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Contraception

Méthodes de contraception : efficacité, avantages et conseils pratiques

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Les méthodes de contraception les plus efficaces en pratique sont celles qui ne dépendent pas de vous au quotidien : stérilet (dispositif intra-utérin, DIU) et implant, avec moins de 1 % d’échec par an. Pilule, patch et anneau sont très efficaces s’ils sont utilisés parfaitement, mais l’échec réel atteint environ 9 % la première année à cause des oublis. Le préservatif est la seule méthode qui protège aussi des infections sexuellement transmissibles.

Comment choisir sa contraception ?

Il n’existe pas de contraception idéale pour toutes, mais une méthode adaptée à chaque moment de vie. Le choix tient compte de :

  • votre santé et vos antécédents (tabac, migraine, thrombose, hypertension, cancer du sein) ;
  • vos préférences : prise quotidienne ou non, présence ou absence de règles, méthode hormonale ou non ;
  • votre projet de grossesse à court ou long terme ;
  • votre besoin de protection contre les IST.

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommande d’informer chaque femme sur l’ensemble des méthodes et sur leur efficacité réelle, puis de la laisser choisir. Votre gynécologue vérifie ensuite les contre-indications. Pour les situations particulières, voir aussi la contraception après une grossesse et la page chirurgie gynécologique pour la contraception définitive.

Quelle est l’efficacité réelle de chaque méthode ?

L’efficacité « théorique » (utilisation parfaite) diffère de l’efficacité « réelle » (avec les oublis et erreurs de la vie courante). Taux de grossesse au cours de la première année d’utilisation courante, selon les données reprises par la HAS :

MéthodeÉchec réel la 1re annéeCe qui en dépend
Implant, stérilet hormonal, stérilet au cuivreMoins de 1 % (respectivement 0,05 %, 0,2 % et 0,8 %)Rien au quotidien
Pilule, patch, anneauEnviron 9 %Régularité des prises
Préservatif masculinEnviron 15 %Utilisation à chaque rapport, dès le début
RetraitEnviron 22 %Maîtrise, présence de spermatozoïdes avant l’éjaculation

Les méthodes d’observation du cycle (température, glaire, calcul des dates : environ 25 %), le diaphragme et les spermicides ont aussi des taux d’échec élevés. Elles ne conviennent pas si une grossesse serait mal acceptée ou médicalement déconseillée.

Pilules : combinée ou progestative ?

La pilule œstroprogestative (combinée)

Elle associe un œstrogène et un progestatif, bloque l’ovulation, amincit la muqueuse de l’utérus et épaissit la glaire du col. Elle se prend 21 jours suivis de 7 jours d’arrêt, ou en continu avec des comprimés inactifs selon les marques. Elle augmente le risque de thrombose veineuse (phlébite, embolie pulmonaire) et, plus rarement, artérielle.

Elle est contre-indiquée notamment en cas d’antécédent de thrombose ou d’embolie, de migraine avec aura, d’hypertension non contrôlée, de tabagisme après 35 ans, de certaines maladies cardiovasculaires ou du foie, de cancer du sein.

La pilule progestative (microprogestative)

Sans œstrogène, elle se prend en continu, sans arrêt. Elle est possible quand les œstrogènes sont contre-indiqués, pendant l’allaitement par exemple. Les saignements irréguliers sont son principal inconvénient.

Que faire en cas d’oubli ?

  • Pilule combinée, retard de moins de 12 heures : prenez le comprimé oublié et continuez normalement.
  • Retard de plus de 12 heures : prenez le dernier comprimé oublié, poursuivez la plaquette et utilisez des préservatifs pendant 7 jours. Si un rapport a eu lieu dans les 5 jours précédents, prenez une contraception d’urgence, délivrée gratuitement et sans ordonnance en pharmacie, quel que soit l’âge.
  • Pilule progestative : le délai de tolérance est de 12 heures pour le désogestrel et de 3 heures pour le lévonorgestrel ; pour les autres pilules progestatives, reportez-vous à la notice.

En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.

Quelles sont les méthodes sans prise quotidienne ?

  • Stérilet au cuivre : sans hormone, efficace plusieurs années selon le modèle. Les règles peuvent devenir plus abondantes ou douloureuses.
  • Stérilet hormonal au lévonorgestrel : il diminue souvent l’abondance des règles, voire les supprime. Selon le modèle, sa durée d’action va de 3 à 8 ans. Voir notre page stérilet (DIU).
  • Implant : petit bâtonnet souple (environ 4 cm) placé sous la peau du bras sous anesthésie locale. Il libère un progestatif (étonogestrel) pendant 3 ans. Les saignements deviennent souvent irréguliers ou disparaissent.
  • Patch : un patch par semaine pendant 3 semaines, puis une semaine sans. À coller sur le ventre, les fesses, le haut du bras ou le haut du dos, jamais sur les seins.
  • Anneau vaginal : anneau souple placé par vous-même dans le vagin pendant 3 semaines, puis retiré une semaine.

Le patch et l’anneau contiennent un œstrogène : ils ont les mêmes contre-indications et le même risque de thrombose que la pilule combinée.

Le préservatif protège-t-il contre les IST ?

Oui. Le préservatif masculin (en latex, ou en polyuréthane en cas d’allergie) et le préservatif interne, dit féminin, sont les seules méthodes qui protègent à la fois d’une grossesse et des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH. Le préservatif interne peut être mis en place plusieurs heures avant le rapport.

Leur efficacité contraceptive dépend d’une utilisation correcte à chaque rapport. En cas de nouveau partenaire, la double protection (préservatif + contraception efficace) est conseillée jusqu’au dépistage des deux partenaires. Pour les moins de 26 ans, des préservatifs sont délivrés gratuitement en pharmacie.

Et les méthodes naturelles ou définitives ?

Méthodes naturelles et locales

Le calcul des jours fertiles (méthode Ogino), la courbe de température, l’observation de la glaire et le retrait demandent une grande rigueur et des cycles réguliers. Leur efficacité réelle est nettement inférieure à celle des méthodes hormonales ou du stérilet. Le diaphragme et la cape cervicale, utilisés avec un spermicide, doivent être bien placés avant chaque rapport et laissés quelques heures après. Les applications de suivi du cycle ne transforment pas ces méthodes en contraceptions fiables.

Elles peuvent convenir à un couple pour qui une grossesse imprévue serait acceptable. Dans le cas contraire, mieux vaut choisir une méthode plus sûre, ou associer le préservatif pendant la période fertile.

Contraception définitive

Quand le projet familial est clos, la ligature des trompes chez la femme ou la vasectomie chez l’homme sont possibles pour toute personne majeure, après un délai légal de réflexion de 4 mois. Elles doivent être considérées comme irréversibles. Une méthode de longue durée réversible, comme le stérilet ou l’implant, offre une efficacité comparable sans engagement définitif.

Selon l’âge

  • Adolescentes : toutes les méthodes sont possibles ; le CNGOF encourage à proposer les méthodes de longue durée (implant, stérilet), plus efficaces que la pilule à cet âge où les oublis sont fréquents.
  • Après 40 ans : la contraception reste nécessaire jusqu’à la ménopause confirmée. Les risques cardiovasculaires sont réévalués et les méthodes sans œstrogène sont souvent privilégiées.

Quel suivi et quelle prise en charge ?

  • Avant la prescription : interrogatoire (antécédents personnels et familiaux, tabac), mesure de la tension et du poids, examen si nécessaire. Un bilan sanguin (glycémie, cholestérol) est prescrit selon le contexte, dans les mois qui suivent le début d’une contraception hormonale combinée.
  • Suivi : une consultation est conseillée quelques mois après le début, puis régulièrement, en même temps que le dépistage du cancer du col.
  • Remboursement : pour les moins de 26 ans, la contraception, les consultations et les examens associés sont pris en charge à 100 %. Pour les autres, certaines pilules, l’implant et les stérilets sont remboursés en partie ; d’autres pilules, le patch et l’anneau ne le sont pas.

Ne jamais arrêter seule une contraception hormonale en cas de symptôme : consultez d’abord, et protégez-vous en attendant.

Quand consulter en urgence sous contraception hormonale ?

Ces signes peuvent révéler une thrombose ou un accident vasculaire et nécessitent un avis médical immédiat :

  • douleur, gonflement ou chaleur d’un mollet ;
  • essoufflement brutal, douleur dans la poitrine, toux avec crachats de sang ;
  • maux de tête inhabituels et intenses, troubles de la vue ou de la parole, faiblesse d’un bras ou d’une jambe.

Dans ces situations, appelez le 15 ou le 112. Consultez aussi rapidement en cas de douleurs pelviennes avec fièvre sous stérilet, ou de retard de règles.

Questions fréquentes

La pilule fait-elle grossir ?

La plupart des femmes ne constatent pas de changement de poids notable sous pilule. Si vous en observez un, parlez-en à votre gynécologue : une autre méthode peut être envisagée.

Peut-on poser un stérilet sans avoir eu d’enfant ?

Oui. Le CNGOF indique que le stérilet peut être proposé aux femmes qui n’ont jamais accouché, y compris aux adolescentes.

Faut-il faire des pauses avec la pilule ?

Non. Les pauses n’apportent aucun bénéfice et augmentent le risque de grossesse non prévue. La pilule peut être poursuivie tant qu’elle est bien tolérée et qu’il n’y a pas de contre-indication.

La fertilité revient-elle vite après l’arrêt ?

Oui, pour la pilule, le patch, l’anneau, l’implant et les stérilets, la fertilité revient en général dès le cycle suivant l’arrêt ou le retrait.

Quels sont les moyens de contraception sans hormones ?

Le stérilet au cuivre, les préservatifs masculin et interne, le diaphragme ou la cape avec spermicide, les méthodes d’observation du cycle et la contraception définitive. Leur efficacité est très différente : seul le stérilet au cuivre a un taux d’échec réel inférieur à 1 % par an (0,8 %), contre environ 15 % pour le préservatif masculin et 25 % pour les méthodes d’observation du cycle.

Références

  • Chabbert-Buffet N, et al. Clinical practice guidelines for contraception by the French National College of Gynecologists and Obstetricians (CNGOF). Journal of Gynecology Obstetrics and Human Reproduction, 2019. doi:10.1016/j.jogoh.2019.04.009 — PMID 31051299
  • HAS. Efficacité des méthodes contraceptives. Fiche mémo. has-sante.fr
  • Vidal F, et al. Contraception intra-utérine : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2018. doi:10.1016/j.gofs.2018.10.004 — PMID 30429071

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

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