Les glandes de Bartholin sont deux petites glandes situées de chaque côté de l'entrée du vagin ; lorsque leur canal se bouche, elles peuvent former un kyste, qui peut s'infecter et devenir un abcès (bartholinite), très douloureux. Un kyste sans symptôme ne nécessite en général aucun traitement, tandis qu'un abcès doit être drainé. Dans l'essai randomisé WoMan publié dans le BJOG, la récidive à un an était comparable après pose d'un cathéter de Word (12 %) et après marsupialisation (10 %).
Les glandes de Bartholin mesurent environ un centimètre et sont situées dans l'épaisseur des grandes lèvres, à la partie basse de l'entrée du vagin, de part et d'autre. Elles sécrètent un mucus qui participe à la lubrification de la vulve, notamment lors de l'excitation sexuelle. Chacune s'abouche par un petit canal, invisible à l'œil nu, à l'entrée du vagin, entre l'hymen et la face interne de la petite lèvre.
Normalement, ces glandes ne se voient pas et ne se sentent pas à la palpation.
| Kyste de Bartholin | Abcès de Bartholin (bartholinite) | |
|---|---|---|
| Mécanisme | Obstruction du canal ; le mucus s'accumule | Infection du contenu du kyste ou de la glande |
| Aspect | Tuméfaction ronde, souple, d'un côté de l'entrée du vagin | Tuméfaction tendue, rouge, chaude, augmentant rapidement de volume |
| Douleur | Absente ou gêne modérée, surtout s'il est volumineux | Intense, gênant la marche, la position assise et les rapports |
| Signes généraux | Aucun | Fièvre possible |
| Évolution | Peut rester stable des années, se vider ou s'infecter | Peut se rompre spontanément ; récidives possibles |
| Traitement | Surveillance si absence de gêne ; traitement si gênant ou récidivant | Drainage chirurgical le plus souvent |
Les germes en cause sont variés : bactéries de la flore cutanée et digestive le plus souvent, plus rarement des germes sexuellement transmissibles. Un prélèvement du pus est utile pour l'identifier.

Un kyste se manifeste par une boule d'un côté de l'entrée du vagin, souvent découverte à la toilette. Il peut gêner lors des rapports ou à la marche s'il est volumineux.
Un abcès donne :
D'autres lésions peuvent ressembler à un kyste de Bartholin : kyste sébacé, kyste du canal de Gartner, folliculite, hidradénite. L'examen gynécologique suffit le plus souvent à faire la différence.
Le diagnostic est clinique : il repose sur l'interrogatoire et l'examen de la vulve. Aucun examen d'imagerie n'est habituellement nécessaire.
Le médecin peut proposer :
En général non. Un petit kyste qui ne gêne pas peut simplement être surveillé. Des bains de siège tièdes peuvent favoriser son évacuation spontanée.
Un traitement est proposé si le kyste est volumineux, gênant au quotidien ou lors des rapports, s'il récidive, ou s'il s'infecte.
Un abcès constitué ne guérit généralement pas avec des antibiotiques seuls : le pus doit être évacué. Les antibiotiques peuvent être utiles en complément, notamment en cas de cellulite (inflammation qui s'étend à la peau autour), de fièvre ou de terrain particulier.
Une simple incision avec drainage soulage immédiatement, mais elle expose à un risque élevé de récidive, car l'orifice se referme rapidement. C'est pourquoi on lui associe une technique qui maintient un canal de drainage ouvert.
Le cathéter de Word est une petite sonde souple terminée par un ballonnet. Après une courte incision sous anesthésie locale, la sonde est introduite dans la cavité, puis le ballonnet est gonflé avec quelques millilitres de sérum pour qu'elle reste en place. Elle est laissée en place plusieurs semaines, le temps qu'un nouveau canal se forme, puis retirée en consultation après dégonflage du ballonnet.
La marsupialisation consiste à ouvrir le kyste ou l'abcès et à suturer ses bords à la peau et à la muqueuse voisines, pour créer une ouverture permanente. Elle est souvent réalisée au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou locorégionale ; le mode d'anesthésie est précisé lors de la consultation. L'intervention a lieu à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), à la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
D'autres techniques existent, comme la pose d'un anneau de drainage ou la cautérisation de la cavité au nitrate d'argent. En cas de récidives multiples malgré ces traitements, l'ablation complète de la glande (bartholinectomie) peut être discutée ; c'est une intervention plus lourde, avec un risque hémorragique plus important.
| Critère | Cathéter de Word | Marsupialisation |
|---|---|---|
| Anesthésie | Locale le plus souvent | Générale ou locorégionale le plus souvent |
| Délai entre diagnostic et traitement (essai WoMan) | Environ 1 heure | Environ 4 heures |
| Antalgiques dans les 24 premières heures (essai WoMan) | 33 % des patientes | 74 % des patientes |
| Douleur après traitement (essai WoMan) | Comparable | Comparable |
| Récidive à un an (essai WoMan) | 12 % | 10 % — différence non significative |
| Contraintes | Sonde en place plusieurs semaines ; chute précoce possible | Passage au bloc opératoire |
L'essai WoMan (Kroese et al.), mené dans 19 hôpitaux auprès de 161 femmes, a conclu à des taux de récidive comparables entre les deux techniques. Une revue systématique des essais randomisés publiée dans le BJOG en 2020 (Illingworth et al., 8 essais, 699 femmes) conclut qu'aucune technique chirurgicale n'a démontré sa supériorité sur les autres pour le traitement d'un kyste ou d'un abcès symptomatique. Une méta-analyse plus récente (Bakouei et al., 2024, 4 études, 735 femmes) aboutit à la même conclusion pour le cathéter de Word et la marsupialisation.

Le choix dépend donc de la situation (taille, caractère récidivant, accès au bloc opératoire), de la préférence de la patiente et de l'expérience de l'équipe ; il est discuté avec vous en consultation.
Après drainage, la douleur diminue nettement en quelques heures à quelques jours. En pratique :
Une consultation de contrôle permet de vérifier la cicatrisation et, le cas échéant, de retirer le cathéter.
Oui. Quel que soit le traitement, une récidive reste possible ; elle concernait environ une femme sur dix à un an dans l'essai WoMan. Une récidive n'est pas le signe d'un traitement mal fait. Elle peut conduire à proposer une autre technique et, en cas de récidives répétées, à discuter l'ablation de la glande.
Il n'existe pas de mesure de prévention dont l'efficacité soit démontrée. Une hygiène douce, sans savon agressif ni douche vaginale, est conseillée comme pour toute la sphère vulvaire.
Consultez rapidement (rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79) ou rendez-vous aux urgences gynécologiques en cas de :
En cas de malaise, de fièvre élevée avec altération de l'état général, appelez le 15 ou le 112.
Non. Le kyste est lié à l'obstruction d'un canal. L'abcès est le plus souvent dû à des bactéries banales ; un dépistage des infections sexuellement transmissibles peut néanmoins être proposé selon le contexte.
Il arrive qu'un abcès se rompe spontanément, ce qui soulage la douleur. Mais l'évacuation est souvent incomplète et la récidive fréquente : il est préférable de consulter pour un drainage adapté.
Oui. Un abcès pendant la grossesse est traité, en adaptant l'anesthésie et les médicaments. Signalez rapidement toute tuméfaction douloureuse à votre médecin ou à votre sage-femme.
La lubrification vaginale dépend surtout de la paroi vaginale et non des seules glandes de Bartholin. Une sécheresse est possible après bartholinectomie ; c'est l'une des raisons pour lesquelles cette intervention est réservée aux récidives répétées.
Non. Un abcès bien drainé chez une femme en bonne santé ne nécessite pas toujours d'antibiotiques. Ils sont discutés au cas par cas, selon l'extension de l'inflammation, la fièvre et le terrain.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.