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Contraception

Quelle contraception choisir quand on a déjà un enfant ?

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

La contraception après une grossesse doit débuter au plus tard 21 jours après l'accouchement si une nouvelle grossesse n'est pas souhaitée, et les méthodes contenant des œstrogènes sont déconseillées avant 6 semaines en raison du risque de thrombose (phlébite). Pendant l’allaitement, on privilégie les méthodes sans œstrogène : pilule progestative, implant ou stérilet. Quand la famille est complète, le stérilet, l’implant ou une contraception définitive peuvent être discutés.

Pourquoi penser à la contraception dès la maternité ?

L’ovulation peut revenir avant les premières règles, parfois dès les premières semaines après la naissance chez une femme qui n’allaite pas. Une grossesse très rapprochée expose à davantage de complications pour la mère et l’enfant. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommande donc :

  • d’informer les femmes des risques des grossesses rapprochées ;
  • de débuter une contraception efficace au plus tard 21 jours après l’accouchement si une nouvelle grossesse n’est pas souhaitée ;
  • de la prescrire dès la maternité.

La consultation postnatale, dans les semaines qui suivent, permet ensuite d’ajuster le choix. Pour une vue d’ensemble des options, voir les méthodes de contraception ; pour les solutions chirurgicales, la page chirurgie gynécologique.

Quelle contraception juste après l’accouchement ?

Le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire est élevé dans les semaines qui suivent la naissance. C’est pourquoi le CNGOF déconseille les contraceptions contenant des œstrogènes (pilule combinée, patch, anneau) avant 6 semaines après l’accouchement, que vous allaitiez ou non.

MéthodeSans allaitementAvec allaitement
PréservatifPossible dès la reprise des rapportsPossible dès la reprise des rapports
Pilule progestativePossible rapidementPossible, compatible avec l’allaitement
ImplantPossible rapidementPossible
Stérilet (cuivre ou hormonal)Habituellement après la consultation postnataleHabituellement après la consultation postnatale
Pilule combinée, patch, anneauPas avant 6 semainesPas avant 6 semaines, et généralement évités pendant l’allaitement

Le moment exact de la pose d’un stérilet ou d’un implant est discuté avec votre gynécologue ou votre sage-femme selon le déroulement de l’accouchement (voie basse ou césarienne).

L’allaitement suffit-il comme contraception ?

L’allaitement retarde le retour de l’ovulation, mais il n’est fiable que dans des conditions strictes (méthode MAMA) :

  • allaitement exclusif, jour et nuit, sans biberon de complément ni longues pauses entre les tétées ;
  • absence de retour des règles ;
  • dans les 6 premiers mois après la naissance seulement.

Dès qu’une de ces conditions n’est plus remplie (reprise du travail, tire-lait, introduction de biberons, retour de couches), il faut une autre contraception. En pratique, beaucoup de femmes préfèrent associer d’emblée une pilule progestative ou un implant, compatibles avec l’allaitement. Pour les questions liées à l’allaitement lui-même, voir allaitement maternel.

Quelles options quand les enfants grandissent ?

Une fois la période postnatale passée, toutes les méthodes redeviennent possibles en l’absence de contre-indication. Le choix dépend surtout de votre projet : espacer les naissances, ou ne plus avoir d’enfant.

Pour espacer les grossesses

  • Pilule, patch ou anneau : efficaces si utilisés sans oubli ; la fertilité revient dès l’arrêt.
  • Implant : 3 ans d’efficacité, retrait possible à tout moment.
  • Stérilet : plusieurs années d’efficacité, retrait simple quand vous souhaitez une nouvelle grossesse.

Quand la famille est complète

  • Stérilet ou implant : leur efficacité en pratique est proche de celle d’une stérilisation, sans caractère définitif.
  • Ligature des trompes chez la femme, ou vasectomie chez le partenaire : possibles pour toute personne majeure après un délai légal de réflexion de 4 mois (voir ligature des trompes).

Pilules, stérilet, implant : quels avantages et inconvénients ?

  • Pilule combinée : cycles réguliers, souvent règles moins abondantes ; contre-indiquée en cas de tabac après 35 ans, de migraine avec aura, d’antécédent de phlébite ou d’embolie, d’hypertension non contrôlée.
  • Pilule progestative : utile si les œstrogènes sont contre-indiqués ; saignements irréguliers fréquents ; prise à heure fixe (tolérance de 12 heures pour le désogestrel, 24 heures pour la drospirénone, 3 heures pour le lévonorgestrel).
  • Implant : rien à penser pendant 3 ans ; saignements imprévisibles possibles, parfois gênants.
  • Stérilet au cuivre : sans hormone ; règles parfois plus abondantes et douloureuses.
  • Stérilet hormonal : règles souvent très diminuées, intéressant en cas de règles abondantes.
  • Préservatif : seule protection contre les IST, utile en complément.

Les méthodes naturelles (calcul des dates, température, retrait) ont un taux d’échec élevé, surtout après une naissance quand les cycles sont irréguliers.

Et après 35 ou 40 ans, ou en cas de problème de santé ?

La contraception tient compte de l’âge et des facteurs de risque cardiovasculaire.

  • Tabac après 35 ans : les méthodes contenant des œstrogènes sont contre-indiquées. Pilule progestative, implant et stérilets restent possibles.
  • Migraine avec aura, antécédent de phlébite, hypertension : on privilégie les méthodes sans œstrogène, en particulier le stérilet.
  • Diabète gestationnel ou hypertension pendant la grossesse : ces antécédents justifient une surveillance et orientent le choix ; parlez-en lors de la consultation postnatale (voir diabète gestationnel).
  • Approche de la ménopause : une contraception reste nécessaire tant que la ménopause n’est pas confirmée, même si les règles deviennent irrégulières.

Une mise au point sur certains progestatifs

Des progestatifs dits « macroprogestatifs » (acétate de chlormadinone, acétate de nomégestrol, acétate de cyprotérone) ont longtemps été prescrits hors autorisation comme contraception après 35 ou 40 ans. Une étude nationale française publiée dans le BMJ en 2024 retrouve avec ces trois progestatifs un risque nettement augmenté de méningiome (tumeur bénigne des enveloppes du cerveau) ; le risque est aussi augmenté en cas d’utilisation prolongée d’acétate de médroxyprogestérone injectable, de médrogestone ou de promégestone. Elle ne retrouve pas d’augmentation de ce risque avec les stérilets au lévonorgestrel. Si vous prenez l’un de ces traitements, n’arrêtez pas brutalement sans solution de relais : consultez pour faire le point.

Faut-il choisir une contraception définitive ?

Dans l’étude américaine CREST, le regret après une ligature des trompes concerne 20,3 % des femmes opérées à 30 ans ou moins, contre 5,9 % après 30 ans, dans les 14 ans qui suivent. Chez les femmes de 30 ans ou moins, il est plus fréquent quand la stérilisation a lieu dans l’année qui suit une naissance, et diminue quand plusieurs années la séparent de la dernière naissance.

Avant de vous décider, réfléchissez à votre situation future (changement de couple, événements de vie). Un stérilet ou un implant permet d’attendre que la décision soit mûre. Organisation au cabinet pour ces consultations : rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79 (délai moyen d’une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés) ; la pose d’un stérilet peut être réalisée au cabinet.

Quand consulter rapidement ?

Consultez sans tarder en cas de :

  • retard de règles ou signes de grossesse, même sous contraception ;
  • fièvre ou douleurs pelviennes après la pose d’un stérilet ;
  • douleur ou gonflement d’un mollet, essoufflement, douleur thoracique, maux de tête violents ou troubles de la vue sous contraception hormonale.

En cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de signes neurologiques, appelez le 15 ou le 112. Après un rapport non protégé, pensez à la contraception d’urgence.

Questions fréquentes

Peut-on prendre la pilule en allaitant ?

Oui, une pilule progestative est compatible avec l’allaitement. Les pilules contenant des œstrogènes sont déconseillées avant 6 semaines après l’accouchement et généralement évitées pendant l’allaitement.

Peut-on tomber enceinte avant le retour de couches ?

Oui. L’ovulation précède le retour des règles, si bien qu’une grossesse est possible avant même d’avoir eu ses premières règles après l’accouchement.

Peut-on poser un stérilet après une césarienne ?

Oui. Une césarienne n’est pas une contre-indication au stérilet ; le moment de la pose est fixé lors de la consultation postnatale.

Quelle contraception si je ne veux plus d’hormones ?

Le stérilet au cuivre est la principale option sans hormone et de longue durée. Le préservatif et, quand la famille est complète, la ligature des trompes ou la vasectomie du partenaire sont les autres possibilités.

Quand reprendre la pilule que je prenais avant la grossesse ?

Si c’est une pilule combinée, pas avant 6 semaines après l’accouchement, et seulement après vérification des contre-indications. Une méthode transitoire est proposée en attendant.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.