Endométriose et grossesse sont compatibles : l'endométriose est plus fréquente chez les femmes qui consultent pour infertilité, mais beaucoup de patientes atteintes obtiennent une grossesse spontanément ou avec une assistance médicale à la procréation (AMP). Il n'existe pas de réponse unique à la question « chirurgie ou FIV d'abord ? » : la recommandation européenne ESHRE 2022 indique que la chirurgie comme l'assistance médicale à la procréation sont des options possibles, le choix dépendant de l'âge, de la réserve ovarienne, des douleurs, de l'état des trompes et du sperme du conjoint. Une revue Cochrane a montré que la chirurgie cœlioscopique augmente probablement le taux de grossesse intra-utérine évolutive par rapport à une simple cœlioscopie diagnostique (odds ratio 1,89 ; 3 essais, 528 participantes).
Plusieurs mécanismes, souvent associés, sont décrits :
L'endométriose n'est donc pas synonyme de stérilité. L'enjeu est d'identifier les facteurs qui, chez une patiente donnée, réduisent les chances de grossesse.
Le bilan est celui de toute infertilité du couple, complété par une évaluation précise de l'endométriose :
| Élément du bilan | Ce qu'il apporte pour la décision |
|---|---|
| Âge de la patiente | Facteur principal des chances de grossesse, quelle que soit la stratégie |
| Durée d'infertilité | Plus elle est longue, plus l'AMP est en général privilégiée |
| AMH et compte des follicules antraux | Évaluent la réserve ovarienne ; une réserve basse incite à ne pas retarder l'AMP et à éviter une chirurgie ovarienne |
| Échographie de 2e intention et/ou IRM | Localisation et étendue de l'endométriose (classification #Enzian), endométriomes, adénomyose |
| Perméabilité des trompes | Une atteinte des deux trompes oriente vers la FIV |
| Spermogramme du conjoint | Une altération du sperme oriente vers la FIV, souvent avec ICSI |
| Intensité des douleurs | Des douleurs importantes peuvent justifier une chirurgie, indépendamment du projet de grossesse |
Le dossier est idéalement discuté conjointement par le gynécologue, le chirurgien et l'équipe d'assistance médicale à la procréation (AMP). Si besoin, le cabinet vous oriente vers un centre d'AMP adapté.
Non. Les traitements qui bloquent l'ovulation (pilule, progestatifs, agonistes de la GnRH) sont efficaces sur la douleur, mais ils empêchent par définition une grossesse et n'augmentent pas les chances de grossesse spontanée à leur arrêt. Les recommandations françaises CNGOF-HAS et la recommandation ESHRE 2022 déconseillent ces traitements dans ce but, y compris après une chirurgie.
La chirurgie peut être privilégiée lorsque :
Après l'intervention, une période d'essais naturels est généralement proposée, d'une durée adaptée à l'âge et au bilan. Si la grossesse ne survient pas, le passage à l'AMP est envisagé sans tarder.
La FIV est plutôt privilégiée lorsque :
Les recommandations françaises précisent également que l'endométriose, quel que soit son stade, ne semble pas réduire les taux de grossesse et de naissance après FIV, même si le nombre d'ovocytes recueillis peut être plus faible dans les formes sévères. Elles indiquent aussi que la stimulation ovarienne de la FIV n'aggrave pas les symptômes et n'accélère pas l'évolution de la maladie.
Pour une endométriose superficielle sans douleur, la chirurgie n'est pas recommandée dans le seul but d'améliorer les résultats de la FIV. Pour un endométriome, l'ESHRE ne recommande pas non plus de l'opérer systématiquement avant une FIV, car le bénéfice sur les chances de naissance n'est pas démontré et la chirurgie peut réduire la réserve ovarienne. Une intervention reste discutée si le kyste est volumineux, gêne l'accès aux follicules lors de la ponction, ou en cas de doute sur sa nature. Après des échecs répétés de FIV, une chirurgie peut être envisagée au cas par cas.
Les recommandations françaises de 2018 évoquaient un bénéfice possible d'un blocage prolongé par agonistes de la GnRH ou pilule avant la stimulation, surtout dans les formes sévères. La recommandation ESHRE de 2022, fondée sur des données plus récentes, ne recommande pas ce prétraitement prolongé dans le but d'améliorer les chances de naissance. La décision se prend avec le centre d'AMP.
Pour les endométrioses peu étendues, avec des trompes perméables, l'ESHRE indique que l'insémination intra-utérine associée à une stimulation ovarienne peut être proposée, car elle augmente les chances de grossesse par rapport à l'attente. Elle n'est pas adaptée en cas d'atteinte des trompes ou d'altération importante du sperme.
Les recommandations françaises demandent que la préservation de la fertilité soit abordée avant toute chirurgie d'endométriome. La technique la plus utilisée est la congélation d'ovocytes après stimulation (vitrification). Elle se discute en particulier en cas d'endométriomes des deux ovaires, de récidive, de réserve ovarienne déjà basse ou de projet de grossesse lointain. Si elle est envisagée, le cabinet vous oriente vers un centre adapté.
La grossesse se déroule normalement dans la grande majorité des cas. Certaines études ont décrit une fréquence un peu plus élevée de complications, notamment de placenta bas inséré ou d'accouchement prématuré, mais le risque absolu reste faible. La recommandation ESHRE ne préconise pas de surveillance renforcée systématique du seul fait de l'endométriose ; le suivi est adapté à chaque situation, notamment en cas de chirurgie digestive ou utérine antérieure ou d'adénomyose.
Les symptômes s'atténuent souvent pendant la grossesse, du fait de l'arrêt des cycles, mais ils peuvent réapparaître après l'accouchement et l'allaitement. Une grossesse n'est pas un traitement de l'endométriose.
Pendant un parcours d'AMP ou une grossesse, consultez sans attendre ou appelez le 15 / 112 en cas de :
Oui, c'est fréquent, y compris dans certaines formes profondes. L'endométriose diminue les chances par cycle mais ne les annule pas ; le bilan permet de savoir s'il est raisonnable d'attendre ou s'il faut proposer une aide.
Un endométriome peut s'accompagner d'une AMH plus basse, et sa chirurgie peut l'abaisser davantage, surtout en cas de kystes bilatéraux ou de réintervention. C'est l'une des raisons pour lesquelles la décision d'opérer un endométriome chez une patiente qui souhaite une grossesse est pesée avec soin.
En cas d'endométriose connue, il est raisonnable de consulter sans attendre un an d'essais, surtout après 35 ans ou si un endométriome est présent. Le bilan d'infertilité peut être débuté rapidement.
Selon les recommandations françaises, la stimulation ovarienne pour FIV n'aggrave pas les symptômes, n'accélère pas l'évolution de la maladie et n'augmente pas le risque de récidive.
Oui, l'endométriose en elle-même n'impose pas de césarienne. Le mode d'accouchement dépend des antécédents chirurgicaux et du déroulement de la grossesse.
Les symptômes s'atténuent souvent pendant la grossesse, du fait de l'arrêt des cycles, mais ils peuvent réapparaître après l'accouchement et l'allaitement. La grossesse ne guérit pas l'endométriose et n'est pas proposée comme traitement.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
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