Les douleurs pendant les rapports (dyspareunie) sont des douleurs ressenties pendant ou juste après un rapport sexuel, à l'entrée du vagin (dyspareunie superficielle) ou au fond du bassin (dyspareunie profonde). Elle a le plus souvent une cause identifiable, comme une sécheresse vaginale, une infection, une cicatrice, un vaginisme ou une endométriose. Une consultation gynécologique permet de rechercher cette cause et de proposer un traitement adapté.
On parle de dyspareunie lorsque les rapports sexuels sont douloureux de façon répétée. La douleur peut survenir à la pénétration, pendant toute la durée du rapport ou seulement lors des mouvements profonds. Elle peut aussi persister quelques heures après.
Ce n'est ni « dans la tête », ni une fatalité. Une douleur profonde pendant les rapports fait partie des symptômes qui doivent faire évoquer une endométriose, selon les recommandations françaises. Une douleur à l'entrée du vagin oriente plutôt vers une cause locale : sécheresse, infection, maladie de peau de la vulve ou cicatrice.
Le premier pas consiste à en parler. Le médecin vous posera des questions précises, sans jugement, pour localiser la douleur et comprendre quand elle apparaît.
Le siège de la douleur est l'indice le plus utile. Il oriente vers des causes très différentes.
| Type | Ce que vous ressentez | Causes les plus fréquentes |
|---|---|---|
| Superficielle (d'intromission) | Brûlure ou douleur à l'entrée du vagin, au moment de la pénétration | Sécheresse vaginale, mycose, herpès, lichen ou autre maladie de peau de la vulve, cicatrice d'épisiotomie ou de déchirure, vestibulodynie, vaginisme |
| De présence | Gêne ou brûlure qui dure pendant tout le rapport | Vaginite (infection, inflammation), atrophie vaginale de la ménopause |
| Profonde | Douleur dans le bas-ventre lors des mouvements profonds, parfois d'un seul côté | Endométriose, adénomyose, séquelles d'infection génitale haute, kyste de l'ovaire, fibrome, adhérences après chirurgie |
Plusieurs mécanismes peuvent s'associer. Par exemple, une douleur profonde liée à une endométriose peut entraîner, avec le temps, une contraction réflexe des muscles du périnée et une douleur à l'entrée.
Un défaut de lubrification rend la pénétration irritante. Il peut être lié à la ménopause, à l'allaitement, à certains traitements (contraception, hormonothérapie du cancer du sein) ou à une excitation insuffisante. Après la ménopause, la baisse des œstrogènes amincit la muqueuse : c'est le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Pour en savoir plus, lisez notre article sur la sécheresse vaginale.
Une mycose, une vaginose ou un herpès génital rendent la muqueuse inflammatoire et sensible. Certaines maladies de peau de la vulve, comme le lichen scléreux, provoquent des fissures et des brûlures. Les démangeaisons sont souvent associées : voir notre article sur le prurit vulvaire.
Une cicatrice d'épisiotomie ou de déchirure peut rester sensible plusieurs mois. Un rétrécissement de l'entrée du vagin est plus rare.
La vulvodynie est une douleur de la vulve qui dure depuis au moins 3 mois sans cause visible à l'examen, selon le consensus international de 2015. Sa forme la plus fréquente, la vestibulodynie provoquée, se manifeste au contact ou à la pénétration. Le vaginisme correspond à une contraction involontaire des muscles qui entourent le vagin, qui rend la pénétration difficile ou impossible. Ces deux situations se traitent, le plus souvent avec une prise en charge combinée.
Une douleur profonde récente, accompagnée de fièvre ou de pertes anormales, doit faire rechercher une infection en priorité.
La douleur et l'anxiété s'entretiennent. Quand on redoute la douleur, les muscles du périnée se contractent par réflexe, la lubrification diminue et la pénétration fait encore plus mal. Un antécédent de violence sexuelle, des tensions dans le couple, un épisode dépressif ou une éducation très culpabilisante peuvent aussi jouer un rôle.
Reconnaître cette composante ne signifie pas que la douleur est imaginaire. Souvent, une cause physique est présente au départ, puis un cercle vicieux s'installe. Le traitement agit donc sur les deux versants.
La consultation commence par un entretien : siège de la douleur, ancienneté, lien avec le cycle, contraception, accouchements, chirurgies, symptômes urinaires ou digestifs.
Le bilan, échographie comprise, a lieu au cabinet : rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79.
Le traitement dépend de la cause. Il est souvent combiné.
En attendant, privilégiez des rapports sans pénétration ou des positions qui limitent la profondeur. En parler avec votre partenaire évite les malentendus.
L'amélioration est souvent progressive. Un rendez-vous de suivi permet de vérifier l'effet du traitement, d'ajuster la prise en charge et, si la douleur persiste, de rechercher une seconde cause associée.
Consultez sans tarder en cas de :
Une douleur du bas-ventre brutale et intense, avec malaise, vomissements ou fièvre élevée, impose de consulter en urgence ou d'appeler le 15 (SAMU) ou le 112.
Oui, c'est un motif de consultation courant à tous les âges, des premiers rapports à la ménopause. Beaucoup de femmes tardent à en parler, alors qu'une cause est le plus souvent retrouvée.
Oui. Une douleur profonde lors de la pénétration, surtout associée à des règles très douloureuses, fait partie des signes qui doivent faire rechercher une endométriose.
Il soulage une sécheresse passagère, mais ne traite pas une infection, une maladie de peau, un vaginisme ou une endométriose. Si la douleur persiste malgré un lubrifiant, consultez.
Il est préférable d'éviter les pénétrations douloureuses, qui entretiennent l'appréhension et la contraction des muscles. D'autres formes d'intimité restent possibles.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.