La vaginose bactérienne est un déséquilibre de la flore vaginale : les lactobacilles protecteurs disparaissent au profit de bactéries anaérobies, ce qui donne des pertes grisâtres et une odeur de poisson. Elle se traite par un antibiotique, le métronidazole ou la clindamycine, mais récidive fréquemment dans les mois qui suivent. Un essai randomisé publié en 2025 dans le New England Journal of Medicine a montré que traiter aussi le partenaire masculin réduisait les récidives à 12 semaines de 63 % à 35 %.
Le vagin contient normalement une flore dominée par des lactobacilles, qui maintiennent un milieu acide (pH ≤ 4,5) et protègent contre les infections. Dans la vaginose bactérienne, ces lactobacilles diminuent et d'autres bactéries, surtout anaérobies (comme Gardnerella), prolifèrent. On parle de dysbiose : il ne s'agit pas d'une infection par un microbe extérieur unique, mais d'un déséquilibre.
C'est la cause la plus fréquente de pertes vaginales anormales chez la femme en âge de procréer. Selon l'essai StepUp, elle concerne environ un tiers des femmes en âge de procréer dans le monde ; sa fréquence varie beaucoup selon les populations. En France, elle est estimée à environ 7 % au premier trimestre de la grossesse, d'après les recommandations du CNGOF.
Une part importante des femmes ne ressent aucun symptôme. Une vaginose sans symptômes, en dehors de situations particulières (grossesse à risque, geste gynécologique), ne nécessite en général pas de traitement.
| Vaginose bactérienne | Mycose (candidose) | Trichomonase | |
|---|---|---|---|
| Cause | Déséquilibre de la flore | Champignon (Candida) | Parasite sexuellement transmis |
| Pertes | Grises, fluides | Blanches, grumeleuses | Jaune-vert, mousseuses |
| Odeur | Poisson | Aucune | Souvent désagréable |
| Démangeaisons | Rares | Fréquentes | Possibles |
| pH vaginal | > 4,5 | ≤ 4,5 | > 4,5 |
| Traitement | Métronidazole ou clindamycine | Antifongique | Métronidazole, partenaire traité |
Voir aussi « Pertes vaginales (leucorrhées) : causes, symptômes, quand consulter » et « Mycose vaginale à répétition : causes et traitements ».
Le diagnostic repose sur l'examen gynécologique et un prélèvement vaginal :
Le prélèvement permet aussi d'éliminer une mycose ou une trichomonase. Il peut être réalisé au cabinet ou au laboratoire.
La vaginose bactérienne est liée à l'activité sexuelle. Elle n'est pas classée comme une infection sexuellement transmissible, mais des échanges de bactéries entre partenaires jouent un rôle, comme l'a confirmé l'essai StepUp.
Les recommandations françaises et internationales proposent, en cas de vaginose symptomatique, l'un des traitements suivants :
Pendant le traitement par métronidazole, il est conseillé de ne pas boire d'alcool, en raison d'un risque de malaise (effet « antabuse »). Le métronidazole peut aussi laisser un goût métallique dans la bouche. La crème de clindamycine peut fragiliser les préservatifs en latex.
Les récidives sont fréquentes : dans le groupe témoin de l'essai StepUp, où seule la femme était traitée, 63 % des femmes avaient récidivé dans les 12 semaines. Plusieurs mécanismes y contribuent :
Pendant longtemps, la réponse était non : les anciens essais n'avaient pas montré de bénéfice. L'essai StepUp, publié en 2025, a changé les données disponibles. Il a inclus des couples monogames hétérosexuels dont la femme avait une vaginose :
L'essai a été arrêté plus tôt que prévu, car la différence était nette : 35 % de récidive à 12 semaines quand le partenaire était traité, contre 63 % quand il ne l'était pas. Les effets indésirables chez les hommes étaient des nausées, des maux de tête et un goût métallique.
Ces résultats concernent les couples hétérosexuels monogames. Ils sont récents ; la conduite à tenir est discutée au cas par cas en consultation, en particulier en cas de récidives.
En cas de récidives fréquentes, plusieurs options peuvent être discutées :
Pendant la grossesse, la vaginose est associée à un risque un peu plus élevé d'accouchement prématuré et de fausse couche tardive. Les recommandations du CNGOF de 2016 sur la prévention de la prématurité spontanée précisent :
La revue Cochrane de Brocklehurst et coll. (21 essais, 7 847 femmes) montre que les antibiotiques font disparaître la vaginose pendant la grossesse et réduisent le risque de fausse couche tardive, mais ne diminuent pas globalement le risque d'accouchement avant 37 semaines. Voir « Suivi de grossesse : consultations, échographies et examens mois par mois ».
En dehors de la grossesse, la vaginose bactérienne est associée à un risque plus élevé d'infections après un geste gynécologique (pose de DIU, hystéroscopie, interruption de grossesse) et d'acquisition d'infections sexuellement transmissibles.
Elle n'est pas classée comme une IST, mais elle est liée à l'activité sexuelle et des bactéries s'échangent entre partenaires. C'est ce qui explique l'intérêt récent du traitement du partenaire masculin.
Les gels acidifiants ou les probiotiques vendus en pharmacie peuvent soulager, mais ils ne remplacent pas le traitement antibiotique d'une vaginose symptomatique. En cas de doute sur le diagnostic, un prélèvement est préférable.
Non, au contraire. Les douches vaginales et les savons agressifs détruisent les lactobacilles et favorisent la vaginose. Une toilette externe douce, une fois par jour, suffit.
En général non, sauf avant certains gestes gynécologiques ou dans des situations particulières de grossesse, selon l'avis du médecin.
Il est déconseillé de boire de l'alcool pendant le traitement par métronidazole, en raison d'un risque de malaise.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.