L'adénomyose (parfois appelée « endométriose interne ») correspond à la présence de tissu endométrial (la muqueuse de l'utérus) à l'intérieur du muscle utérin ; elle se manifeste surtout par des règles abondantes et douloureuses, mais peut aussi ne donner aucun symptôme. Longtemps diagnostiquée uniquement après une hystérectomie, elle est aujourd'hui reconnue par l'échographie endovaginale et l'IRM, à l'aide de critères échographiques standardisés (consensus MUSA). Une méta-analyse de 39 études publiée en 2025 associe l'adénomyose à un risque accru de certaines complications de grossesse, comme la prééclampsie (risque relatif 2,24), avec un niveau de preuve faible. En l'absence de projet de grossesse, le stérilet hormonal au lévonorgestrel 52 mg est souvent le premier traitement proposé.
La paroi de l'utérus comporte deux couches principales : l'endomètre, la muqueuse interne qui se renouvelle à chaque cycle, et le myomètre, l'épaisse couche musculaire. Entre les deux se trouve une zone de transition appelée zone jonctionnelle.
Dans l'adénomyose, des glandes et du tissu de soutien de l'endomètre pénètrent dans le myomètre. Ce tissu réagit aux hormones, provoque une inflammation et un épaississement du muscle autour de lui. L'utérus peut augmenter de volume et devenir plus globuleux.
On distingue :
L'adénomyose est souvent associée à l'endométriose (lésions situées hors de l'utérus) et aux fibromes. Il s'agit cependant de maladies distinctes, avec des traitements en partie différents.
Les symptômes sont variés et peu spécifiques :
Certaines femmes n'ont aucun symptôme : l'adénomyose est alors découverte lors d'une échographie réalisée pour une autre raison. Une adénomyose sans symptôme et sans projet de grossesse ne nécessite pas de traitement.
Historiquement, l'adénomyose était décrite chez des femmes de plus de 40 ans ayant eu des enfants. Grâce à l'imagerie, on sait aujourd'hui qu'elle concerne aussi des femmes jeunes, y compris celles qui n'ont pas eu de grossesse.

L'examen gynécologique peut retrouver un utérus augmenté de volume, globuleux, parfois sensible. Le diagnostic repose sur l'imagerie, interprétée avec les symptômes et l'examen clinique.
C'est l'examen de première intention. En 2022, un groupe d'experts européens a révisé les critères MUSA (Morphological Uterus Sonographic Assessment), qui distinguent :
L'échographie en 3D permet de mieux visualiser la zone jonctionnelle.
L'IRM est utile en cas de doute, d'utérus volumineux, de fibromes associés, ou pour rechercher une endométriose associée. Elle analyse l'épaisseur de la zone jonctionnelle : un épaississement net est un argument pour une adénomyose. Elle distingue également mieux un adénomyome d'un fibrome.
| Examen | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Échographie endovaginale 2D/3D | Accessible, non irradiante, critères MUSA standardisés | Dépend de l'expérience de l'opérateur |
| IRM pelvienne | Vue d'ensemble, mesure de la zone jonctionnelle, bilan d'endométriose associée | Moins accessible, coût plus élevé |
| Hystéroscopie | Visualise l'intérieur de l'utérus, élimine un polype ou un fibrome sous-muqueux | Ne permet pas à elle seule le diagnostic d'adénomyose |
| Analyse au microscope | Confirmation formelle | Uniquement après chirurgie (hystérectomie le plus souvent) |
Devant des règles abondantes, le bilan recherche aussi d'autres causes : polype de l'endomètre, fibrome, trouble de la coagulation, anomalie hormonale. Une prise de sang évalue l'anémie et les réserves en fer.
Le traitement dépend des symptômes, de l'âge et du projet de grossesse. Il n'existe pas de médicament spécifique de l'adénomyose : les traitements utilisés sont proches de ceux de l'endométriose.
Les modalités de ces traitements sont détaillées dans l'article Endométriose : traitements hormonaux et antidouleurs.
Le retrait de l'utérus est le seul traitement définitif de l'adénomyose. Il est proposé lorsque les traitements médicaux ont échoué ou ne sont pas tolérés, chez une femme qui n'a plus de projet de grossesse. Il est réalisé le plus souvent par cœlioscopie ou par voie vaginale. Les ovaires peuvent en général être conservés. Les voies d'abord et les suites sont détaillées dans l'article Hystérectomie.
Pour les femmes qui souhaitent conserver leur utérus, d'autres options existent, dont l'évaluation est moins complète :
L'adénomyose est retrouvée plus souvent chez les femmes qui consultent pour infertilité. Elle pourrait gêner l'implantation de l'embryon et augmenter le risque de fausse couche, mais les études sont hétérogènes. En FIV, un blocage hormonal par agonistes de la GnRH avant le transfert d'un embryon congelé est parfois proposé ; son intérêt est discuté au cas par cas avec le centre d'assistance médicale à la procréation.
Pendant la grossesse, une méta-analyse publiée en 2025 dans l'American Journal of Obstetrics and Gynecology, regroupant 39 études, associe l'adénomyose à une augmentation de certains risques : prééclampsie, accouchement prématuré, petit poids de naissance, hémorragie après l'accouchement, anomalies de position du placenta, fausse couche. Le niveau de preuve est faible ; les auteurs recommandent une surveillance prénatale adaptée : signalez l'adénomyose à l'équipe qui suit votre grossesse.
Consultez rapidement ou appelez le 15 / 112 en cas de :
Les deux maladies sont proches et souvent associées, mais distinctes : l'adénomyose touche le muscle de l'utérus, l'endométriose se situe hors de l'utérus. Une IRM permet de rechercher les deux lors du même examen.
L'adénomyose est une maladie bénigne. Des saignements anormaux, en particulier après la ménopause, doivent néanmoins toujours être explorés pour éliminer une autre cause.
Les symptômes diminuent en général nettement après la ménopause, lorsque les règles s'arrêtent. Cela peut orienter vers un traitement médical d'attente chez une femme proche de la ménopause plutôt que vers une chirurgie.
Oui. L'adénomyose peut diminuer les chances de grossesse, mais de nombreuses femmes atteintes deviennent enceintes, spontanément ou avec une aide médicale. Le suivi de grossesse est adapté à la situation.
Non, sauf si les symptômes persistent malgré les traitements et qu'il n'y a plus de projet de grossesse. De nombreuses femmes sont soulagées par un traitement médical, en particulier le stérilet hormonal.
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