Des pertes blanches (leucorrhées) ou transparentes, sans odeur forte, qui varient au cours du cycle, sont normales. Des pertes qui changent de couleur, d'odeur ou d'abondance, avec démangeaisons, brûlures ou douleurs, traduisent le plus souvent une vaginose bactérienne, une mycose ou une infection sexuellement transmissible. Un examen et, si besoin, un prélèvement vaginal permettent de choisir le bon traitement.
Oui. Le vagin produit en permanence des sécrétions qui le nettoient et le protègent. Ces pertes physiologiques viennent de la glaire du col de l'utérus et du renouvellement des cellules de la paroi vaginale. Elles sont blanches ou transparentes, peu odorantes, et ne provoquent ni démangeaison ni brûlure.
Leur aspect varie au cours du cycle : plus abondantes, filantes et claires autour de l'ovulation, plus épaisses en deuxième partie de cycle. Elles augmentent souvent pendant la grossesse et sous contraception hormonale, et diminuent après la ménopause.
Le vagin est protégé par une flore dominée par les lactobacilles (flore de Döderlein), qui maintient un milieu acide. Lorsque cet équilibre est rompu, des germes peuvent proliférer.
Selon les recommandations européennes sur les pertes vaginales, quatre causes sont les plus fréquentes : la vaginose bactérienne, la mycose, la trichomonase et la vaginite aérobie. Le tableau ci-dessous aide à s'orienter, mais seul l'examen permet de conclure.
| Cause | Aspect des pertes | Autres signes |
|---|---|---|
| Vaginose bactérienne | Grisâtres, fluides, abondantes | Odeur de poisson, plus nette après un rapport ou pendant les règles ; peu ou pas de démangeaisons |
| Mycose (candidose) | Blanches, épaisses, grumeleuses (« lait caillé ») | Démangeaisons intenses, brûlures, vulve rouge et gonflée ; pas d'odeur forte |
| Trichomonase (IST) | Jaune-vert, parfois mousseuses | Odeur désagréable, irritation, brûlures en urinant |
| Chlamydia ou gonocoque (IST) | Souvent peu modifiées, parfois jaunâtres | Souvent aucun symptôme ; saignements après les rapports, brûlures urinaires, douleurs pelviennes |
| Atrophie de la ménopause | Peu abondantes, parfois teintées de sang | Sécheresse, brûlures, douleurs pendant les rapports |
Plus rarement, des pertes anormales révèlent un corps étranger oublié (tampon), un polype ou une lésion du col. Des pertes teintées de sang qui persistent doivent toujours être examinées.
La mycose est due le plus souvent à Candida albicans, un champignon présent naturellement chez de nombreuses femmes sans causer de symptômes. Il devient gênant lorsque l'équilibre local est perturbé.
Les facteurs favorisants sont : prise d'antibiotiques, grossesse, diabète mal équilibré, baisse des défenses immunitaires, corticoïdes, humidité prolongée (maillot mouillé, vêtements synthétiques serrés), toilettes intimes trop fréquentes ou douches vaginales.
La mycose n'est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible. Le traitement repose sur un antifongique local (ovule et crème) ou, dans certains cas, par voie orale. Le partenaire n'est traité que s'il a lui-même des symptômes. En cas de mycoses répétées (au moins trois à quatre épisodes par an selon les définitions), un bilan et un traitement prolongé peuvent être proposés.
Dans la vaginose, les lactobacilles protecteurs sont remplacés par d'autres bactéries, notamment Gardnerella. Le milieu vaginal devient moins acide. Ce n'est pas une infection sexuellement transmissible au sens strict, mais elle est favorisée par un nouveau partenaire, les douches vaginales et le tabac.
Elle se traite par un antibiotique, le plus souvent le métronidazole, par voie orale ou vaginale. Les récidives sont fréquentes. Pendant la grossesse, une vaginose symptomatique doit être traitée.
Les deux situations sont souvent confondues. Or un antifongique n'a aucun effet sur une vaginose, et inversement. C'est pourquoi un examen, voire un prélèvement, est utile lorsque les symptômes ne sont pas typiques ou reviennent.
Le trichomonas est un parasite transmis lors des rapports. Le traitement concerne la patiente et son ou ses partenaires.
Les infections à chlamydia et à gonocoque touchent le col de l'utérus (cervicite). Elles passent souvent inaperçues, mais peuvent remonter vers l'utérus et les trompes et provoquer une salpingite, avec un risque d'infertilité et de grossesse extra-utérine. Lisez notre article sur l'infection à chlamydia.
En cas de pertes après un rapport non protégé ou un changement de partenaire, un dépistage des IST est proposé, avec, selon la situation, une sérologie VIH, syphilis et hépatite B.
Une mycose typique et isolée peut parfois être traitée sans prélèvement. En revanche, un prélèvement est utile en cas de récidive, de doute ou d'échec du traitement.
Si un prélèvement est réalisé, les résultats vous sont transmis par Doctolib ou par courrier, ou par appel téléphonique si le résultat est urgent.
Consultez sans attendre si les pertes s'accompagnent de :
Une douleur pelvienne intense avec fièvre élevée ou malaise impose une consultation en urgence ou un appel au 15 (SAMU) ou au 112.
Non. Des pertes physiologiques peuvent jaunir légèrement en séchant sur le sous-vêtement. Des pertes jaune-vert, malodorantes ou accompagnées d'irritation doivent en revanche être examinées.
Seulement s'il a des symptômes. En cas de trichomonase, de chlamydia ou de gonocoque, le partenaire doit être traité même sans symptôme.
Pour une mycose typique déjà connue, cela peut se discuter avec le pharmacien. En cas de doute, de récidive, de grossesse ou d'échec, consultez avant tout traitement.
Elles augmentent souvent pendant la grossesse, c'est normal, mais elles ne suffisent pas à l'affirmer : seul un test de grossesse le permet. Toute perte malodorante, colorée, sanglante ou très liquide pendant la grossesse doit cependant être signalée rapidement.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.