On parle de mycose vaginale récidivante (candidose vulvovaginale récidivante) à partir de quatre épisodes ou plus en un an, confirmés par un prélèvement ; elle concernerait jusqu'à 5 % des femmes. Dans un essai randomisé publié dans le New England Journal of Medicine, un traitement d'entretien par fluconazole une fois par semaine pendant six mois maintenait 91 % des femmes sans récidive à six mois, contre 36 % sous placebo. Les récidives reprennent souvent à l'arrêt du traitement : la prise en charge vise donc à confirmer le diagnostic, corriger les facteurs favorisants et adapter un traitement d'entretien.
La mycose vaginale est une infection du vagin et de la vulve par un champignon microscopique, le plus souvent Candida albicans. Ce champignon vit normalement dans le tube digestif et souvent dans le vagin, sans causer de symptômes. La mycose apparaît lorsqu'il se multiplie et provoque une inflammation.
Un épisode isolé est très fréquent et sans gravité. La forme récidivante se définit par au moins quatre épisodes symptomatiques par an. C'est cette définition qu'utilise la revue Cochrane consacrée aux traitements, qui exige aussi une confirmation par examen au microscope ou culture.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques. D'autres causes donnent des signes proches : vaginose bactérienne (pertes plus fluides, odeur de poisson), trichomonase, eczéma ou allergie de contact, lichen scléreux, sécheresse vaginale. Voir aussi Prurit vulvaire : causes des démangeaisons intimes et que faire.
| Signe | Mycose (candidose) | Vaginose bactérienne |
|---|---|---|
| Démangeaisons | Fréquentes, souvent intenses | Rares |
| Pertes | Blanches, épaisses, grumeleuses | Grises, fluides, homogènes |
| Odeur | Absente | Odeur de poisson, surtout après les rapports |
| Rougeur de la vulve | Fréquente | Rare |
| pH vaginal | Normal (≤ 4,5) | Élevé (> 4,5) |
Beaucoup de femmes se traitent elles-mêmes à chaque épisode avec des ovules achetés en pharmacie. Or une partie des « mycoses à répétition » n'en sont pas. Avant de parler de forme récidivante et de débuter un traitement long, le médecin réalise un prélèvement vaginal pendant un épisode, avec :
L'identification de l'espèce est utile : Candida albicans est en cause dans la grande majorité des cas, mais d'autres espèces, comme Candida glabrata, répondent moins bien aux traitements habituels de la famille des azolés. Prélèvement au cabinet ou au laboratoire : les modalités vous sont précisées lors de la consultation.
Chez la plupart des femmes, aucune cause unique n'est retrouvée. Certains facteurs augmentent toutefois le risque :
Le rôle de l'alimentation (sucre notamment) chez une femme non diabétique n'est pas démontré.
Le traitement se déroule en deux temps.
Il fait disparaître l'épisode en cours. Il associe le plus souvent un antifongique local (ovule et crème de la famille des azolés) ou un antifongique par voie orale, sur une durée plus longue que pour un épisode isolé. Dans l'essai de Sobel et coll., les femmes recevaient trois comprimés de fluconazole 150 mg à 72 heures d'intervalle.
Il vise à empêcher les rechutes. Le schéma le mieux étudié est le fluconazole 150 mg une fois par semaine pendant six mois. Dans l'essai randomisé de 387 femmes publié en 2004 :
La revue Cochrane de 2022 (23 essais, 2 212 femmes) confirme que les antifongiques oraux ou locaux réduisent les récidives par rapport à l'absence de traitement, à six mois comme à douze mois. Elle ne montre pas de différence nette entre voie orale et voie locale, ni entre les différents schémas : le choix se fait au cas par cas.
Le fluconazole par voie orale nécessite une prescription médicale. En cas de prise d'autres médicaments, le médecin vérifie l'absence d'interaction.
Les récidives à l'arrêt sont fréquentes : un peu plus de la moitié des femmes de l'essai de Sobel avaient rechuté à 12 mois. Dans ce cas, le médecin :
La mycose vaginale n'est pas une infection sexuellement transmissible. Le traitement systématique d'un partenaire sans symptômes n'est pas recommandé ; la revue Cochrane n'a trouvé que deux petits essais sur ce point. Un partenaire qui a des symptômes (rougeur, démangeaisons du gland) doit consulter et être traité.
La mycose est plus fréquente pendant la grossesse. Le fluconazole par voie orale est déconseillé chez la femme enceinte. Le traitement repose sur les antifongiques locaux (ovules et crèmes), sur une durée plus longue si besoin. Parlez-en à la sage-femme ou au médecin qui suit votre grossesse : ne prenez pas de traitement oral de vous-même. Voir le suivi d'une grossesse normale.
Rendez-vous de gynécologie au cabinet : délai moyen d’une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés, sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79.
La mycose n'est pas une urgence. Consultez sans tarder en cas de :
Non. Le champignon fait partie de la flore habituelle. Les rapports peuvent favoriser une poussée par irritation, mais la mycose n'est pas considérée comme une IST.
Ils sont souvent douloureux pendant l'épisode et peuvent entretenir l'irritation. Il est préférable d'attendre la fin du traitement local, d'autant que certains ovules peuvent fragiliser les préservatifs en latex.
Les estrogènes peuvent favoriser la candidose chez certaines femmes, mais le lien est inconstant. Un changement de contraception n'est discuté qu'au cas par cas.
Ce n'est pas nécessaire pour un épisode isolé typique. En revanche, un prélèvement avec culture est indispensable pour confirmer une forme récidivante et avant tout traitement d'entretien.
Dans l'essai de Sobel et coll., le fluconazole hebdomadaire a été bien toléré pendant six mois. Le médecin vérifie vos autres traitements et antécédents avant de le prescrire.
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