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Gynécologie

Dyspareunie : douleurs pendant les rapports, causes et solutions

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Les douleurs pendant les rapports (dyspareunie) sont des douleurs ressenties pendant ou juste après un rapport sexuel, à l'entrée du vagin (dyspareunie superficielle) ou au fond du bassin (dyspareunie profonde). Elle a le plus souvent une cause identifiable, comme une sécheresse vaginale, une infection, une cicatrice, un vaginisme ou une endométriose. Une consultation gynécologique permet de rechercher cette cause et de proposer un traitement adapté.

Douleurs pendant les rapports : qu'est-ce que la dyspareunie ?

On parle de dyspareunie lorsque les rapports sexuels sont douloureux de façon répétée. La douleur peut survenir à la pénétration, pendant toute la durée du rapport ou seulement lors des mouvements profonds. Elle peut aussi persister quelques heures après.

Ce n'est ni « dans la tête », ni une fatalité. Une douleur profonde pendant les rapports fait partie des symptômes qui doivent faire évoquer une endométriose, selon les recommandations françaises. Une douleur à l'entrée du vagin oriente plutôt vers une cause locale : sécheresse, infection, maladie de peau de la vulve ou cicatrice.

Le premier pas consiste à en parler. Le médecin vous posera des questions précises, sans jugement, pour localiser la douleur et comprendre quand elle apparaît.

Douleur à l'entrée ou au fond du vagin : quelles différences ?

Le siège de la douleur est l'indice le plus utile. Il oriente vers des causes très différentes.

TypeCe que vous ressentezCauses les plus fréquentes
Superficielle (d'intromission)Brûlure ou douleur à l'entrée du vagin, au moment de la pénétrationSécheresse vaginale, mycose, herpès, lichen ou autre maladie de peau de la vulve, cicatrice d'épisiotomie ou de déchirure, vestibulodynie, vaginisme
De présenceGêne ou brûlure qui dure pendant tout le rapportVaginite (infection, inflammation), atrophie vaginale de la ménopause
ProfondeDouleur dans le bas-ventre lors des mouvements profonds, parfois d'un seul côtéEndométriose, adénomyose, séquelles d'infection génitale haute, kyste de l'ovaire, fibrome, adhérences après chirurgie

Plusieurs mécanismes peuvent s'associer. Par exemple, une douleur profonde liée à une endométriose peut entraîner, avec le temps, une contraction réflexe des muscles du périnée et une douleur à l'entrée.

Quelles sont les causes d'une douleur à l'entrée du vagin ?

Sécheresse et atrophie vaginale

Un défaut de lubrification rend la pénétration irritante. Il peut être lié à la ménopause, à l'allaitement, à certains traitements (contraception, hormonothérapie du cancer du sein) ou à une excitation insuffisante. Après la ménopause, la baisse des œstrogènes amincit la muqueuse : c'est le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Pour en savoir plus, lisez notre article sur la sécheresse vaginale.

Infections et maladies de la vulve

Une mycose, une vaginose ou un herpès génital rendent la muqueuse inflammatoire et sensible. Certaines maladies de peau de la vulve, comme le lichen scléreux, provoquent des fissures et des brûlures. Les démangeaisons sont souvent associées : voir notre article sur le prurit vulvaire.

Cicatrices et suites d'accouchement

Une cicatrice d'épisiotomie ou de déchirure peut rester sensible plusieurs mois. Un rétrécissement de l'entrée du vagin est plus rare.

Vulvodynie et vaginisme

La vulvodynie est une douleur de la vulve qui dure depuis au moins 3 mois sans cause visible à l'examen, selon le consensus international de 2015. Sa forme la plus fréquente, la vestibulodynie provoquée, se manifeste au contact ou à la pénétration. Le vaginisme correspond à une contraction involontaire des muscles qui entourent le vagin, qui rend la pénétration difficile ou impossible. Ces deux situations se traitent, le plus souvent avec une prise en charge combinée.

Quelles sont les causes d'une douleur profonde pendant les rapports ?

  • Endométriose : du tissu semblable à l'endomètre se développe hors de l'utérus, notamment derrière le col (ligaments utéro-sacrés, cloison recto-vaginale). La douleur est typiquement profonde et peut être plus marquée autour des règles. Elle s'associe souvent à des règles très douloureuses.
  • Adénomyose : l'endomètre infiltre le muscle de l'utérus, qui devient plus gros et sensible.
  • Séquelles d'infection génitale haute : une salpingite peut laisser des adhérences douloureuses.
  • Kyste de l'ovaire, fibrome, utérus très basculé en arrière : ils peuvent être heurtés lors des mouvements profonds.
  • Séquelles de chirurgie ou de radiothérapie pelvienne.

Une douleur profonde récente, accompagnée de fièvre ou de pertes anormales, doit faire rechercher une infection en priorité.

Quel est le rôle du stress et des émotions ?

La douleur et l'anxiété s'entretiennent. Quand on redoute la douleur, les muscles du périnée se contractent par réflexe, la lubrification diminue et la pénétration fait encore plus mal. Un antécédent de violence sexuelle, des tensions dans le couple, un épisode dépressif ou une éducation très culpabilisante peuvent aussi jouer un rôle.

Reconnaître cette composante ne signifie pas que la douleur est imaginaire. Souvent, une cause physique est présente au départ, puis un cercle vicieux s'installe. Le traitement agit donc sur les deux versants.

Comment se déroule le bilan ?

La consultation commence par un entretien : siège de la douleur, ancienneté, lien avec le cycle, contraception, accouchements, chirurgies, symptômes urinaires ou digestifs.

  • Examen de la vulve et du vagin, doux et progressif, en vous expliquant chaque geste. Vous pouvez demander à l'interrompre à tout moment.
  • Prélèvement vaginal en cas de suspicion d'infection.
  • Échographie pelvienne : avec l'examen clinique, c'est l'examen de première intention en cas de suspicion d'endométriose.
  • IRM pelvienne ou échographie par un opérateur expert, en deuxième intention, si une endométriose profonde est suspectée.

Le bilan, échographie comprise, a lieu au cabinet : rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79.

Quels traitements contre la dyspareunie ?

Le traitement dépend de la cause. Il est souvent combiné.

  • Infection : antifongique ou antibiotique adapté au prélèvement, traitement du partenaire si besoin.
  • Sécheresse et atrophie : lubrifiants pendant les rapports et hydratants vaginaux réguliers, suffisants le plus souvent si les symptômes sont légers ; après la ménopause, si les symptômes sont modérés ou sévères, œstrogènes par voie vaginale à faible dose, efficaces selon la Société nord-américaine de la ménopause (NAMS).
  • Maladie de peau de la vulve : crème à base de corticoïde prescrite et surveillée par le médecin.
  • Endométriose ou adénomyose : traitement hormonal en première intention, chirurgie dans certaines situations. Voir notre page endométriose.
  • Vaginisme, vulvodynie, contracture du périnée : rééducation périnéale par un kinésithérapeute ou une sage-femme formés, accompagnement sexologique ou psychologique, parfois traitement local.
  • Cicatrice douloureuse : massages, rééducation et, plus rarement, reprise chirurgicale.

En attendant, privilégiez des rapports sans pénétration ou des positions qui limitent la profondeur. En parler avec votre partenaire évite les malentendus.

L'amélioration est souvent progressive. Un rendez-vous de suivi permet de vérifier l'effet du traitement, d'ajuster la prise en charge et, si la douleur persiste, de rechercher une seconde cause associée.

Quand consulter rapidement ?

Consultez sans tarder en cas de :

  • douleur pendant les rapports apparue avec de la fièvre, des pertes malodorantes ou purulentes ;
  • saignements après les rapports ;
  • douleur pelvienne en dehors des rapports, qui s'aggrave ;
  • lésion ou bouton douloureux sur la vulve.

Une douleur du bas-ventre brutale et intense, avec malaise, vomissements ou fièvre élevée, impose de consulter en urgence ou d'appeler le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

La dyspareunie est-elle fréquente ?

Oui, c'est un motif de consultation courant à tous les âges, des premiers rapports à la ménopause. Beaucoup de femmes tardent à en parler, alors qu'une cause est le plus souvent retrouvée.

Une douleur pendant les rapports peut-elle être liée à l'endométriose ?

Oui. Une douleur profonde lors de la pénétration, surtout associée à des règles très douloureuses, fait partie des signes qui doivent faire rechercher une endométriose.

Le lubrifiant suffit-il ?

Il soulage une sécheresse passagère, mais ne traite pas une infection, une maladie de peau, un vaginisme ou une endométriose. Si la douleur persiste malgré un lubrifiant, consultez.

Faut-il arrêter les rapports en attendant le diagnostic ?

Il est préférable d'éviter les pénétrations douloureuses, qui entretiennent l'appréhension et la contraction des muscles. D'autres formes d'intimité restent possibles.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.