Les démangeaisons intimes (prurit vulvaire, c'est-à-dire démangeaisons de la vulve) sont le plus souvent dues à une mycose, à une irritation par des produits d'hygiène ou à un eczéma. Des démangeaisons qui durent plus de quelques semaines, reviennent sans cesse ou s'accompagnent de plaques blanches, d'une lésion ou d'un saignement doivent faire consulter pour rechercher une maladie de peau comme le lichen scléreux. Évitez l'automédication répétée par antifongiques : elle retarde souvent le bon diagnostic.
Le prurit vulvaire désigne des démangeaisons de la vulve, c'est-à-dire des organes génitaux externes : grandes et petites lèvres, clitoris, entrée du vagin et périnée. C'est un motif de consultation très fréquent, à tout âge.
La peau de la vulve est fine, humide et soumise aux frottements. Elle réagit vite aux irritations et les grattages entretiennent un cercle vicieux : la peau s'épaissit, démange davantage, et les lésions d'origine deviennent plus difficiles à reconnaître. Un examen attentif de la vulve, parfois complété par un prélèvement ou une biopsie, permet le plus souvent de trouver la cause.
Les causes varient selon l'âge. Chez la petite fille, on pense d'abord à une irritation, aux oxyures ou à un lichen scléreux. Chez la femme jeune, les mycoses et les irritations dominent. Après la ménopause, la sécheresse de la muqueuse, le lichen scléreux et, plus rarement, les lésions précancéreuses prennent davantage de place. Plusieurs causes peuvent aussi s'associer : une mycose sur un lichen scléreux, ou un eczéma provoqué par une crème appliquée pour se soulager.
Les gestes de diagnostic et de traitement chirurgical de la vulve sont présentés sur la page chirurgie gynécologique.
La vaginose bactérienne donne surtout des pertes grisâtres malodorantes et démange peu. Les infections de la glande de Bartholin et l'inflammation du vestibule provoquent plutôt une douleur qu'une démangeaison. Pour les pertes, voir l'article sur les pertes vaginales.
Lorsque les démangeaisons durent ou reviennent, il s'agit souvent d'une maladie de peau. Le tableau ci-dessous résume les plus fréquentes.
| Maladie | Aspect habituel | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Lichen scléreux | Plaques blanches, peau fine et fragile, petites fissures, parfois effacement des petites lèvres | Maladie inflammatoire chronique, à tout âge. Traitée par dermocorticoïde fort. Suivi prolongé, car risque faible mais réel de cancer de la vulve |
| Lichen simplex chronique (eczéma de grattage) | Peau épaissie, quadrillée, assombrie | Entretenu par le grattage ; souvent après un eczéma ou une irritation |
| Eczéma de contact allergique | Rougeur, suintement, démangeaisons | Allergie à un produit (parfum, conservateur, latex, traitement local) ; des tests allergologiques peuvent aider |
| Psoriasis | Plaques rouges bien limitées, peu squameuses dans les plis | Souvent d'autres localisations (cuir chevelu, coudes, ongles) |
| Lichen plan | Plaques violacées ou réseau blanchâtre, érosions à l'entrée du vagin | Peut aussi toucher la bouche ; douleurs et rapports douloureux |
| Mycoses récidivantes | Au moins 4 épisodes par an | Confirmer par prélèvement ; un traitement d'entretien peut être proposé |
| Sécheresse liée à la ménopause | Muqueuse fine, pâle, sèche | Hydratants, lubrifiants, œstrogènes locaux si besoin |
Après la ménopause, la baisse des œstrogènes fragilise la muqueuse et favorise brûlures et démangeaisons : voir l'article sur la sécheresse vaginale.
C'est rare, mais c'est la raison pour laquelle des démangeaisons persistantes doivent être examinées. Certaines lésions provoquent un prurit chronique :
Les recommandations européennes de l'ESGO (2023) insistent sur la biopsie de toute lésion vulvaire suspecte avant traitement. Elle se fait sous anesthésie locale, en consultation, et ne laisse en général pas de cicatrice visible. Une vulvoscopie, examen de la vulve à la loupe, peut guider le prélèvement.
Le médecin vous interroge sur la durée des démangeaisons, les produits utilisés, les traitements déjà essayés, les rapports, la ménopause, les maladies de peau personnelles ou familiales. Il examine la vulve, le vagin et souvent la peau ailleurs (bouche, plis, cuir chevelu).
Selon les cas :
Il est préférable d'arrêter les crèmes et ovules quelques jours avant la consultation, sauf avis contraire, pour que les prélèvements soient interprétables.
Le traitement est celui de la cause :
Les antihistaminiques ont peu d'effet sur le prurit vulvaire lui-même ; certains peuvent aider à moins se gratter la nuit. Évitez de répéter des traitements antifongiques sans avis médical : beaucoup de démangeaisons « traitées comme une mycose » n'en sont pas.
Consultez si les démangeaisons durent plus de quelques jours malgré ces mesures, ou dès qu'apparaissent une plaque, une plaie, une verrue, une tache qui change, un saignement ou des pertes anormales. Une fièvre avec un gonflement douloureux de la vulve justifie une consultation le jour même.
Non. Les irritations par les produits d'hygiène, l'eczéma et le lichen scléreux sont des causes fréquentes. Si un antifongique ne soulage pas rapidement, il faut consulter plutôt que de recommencer.
Non. C'est une maladie inflammatoire de la peau, qui ne se transmet pas par les rapports. Elle se traite bien par des crèmes à base de corticoïdes, avec un suivi régulier.
Oui, les mycoses sont plus fréquentes pendant la grossesse. Le traitement doit être adapté : demandez avis à votre médecin ou à votre sage-femme avant tout produit.
Pas systématiquement. Le traitement du partenaire n'est utile que s'il a des symptômes. En revanche, pour une trichomonase ou une autre IST, le partenaire doit être traité.
Lorsque les démangeaisons durent plus de quelques semaines, reviennent malgré un traitement antifongique, ou s'accompagnent de plaques blanches, d'une plaie, d'une grosseur, d'un saignement ou de pertes inhabituelles. Un examen de la vulve, parfois complété par un prélèvement ou une biopsie, permet alors de trouver la cause.
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