L'allaitement maternel protège le bébé contre de nombreuses infections et diminue chez la mère le risque de cancer du sein. Le CNGOF recommande un allaitement exclusif d'au moins 4 à 6 mois quand il est souhaité. Les difficultés les plus fréquentes (crevasses, engorgement, mastite) se traitent le plus souvent sans arrêter d'allaiter, et le choix de ne pas allaiter doit être respecté.
Le lait maternel s'adapte aux besoins du bébé au fil des semaines et des tétées. Il apporte des anticorps et d'autres facteurs de défense que le lait infantile ne contient pas. Ce sujet fait partie de la préparation à la naissance présentée sur la page Accouchement à Paris.
Les recommandations du CNGOF sur le post-partum (2015) et une grande synthèse publiée dans The Lancet en 2016 décrivent les bénéfices suivants :
| Pour qui | Bénéfices démontrés |
|---|---|
| Le bébé | Moins d'infections digestives, respiratoires et d'otites ; moindre risque de surpoids dans l'enfance ; scores d'intelligence un peu plus élevés. |
| La mère | Moindre risque de cancer du sein ; naissances plus espacées ; protection possible contre le cancer de l'ovaire et le diabète de type 2. |
Le CNGOF recommande un allaitement exclusif et prolongé, d'au moins 4 à 6 mois, pour les femmes qui le souhaitent. Tout allaitement, même court ou partiel, garde un intérêt.


En l'absence de contre-indication, la première tétée est proposée dans l'heure qui suit la naissance, lors du peau à peau. L'allaitement se fait ensuite à la demande, c'est-à-dire chaque fois que le bébé montre des signes d'éveil : il tourne la tête, ouvre la bouche, porte ses mains à la bouche. Il n'est pas nécessaire d'attendre qu'il pleure.
Les premiers jours, le sein produit le colostrum, un lait épais, jaune et très riche, en petite quantité. La montée de lait survient en général entre le 2e et le 4e jour. Les seins deviennent alors plus lourds et plus tendus. Une légère élévation de température peut l'accompagner, mais une vraie fièvre doit faire rechercher une autre cause.
Les sages-femmes et les auxiliaires de puériculture de la maternité vous accompagnent pour les premières tétées. En cas de difficulté, la maternité peut vous orienter vers un professionnel de l'allaitement.
La plupart des difficultés de l'allaitement viennent d'un problème de position ou de drainage du sein. Elles se corrigent souvent en quelques jours.
Ce sont des fissures douloureuses du mamelon, presque toujours liées à une mauvaise prise du sein. La priorité est de corriger la position du bébé.
Les seins sont durs, tendus et douloureux, souvent au moment de la montée de lait. Les tétées fréquentes et efficaces sont le traitement principal. Vous pouvez aussi exprimer un peu de lait pour assouplir l'aréole avant la tétée, et appliquer du froid entre les tétées pour soulager.
Une zone du sein devient rouge, chaude et douloureuse, souvent avec de la fièvre et des courbatures. Les recommandations de l'Academy of Breastfeeding Medicine (2022) décrivent ces atteintes comme un spectre allant de la simple inflammation à l'infection. La mastite se traite d'abord par la poursuite de l'allaitement ou du drainage du sein (tétées, tire-lait si besoin), sans chercher à « vider » le sein de façon excessive, par le paracétamol et éventuellement l'ibuprofène, compatible avec l'allaitement, et par le froid local. Un antibiotique est prescrit en l'absence d'amélioration après 24 à 48 heures, ou d'emblée si les symptômes durent depuis plus de 48 heures, si l'état général est nettement altéré ou si une crevasse est infectée. N'arrêtez pas brutalement l'allaitement : cela augmente le risque d'abcès.
C'est une collection de pus dans le sein, complication rare d'une mastite. Il se manifeste par une boule douloureuse persistante. Le diagnostic est confirmé par échographie, et le traitement repose sur une ponction ou un drainage associé à des antibiotiques. L'allaitement peut souvent être poursuivi sur l'autre sein.
Pour un tableau détaillé de ces douleurs, consultez l'article douleur du sein pendant l'allaitement.
De rares situations contre-indiquent l'allaitement, comme certaines infections maternelles ou certains traitements. Elles sont discutées pendant la grossesse.
Ce choix vous appartient et doit être respecté. Signalez-le à l'équipe dès votre arrivée en salle de naissance, pour que le bébé reçoive du lait infantile dès la première tétée.
Le CNGOF indique que les médicaments destinés à bloquer la montée de lait ne doivent pas être prescrits de façon systématique. La bromocriptine est contre-indiquée en raison d'effets indésirables graves. Si vous souhaitez malgré tout un traitement après information, la cabergoline ou le lisuride peuvent être utilisés. Sans médicament, la montée de lait cède en quelques jours : soutien-gorge bien ajusté, froid local, antalgiques, et éviter de stimuler les seins.
Prenez contact avec votre sage-femme, votre médecin ou la maternité dans les 24 heures si :
En cas de malaise, de forte fièvre avec altération de l'état général, ou si votre bébé est très somnolent ou difficile à réveiller, rendez-vous aux urgences ou appelez le 15. Si vous traversez une période de tristesse, d'épuisement ou d'anxiété importante, parlez-en ; le 3114 (numéro national de prévention du suicide) répond 24 h sur 24 en cas de détresse psychique.
Oui. La mise au sein peut débuter dès la salle de réveil si votre état le permet, et les antalgiques donnés après une césarienne sont compatibles avec l'allaitement.
Non. Poursuivre l'allaitement fait partie du traitement et le lait reste sans danger pour le bébé ; un arrêt brutal augmente au contraire le risque d'abcès. Un antibiotique compatible est prescrit si nécessaire.
Non. La production dépend surtout de la fréquence et de l'efficacité des tétées, pas du volume des seins.
Seulement dans des conditions strictes : allaitement exclusif jour et nuit, bébé de moins de 6 mois et absence de retour des règles. Parlez de contraception à la maternité ou lors de la consultation postnatale.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.