La ligature des trompes (stérilisation tubaire) est une contraception chirurgicale permanente, ouverte en France à toute femme majeure, sans condition d’âge ni de nombre d’enfants. La loi impose une consultation d’information puis un délai de réflexion de 4 mois avant l’intervention, réalisée le plus souvent par cœlioscopie. Elle est très efficace dès l’intervention, mais doit être considérée comme irréversible.
La ligature des trompes, ou stérilisation tubaire, consiste à interrompre ou à retirer les trompes de Fallope. Les spermatozoïdes ne peuvent plus rejoindre l’ovule : la fécondation devient impossible. C’est une contraception dite définitive, qui fait partie des actes de chirurgie gynécologique encadrés par la loi.
L’intervention ne touche ni l’utérus ni les ovaires. Les ovaires continuent de produire leurs hormones : les règles et l’âge de la ménopause ne sont pas modifiés. Selon la HAS, l’intervention n’a pas d’impact sur l’équilibre hormonal, le désir ni le plaisir sexuel.
Elle ne protège pas des infections sexuellement transmissibles : le préservatif reste utile en cas de nouveau partenaire.
Depuis la loi du 4 juillet 2001 (article L2123-1 du Code de la santé publique), toute personne majeure peut demander une stérilisation à visée contraceptive. La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle qu’aucune condition d’âge, de nombre d’enfants ou de situation conjugale n’est exigée. Des règles particulières, plus protectrices, s’appliquent aux majeurs protégés en raison d’un handicap mental.
Le consentement est personnel : vous pouvez associer votre partenaire à la réflexion, mais seul votre accord est recueilli. Un médecin peut refuser de réaliser l’intervention ; il doit alors vous en informer dès la première consultation et vous orienter vers un confrère.
Le parcours est fixé par la loi et repris dans la fiche mémo de la HAS :
Pendant ces 4 mois, il faut garder une contraception efficace. Si votre méthode actuelle est mal tolérée, parlez-en : une solution transitoire peut être proposée (voir les différentes méthodes de contraception).
La HAS cite trois grandes techniques chez la femme : la ligature-section des trompes, l’électrocoagulation et la pose d’anneaux ou de clips. Elles sont réalisées le plus souvent par cœlioscopie, sous anesthésie générale, par deux ou trois petites incisions de l’abdomen. Une stérilisation peut aussi être réalisée au cours d’une césarienne si la demande a été faite dans les délais légaux.
| Technique | Principe | Points à connaître |
|---|---|---|
| Clips (Filshie, Hulka) | Un clip pincé sur chaque trompe | Geste court. Réparation chirurgicale parfois tentée, sans garantie. |
| Électrocoagulation | Destruction d’un segment de trompe par courant électrique | Trompe détruite sur une longueur variable, réparation très difficile. |
| Ligature-section ou salpingectomie | Section d’un segment, ou retrait complet des trompes | Irréversible. |
Le retrait complet des trompes (salpingectomie) est l’une des techniques possibles. Son choix, par rapport à une ligature ou à des clips, se discute avec vous lors de la consultation d’information.
Les implants intra-tubaires Essure, posés par hystéroscopie, ne sont plus disponibles en France depuis début août 2017 : leur marquage CE a été suspendu et les lots retirés. Ils ne sont donc plus proposés. Si vous en portez sans aucun symptôme, il n’est pas recommandé de les retirer. En cas de symptômes (douleurs, saignements, troubles généraux), parlez-en à votre médecin : un retrait chirurgical peut se discuter.
La stérilisation tubaire est efficace dès l’intervention pour les techniques par cœlioscopie. La HAS indique un taux de grossesse d’environ 0,5 % la première année.
Le risque d’échec n’est cependant pas nul et persiste dans le temps. Dans la grande cohorte américaine CREST (plus de 10 000 femmes suivies jusqu’à 14 ans), le risque cumulé de grossesse à 10 ans variait selon la technique : il était le plus bas après coagulation unipolaire ou salpingectomie partielle du post-partum (7,5 pour 1 000) et le plus élevé après pose de clips (36,5 pour 1 000). Il était plus élevé chez les femmes opérées jeunes.
En cas d’échec, la grossesse a un risque accru d’être extra-utérine. Un retard de règles, des douleurs pelviennes ou des saignements anormaux après une stérilisation doivent faire consulter rapidement (voir grossesse extra-utérine).
Oui, et c’est la raison du délai de réflexion. La plupart des femmes ne regrettent pas leur choix. Mais dans l’étude CREST, la probabilité d’exprimer un regret dans les 14 ans était de 20,3 % chez les femmes opérées à 30 ans ou moins, contre 5,9 % chez celles opérées après 30 ans. Le risque était aussi plus élevé quand la stérilisation avait lieu dans l’année suivant une naissance.
Quelques questions utiles à se poser :
En cas de regret, une chirurgie de réparation des trompes est parfois possible après des clips, avec un résultat incertain. Le plus souvent, c’est la fécondation in vitro qui est proposée.
L’intervention est courte et se fait sous anesthésie générale, à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), à la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) ; la durée du séjour est précisée lors de la consultation.
Les complications sont rares mais existent, comme pour toute cœlioscopie : saignement, infection, plaie d’un organe (intestin, vessie, vaisseau) pouvant nécessiter une ouverture de l’abdomen, et risques liés à l’anesthésie.
Contactez sans attendre le chirurgien ou la clinique en cas de :
En cas de malaise, de douleur abdominale intense ou de difficulté à respirer, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Non. La loi française n’impose aucune condition d’âge, de nombre d’enfants ou de situation de couple : il suffit d’être majeure et de respecter le délai de réflexion de 4 mois.
Non. Ce délai légal court à partir de la première consultation d’information. Il s’applique aussi lorsqu’une stérilisation est prévue pendant une césarienne.
Oui. Elle ne provoque pas de ménopause précoce : les ovaires restent en place et continuent à fonctionner. Les règles persistent et l’âge de la ménopause n’est pas modifié par l’intervention.
Non. Seul votre consentement est recueilli. Vous pouvez néanmoins l’associer aux consultations si vous le souhaitez.
Elle doit être considérée comme définitive. Selon la HAS, une chirurgie de réparation des trompes est parfois possible, mais difficile et d’efficacité incertaine ; après un retrait complet des trompes, elle est impossible. En cas de projet de grossesse ultérieur, c’est le plus souvent la fécondation in vitro qui est proposée.
Selon la HAS, la stérilisation par cœlioscopie nécessite en général une hospitalisation de 1 à 3 jours, sous anesthésie générale ; la durée de votre séjour et de l’arrêt de travail est précisée en consultation. Les honoraires font l’objet d’un devis préalable.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.