Les symptômes de l'endométriose sont surtout des règles très douloureuses (dysménorrhée), des douleurs profondes pendant les rapports, des douleurs digestives ou urinaires au moment des règles et une difficulté à être enceinte. L'endométriose est une maladie chronique dans laquelle un tissu proche de la muqueuse utérine se développe en dehors de l'utérus ; on parle d'endométriose profonde lorsque les lésions s'enfoncent de plus de 5 mm sous le péritoine. Selon les recommandations françaises CNGOF-HAS, les examens de première intention sont l'examen gynécologique et l'échographie pelvienne, puis, en cas de doute, une échographie endovaginale par un échographiste référent et/ou une IRM pelvienne. Le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic est encore estimé à plusieurs années, en grande partie parce que les règles douloureuses sont souvent considérées à tort comme « normales ».
L'endomètre est la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus et qui se renouvelle à chaque cycle. Dans l'endométriose, des cellules de type endométrial s'implantent hors de l'utérus : sur le péritoine (la membrane qui recouvre les organes du bassin), sur les ovaires, ou plus en profondeur dans les ligaments, la cloison entre vagin et rectum, le rectum, le côlon ou la vessie.
Selon les recommandations CNGOF-HAS (2017-2018), sa fréquence exacte est inconnue ; elle est souvent estimée à environ une femme sur dix en âge de procréer. Ces lésions restent sensibles aux hormones du cycle. Elles provoquent une inflammation locale, parfois des adhérences (organes qui se collent entre eux) et des kystes ovariens appelés endométriomes.
On distingue classiquement trois formes, qui peuvent s'associer :
Selon les recommandations françaises, une endométriose qui ne donne aucun symptôme ne nécessite ni traitement, ni surveillance, ni dépistage. La prise en charge se justifie lorsqu'il existe des douleurs, une infertilité ou une atteinte du fonctionnement d'un organe.
Les recommandations CNGOF-HAS 2018 décrivent plusieurs symptômes évocateurs, en particulier lorsqu'ils augmentent au moment des règles :
Plus rarement, des douleurs de l'épaule ou du thorax au moment des règles peuvent révéler une endométriose du diaphragme.
Non. Des lésions superficielles peu nombreuses peuvent être très douloureuses, alors qu'une endométriose profonde étendue peut rester peu symptomatique. C'est pourquoi l'évaluation porte à la fois sur les lésions et sur le retentissement : intensité de la douleur, qualité de vie, vie sexuelle, activité professionnelle. Des questionnaires validés peuvent aider à objectiver ce retentissement.
Le délai diagnostique de l'endométriose est fréquemment estimé à plusieurs années dans les études publiées. Plusieurs raisons l'expliquent :
Une échographie normale n'élimine donc pas une endométriose. Lorsque les symptômes sont évocateurs, il est légitime de demander un avis spécialisé.
Les recommandations CNGOF-HAS organisent le diagnostic en deux niveaux.
| Niveau | Examen | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|
| 1re intention | Interrogatoire et examen gynécologique | Recherche de nodules ou de points douloureux, notamment derrière le col |
| 1re intention | Échographie pelvienne (endovaginale si possible) | Repère les endométriomes, parfois des nodules profonds |
| 2e intention | Examen clinique par un gynécologue référent | Examen ciblé des zones profondes du bassin |
| 2e intention | Échographie endovaginale par un échographiste référent | Cartographie des lésions profondes, recherche d'atteinte digestive |
| 2e intention | IRM pelvienne | Vue d'ensemble du bassin, lésions profondes, ovaires, adénomyose associée |
| Bilan spécialisé | Écho-endoscopie rectale, coloscanner, examens urinaires | Uniquement en cas d'atteinte digestive ou urinaire, avant une chirurgie |
L'échographie de deuxième intention et l'IRM apportent des informations différentes et complémentaires. Leur performance dépend fortement de l'expérience de l'opérateur : c'est la raison pour laquelle les recommandations parlent d'examens « par un expert ».
Pendant longtemps, la cœlioscopie (examen chirurgical sous anesthésie générale) avec analyse des lésions était considérée comme l'examen de référence. Ce n'est plus le cas. Les recommandations françaises indiquent qu'une cœlioscopie diagnostique ne se discute que lorsque la suspicion clinique est forte malgré des examens d'imagerie normaux, et seulement si elle s'inscrit dans un projet de traitement des douleurs ou de l'infertilité.
En pratique, un traitement hormonal peut être débuté sur des arguments cliniques et d'imagerie, sans preuve chirurgicale préalable.
Pour décrire l'endométriose, plusieurs classifications existent. La plus ancienne, la classification rASRM, attribue un stade de I à IV mais décrit mal l'endométriose profonde.
La classification #Enzian, publiée en 2021 par un groupe d'experts européens, a été conçue pour cartographier l'ensemble de la maladie :
Sa particularité est de pouvoir être utilisée aussi bien à partir de l'échographie ou de l'IRM qu'au cours d'une intervention. Elle facilite le dialogue entre radiologue, gynécologue et chirurgien, et permet de comparer l'état des lésions dans le temps. Pour la patiente, elle se traduit par un compte rendu plus précis, sans modifier en soi la décision de traitement.
La prise en charge dépend de trois questions : l'intensité des douleurs, l'existence d'un projet de grossesse, et la localisation des lésions.
Les recommandations insistent sur l'information complète de la patiente : alternatives thérapeutiques, bénéfices et risques attendus, risque de récidive et conséquences sur la fertilité.
L'adénomyose est une maladie voisine dans laquelle le tissu endométrial pénètre dans le muscle de l'utérus (le myomètre). Elle entraîne surtout des règles abondantes et douloureuses. Les deux maladies sont souvent associées et l'IRM permet de rechercher l'une et l'autre lors du même examen. Voir notre article sur l'adénomyose.
L'endométriose n'est en général pas une urgence, mais certains signes nécessitent une consultation rapide, voire un appel au 15 ou au 112 :
Il existe une composante familiale : le risque est plus élevé lorsqu'une mère ou une sœur est atteinte. Cela ne signifie pas que la maladie se transmet systématiquement, et aucun dépistage n'est recommandé chez une femme sans symptôme.
Oui. Des règles très douloureuses dès l'adolescence, avec absentéisme scolaire, justifient une consultation. Les recommandations françaises privilégient chez l'adolescente l'examen clinique adapté, l'échographie ou l'IRM, et un traitement hormonal en première intention.
Aucun marqueur sanguin n'est aujourd'hui recommandé pour poser le diagnostic. Le dosage du CA 125, parfois prescrit, n'est ni assez sensible ni assez spécifique.
Non. L'évolution est imprévisible : les lésions peuvent rester stables, régresser ou progresser. Les symptômes diminuent en général après la ménopause, lorsque la production d'hormones ovariennes s'arrête.
Une légère augmentation du risque de certains cancers de l'ovaire a été décrite, mais le risque absolu reste faible. Aucun dépistage spécifique n'est recommandé en dehors du suivi gynécologique habituel.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.