. Voir notre article sur le cancer de l'ovaire.

Quels sont les symptômes d'un kyste ovarien ?

La plupart des kystes ne donnent aucun symptôme. Quand ils en donnent, il peut s'agir de :

  • douleur ou pesanteur d'un côté du bas-ventre, parfois pendant les rapports ;
  • règles irrégulières, plus abondantes ou plus douloureuses ;
  • ballonnements, sensation de ventre gonflé ;
  • envies fréquentes d'uriner ou constipation, lorsqu'un gros kyste comprime la vessie ou le rectum.

Le cas particulier des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) n'est pas une maladie à kystes au sens strict. Les « kystes » vus à l'échographie sont de nombreux petits follicules immatures. Le SOPK associe des cycles irréguliers, parfois une pilosité excessive ou de l'acné, et se prend en charge différemment, sans chirurgie des kystes.

Ces signes ne sont pas spécifiques. D'autres causes de douleurs du bas-ventre doivent être envisagées.

Quels examens pour caractériser le kyste ?

  • Échographie pelvienne par voie endovaginale : c'est l'examen de première intention selon les recommandations françaises. Elle mesure le kyste et décrit son contenu (liquide pur, cloisons, parties solides, végétations). Un kyste uniloculaire à contenu liquide pur, de moins de 7 cm, est suffisamment caractérisé par l'échographie seule.
  • IRM pelvienne : elle est recommandée en deuxième intention si l'aspect échographique est indéterminé ou si le kyste dépasse 7 cm.
  • Dosage du CA 125 : il n'est pas recommandé en première intention, car il s'élève dans de nombreuses situations bénignes (règles, endométriose, infection). Il peut être demandé devant une masse d'aspect suspect, en particulier après la ménopause.
  • Échographie de contrôle : pour un kyste d'allure fonctionnelle, elle est refaite après quelques semaines, de préférence en début de cycle, pour vérifier sa disparition.
  • Test de grossesse en cas de douleur, pour ne pas méconnaître une grossesse extra-utérine.

Seule l'analyse au microscope du kyste retiré (examen anatomopathologique) apporte une certitude sur sa nature. La ponction du kyste sous échographie n'est pas recommandée.

Faut-il opérer un kyste de l'ovaire ?

Pas toujours. La décision dépend de l'âge, des symptômes, de la taille et surtout de l'aspect du kyste.

La surveillance

Un kyste d'allure fonctionnelle est contrôlé par une échographie après quelques semaines, en général en début de cycle. S'il a disparu, il n'y a rien à faire. Selon les recommandations françaises, l'abstention peut aussi être proposée pour un kyste liquide pur, sans symptôme, de moins de 10 cm, chez une femme sans antécédent de cancer.

La pilule n'accélère pas la disparition des kystes fonctionnels : une revue Cochrane l'a montré, et les recommandations françaises déconseillent ce traitement. La pilule peut en revanche diminuer le risque de nouveaux kystes fonctionnels chez les femmes qui en font souvent.

La chirurgie

Elle est proposée pour un kyste organique, un kyste qui persiste ou grossit, un kyste symptomatique ou d'aspect suspect. La cœlioscopie est la technique recommandée par le CNGOF. Avant la ménopause, on retire le kyste en conservant l'ovaire (kystectomie) chaque fois que possible, pour préserver la fertilité et la réserve ovarienne. Après la ménopause, ou en cas de doute sur la nature du kyste, l'ablation de l'ovaire et de la trompe (annexectomie) peut être préférée.

Une masse suspecte de malignité est prise en charge selon les règles de la chirurgie oncologique, avec une discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Après une cœlioscopie, l'hospitalisation est en général ambulatoire ou de 1 à 2 jours ; à titre indicatif, l'arrêt de travail va de 7 jours (travail sédentaire) à 21 jours (travail physique lourd).

Quelles sont les complications possibles ?

  • La torsion de l'ovaire : l'ovaire tourne sur lui-même et son irrigation sanguine est coupée. Elle provoque une douleur brutale, très intense, souvent avec nausées et vomissements. C'est une urgence chirurgicale : une cœlioscopie est réalisée pour détordre l'ovaire. Avant la ménopause, les recommandations conseillent de conserver l'ovaire, quels que soient la durée estimée de la torsion et son aspect pendant l'intervention.
  • La rupture du kyste : douleur soudaine, parfois après un rapport ou un effort. Elle s'arrête souvent seule mais peut s'accompagner d'un saignement dans le ventre.
  • L'hémorragie dans le kyste : douleur aiguë, qui régresse le plus souvent avec des antalgiques et une surveillance.

Comment se passe le suivi après un kyste ?

Après la disparition d'un kyste fonctionnel, aucun suivi particulier n'est nécessaire. Si les kystes fonctionnels se répètent et gênent, une contraception hormonale peut être discutée, car elle réduit leur apparition.

Après l'ablation d'un kyste organique, le résultat de l'analyse est remis lors d'une consultation de contrôle. Il conditionne la suite : simple surveillance clinique et échographique pour un kyste bénin, prise en charge spécifique en cas d'endométriose ou de tumeur frontière.

Quand consulter en urgence ?

Appelez le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences gynécologiques, en cas de :

  • douleur du bas-ventre brutale et intense, surtout d'un seul côté ;
  • douleur avec nausées, vomissements ou malaise ;
  • douleur avec fièvre ;
  • douleur avec retard de règles ou test de grossesse positif.

En cas de kyste connu pendant la grossesse, les recommandations privilégient la surveillance pour un kyste liquide pur sans symptôme de moins de 6 cm ; signalez toute douleur à votre maternité.

Questions fréquentes

Un kyste de l'ovaire peut-il devenir un cancer ?

Un kyste fonctionnel, non. La plupart des kystes organiques sont aussi bénins, mais certaines tumeurs ont un aspect qui justifie une IRM ou une chirurgie pour en connaître la nature.

Un kyste de l'ovaire empêche-t-il d'être enceinte ?

Le plus souvent non. Les endométriomes peuvent être associés à une baisse de fertilité, et une chirurgie répétée sur l'ovaire peut diminuer la réserve ovarienne : la décision opératoire tient compte du projet de grossesse.

La pilule fait-elle disparaître un kyste ?

Non, la pilule n'accélère pas la disparition d'un kyste fonctionnel. Elle peut en revanche réduire l'apparition de nouveaux kystes fonctionnels.

Le kyste peut-il revenir après l'opération ?

Un kyste dermoïde récidive rarement. Les endométriomes et les kystes fonctionnels peuvent réapparaître, d'où l'intérêt d'un suivi.

Un kyste ovarien de 5 cm est-il grave ?

Pas en soi : c'est surtout l'aspect à l'échographie qui compte, plus que la taille. Selon les recommandations françaises, un kyste liquide pur, sans symptôme, de moins de 10 cm peut être simplement surveillé chez une femme sans antécédent de cancer. Un kyste d'aspect complexe, quelle que soit sa taille, justifie une IRM ou un avis chirurgical.

Comment se passent les suites d'une opération d'un kyste de l'ovaire ?

L'ablation se fait en général par cœlioscopie, sous anesthésie générale. À titre indicatif : hospitalisation ambulatoire ou de 1 à 2 jours, arrêt de travail de 7 à 21 jours selon le métier, reprise du sport après environ 3 semaines, des rapports selon la douleur, et pas de bain pendant 2 semaines. Le délai avant une grossesse est discuté lors de la consultation post-opératoire, en général 4 à 6 semaines après l'intervention. Les honoraires font l'objet d'un devis préalable.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.