L'opération de l'endométriose (exérèse chirurgicale des lésions, le plus souvent par cœlioscopie) n'est pas systématique : elle se discute en cas d'échec ou d'intolérance du traitement hormonal, d'infertilité, de kyste ovarien d'endométriose, ou d'atteinte digestive ou urinaire. Selon les recommandations françaises CNGOF-HAS, la cœlioscopie est la voie d'abord recommandée, et une réunion de concertation pluridisciplinaire est conseillée pour les formes complexes ou récidivantes. Une revue Cochrane portant sur 14 essais randomisés montre que la chirurgie cœlioscopique augmente probablement les chances de grossesse intra-utérine évolutive par rapport à une simple cœlioscopie diagnostique, alors que son effet sur la douleur reste mal mesuré dans les essais.
La décision repose sur les symptômes et le projet de la patiente, pas uniquement sur l'aspect des lésions à l'imagerie. Une endométriose découverte par hasard et sans symptôme ne justifie pas d'intervention.
Les principales situations où une chirurgie se discute sont :
Les recommandations françaises ne conseillent pas de traitement hormonal préopératoire systématique dans le seul but de faciliter l'intervention ou de réduire les complications.
En cas d'échec du traitement initial, de récidive ou d'atteinte de plusieurs organes, le dossier est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Y participent des gynécologues, des chirurgiens digestifs et urologues, des radiologues, des spécialistes de la douleur et de l'assistance médicale à la procréation.
Cette réunion permet de :
La cœlioscopie consiste à opérer à travers de petites incisions de 5 à 10 mm, sous anesthésie générale, avec une caméra introduite par le nombril. Le ventre est gonflé avec du gaz carbonique pour créer un espace de travail. Par rapport à une ouverture classique (laparotomie), elle réduit la douleur postopératoire et la durée de convalescence. Pour l'endométriose profonde avec atteinte du rectum, les recommandations françaises indiquent que la voie cœlioscopique augmente les chances de grossesse spontanée après l'intervention par rapport à la laparotomie.
La durée de l'intervention varie de moins d'une heure pour des lésions superficielles à plusieurs heures pour une endométriose profonde étendue.
| Type de lésion | Geste habituel | Points d'attention |
|---|---|---|
| Lésions superficielles du péritoine | Exérèse (retrait) ou destruction par énergie | Les essais ne montrent pas de différence nette entre exérèse et destruction sur la douleur |
| Endométriome de l'ovaire | Kystectomie : retrait de la paroi du kyste en conservant l'ovaire | Taux de grossesse plus élevé et moins de récidive que la destruction par courant bipolaire, mais réduction possible de la réserve ovarienne |
| Nodule de la cloison recto-vaginale ou des ligaments | Exérèse du nodule | Proximité des nerfs pelviens : techniques d'épargne nerveuse |
| Atteinte du rectum ou du côlon | Rasage (shaving), résection discoïde ou résection segmentaire | Choix selon la taille et la profondeur de l'atteinte |
| Atteinte de la vessie ou de l'uretère | Résection partielle de vessie, libération ou réimplantation de l'uretère | En collaboration avec un urologue |
L'exérèse retire la lésion et permet son analyse au microscope ; la destruction (ablation) la brûle sur place. Pour les lésions superficielles, la revue Cochrane de 2020 ne retrouve pas de preuve suffisante pour départager les deux techniques sur la douleur à 12 mois. Pour les endométriomes, en revanche, les recommandations françaises déconseillent la destruction par courant bipolaire et privilégient la kystectomie.
Lorsque l'endométriose infiltre le rectum, trois gestes sont possibles : le rasage de la paroi, la résection d'une pastille (résection discoïde) ou la résection d'un segment d'intestin avec raccordement des deux extrémités (anastomose). Les recommandations françaises indiquent que la résection segmentaire expose davantage au rétrécissement de l'anastomose que les gestes conservateurs, mais que pour les atteintes étendues (plus de 20 mm de longueur), les gestes conservateurs n'améliorent pas la fonction digestive après l'intervention. Le choix se fait au cas par cas, avec un chirurgien digestif.
Le retrait de l'utérus, éventuellement associé à celui des ovaires, se discute uniquement chez une patiente qui n'a plus de projet de grossesse, en cas de douleurs persistantes ou d'adénomyose associée. Il n'est pas une garantie de guérison si des lésions d'endométriose restent en place.
Toute chirurgie comporte des risques, qui augmentent avec l'étendue de l'endométriose et le nombre d'organes concernés. Ils vous sont expliqués en consultation avant l'opération.
La revue Cochrane souligne que les effets indésirables sont mal rapportés dans les essais randomisés : les chiffres de complications proviennent surtout des séries chirurgicales publiées, variables selon les centres.
À titre indicatif, la durée d'hospitalisation est la suivante : ambulatoire (sortie le jour même) pour des lésions superficielles, 1 à 2 jours pour un endométriome, jusqu'à 7 jours en cas d'atteinte digestive ou urinaire. L'intervention est réalisée à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), à la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine).
Une consultation de contrôle est programmée après l'intervention, avec le compte rendu opératoire et les résultats de l'analyse des lésions. Elle a lieu en général 4 à 6 semaines après l'intervention (plus tôt si besoin).
L'intervention ne supprime pas la maladie de façon définitive. Pour limiter le risque de récidive, les recommandations françaises proposent, lorsqu'il n'y a pas de projet de grossesse immédiat, un traitement hormonal après l'opération : pilule œstroprogestative ou stérilet hormonal au lévonorgestrel 52 mg en première intention.
En cas de projet de grossesse, l'intervention est souvent suivie d'une période d'essais naturels ou d'une prise en charge en assistance médicale à la procréation selon l'âge, la réserve ovarienne et l'état des trompes.
Après une chirurgie de l'endométriose, contactez rapidement l'équipe ou appelez le 15 / 112 en cas de :
Elle retire les lésions visibles et, selon les recommandations françaises, diminue les douleurs dans les formes légères à modérées, mais la maladie peut récidiver, en particulier sans traitement hormonal après l'intervention. C'est pourquoi la décision d'opérer est mise en balance avec les traitements médicaux.
Pas systématiquement. La stratégie dépend de l'âge, de la réserve ovarienne, des douleurs et des autres facteurs d'infertilité. Elle est détaillée dans l'article « Endométriose et fertilité : chirurgie ou FIV d'abord ? ».
Oui, mais chaque réintervention, surtout sur les ovaires, augmente les risques. Une récidive est donc discutée en concertation pluridisciplinaire avant toute nouvelle chirurgie.
Une stomie temporaire n'est envisagée qu'en cas de résection digestive à risque, pour protéger l'anastomose pendant sa cicatrisation. Elle est le plus souvent refermée quelques semaines plus tard ; cette éventualité est discutée avant l'intervention.
À titre indicatif, l'hospitalisation dure en général de 1 à 7 jours selon l'étendue de l'atteinte (parfois en ambulatoire pour des lésions superficielles). L'arrêt de travail est en général de 1 à 3 semaines après la chirurgie d'un endométriome et de 2 à 6 semaines après une chirurgie d'endométriose profonde. Ces durées sont adaptées à votre situation lors de la consultation.
En général, les rapports sexuels et les bains sont repris après 3 à 4 semaines, sans tampons pendant cette période, et le sport après la consultation post-opératoire, qui a lieu en général 4 à 6 semaines après l'intervention. Le délai avant une grossesse est discuté lors de cette consultation.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.