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Chirurgie et examens

IRM pelvienne en gynécologie : indications, déroulement, limites

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

L'IRM pelvienne est un examen d'imagerie sans rayons X qui complète l'échographie quand celle-ci ne suffit pas. En gynécologie, elle sert surtout à cartographier une endométriose, à caractériser un kyste de l'ovaire dont la nature reste incertaine, à préciser des fibromes ou une adénomyose, et à faire le bilan d'extension de certains cancers. Elle ne remplace pas l'échographie en première intention.

Qu'est-ce qu'une IRM pelvienne ?

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) utilise un champ magnétique et des ondes radio pour produire des images détaillées des tissus mous. Elle n'utilise pas de rayons X. Au niveau du pelvis, elle montre l'utérus et ses différentes couches, les ovaires, le vagin, la vessie, le rectum et les ligaments qui les relient.

En gynécologie, l'IRM vient presque toujours en deuxième intention, après un examen clinique et une échographie pelvienne. Elle répond à une question précise : préciser une anomalie, faire une cartographie avant une intervention, ou évaluer l'extension d'une maladie. Elle aide ainsi à choisir le traitement et, si une opération est nécessaire, à la planifier (voir Chirurgie gynécologique).

Dans quels cas l'IRM est-elle utile ?

Les principales indications validées par les sociétés savantes sont les suivantes.

SituationApport de l'IRM
EndométrioseRecherche et cartographie des lésions profondes (ligaments, vagin, rectum, vessie, uretères) quand l'échographie est négative ou non concluante chez une patiente symptomatique, avant une chirurgie, ou si les symptômes persistent après traitement
Kyste ou masse de l'ovaire indéterminé à l'échographieCaractérisation de la lésion et estimation du risque de malignité grâce au score O-RADS IRM
FibromesCartographie précise (nombre, taille, position) avant une myomectomie ou une embolisation
AdénomyoseMise en évidence de l'épaississement de la zone de jonction et des lésions dans la paroi de l'utérus
Malformations utérinesDistinction entre utérus cloisonné, bicorne ou autres anomalies, avec analyse des reins associée
Cancers gynécologiques (col, endomètre)Bilan d'extension locale, utile au choix du traitement
Douleurs pelviennes inexpliquéesRecherche d'une cause quand l'échographie et l'examen ne l'ont pas trouvée

Pour l'endométriose, la Société européenne de radiologie urogénitale (ESUR) a mis à jour en 2025 ses recommandations : protocole standardisé, compte rendu organisé par compartiments du pelvis et classification des lésions pour faciliter le dialogue entre radiologue, chirurgien et patiente.

Kyste de l'ovaire : que signifie le score O-RADS ?

Environ un quart des masses ovariennes vues en échographie restent indéterminées : on ne peut pas dire avec certitude si elles sont bénignes. Le score O-RADS IRM classe ces masses de 1 à 5 selon leur risque de malignité. Dans une étude multicentrique menée dans 15 centres européens chez 1 130 femmes, ce score avait une sensibilité de 93 % et une spécificité de 91 % ; aucun cancer invasif n'avait été classé en score 2.

En pratique, un score bas permet souvent une surveillance simple ou une chirurgie conservatrice, tandis qu'un score élevé oriente vers une équipe spécialisée en cancérologie gynécologique. L'IRM est l'examen de deuxième ligne pour les masses que l'échographie ne permet pas de classer. Pour en savoir plus : kystes bénins de l'ovaire.

Comment se préparer à une IRM pelvienne ?

  • Signalez tout objet ou dispositif métallique : pacemaker, défibrillateur, neurostimulateur, implant cochléaire, éclats métalliques, clips chirurgicaux anciens, pompe. Certains sont des contre-indications ; d'autres nécessitent une vérification de compatibilité. Le stérilet au cuivre est en règle générale compatible, mais il doit être mentionné.
  • Signalez une grossesse possible, une allergie, une insuffisance rénale ou une claustrophobie. Un produit de contraste à base de gadolinium est souvent injecté ; on l'évite pendant la grossesse sauf nécessité.
  • Le jeûne : selon le protocole du centre, on demande souvent d'être à jeun quelques heures pour limiter les mouvements de l'intestin.
  • La vessie : un remplissage modéré est généralement demandé ; suivez les consignes du centre.
  • Préparation spécifique pour l'endométriose : l'ESUR recommande un jeûne, un médicament qui ralentit l'intestin, une vessie modérément remplie et parfois une préparation rectale (lavement ou gel). Le centre d'imagerie vous les précise.
  • Moment du cycle : il n'est généralement pas imposé, sauf demande particulière du médecin.
  • Apportez l'ordonnance, vos échographies et IRM précédentes, et vos derniers résultats de créatinine si on vous les a demandés.

Comment se déroule l'examen ?

Vous retirez vos objets métalliques et vous allongez sur le dos sur une table qui glisse dans un tunnel ouvert aux deux extrémités. Une antenne est posée sur votre bassin. L'appareil est bruyant : un casque ou des bouchons d'oreille vous sont fournis. Vous restez en contact avec le manipulateur par un micro et une sonnette.

Il est important de rester immobile et de suivre les consignes de respiration. Selon le protocole, une injection de produit de contraste est faite dans une veine du bras en cours d'examen, et parfois un gel est mis dans le vagin ou le rectum pour mieux voir certaines zones. La durée dépend du protocole ; elle vous est précisée par le centre d'imagerie. Vous reprenez vos activités immédiatement après.

Quelles sont les limites de l'IRM ?

  • Ce n'est pas un examen de première intention : l'échographie, plus accessible et performante dans de nombreuses situations, reste le premier examen.
  • L'IRM ne donne pas de diagnostic au microscope : seule une biopsie ou l'analyse d'une pièce opératoire confirme la nature d'une lésion.
  • Une IRM normale n'élimine pas toutes les endométrioses : les lésions superficielles du péritoine sont difficiles à voir.
  • L'interprétation dépend de l'expérience du radiologue, d'où l'intérêt des centres habitués à l'imagerie de la femme et des comptes rendus standardisés.
  • Contraintes pratiques : contre-indications liées à certains dispositifs, claustrophobie, délais d'accès parfois longs.

Comment lire le compte rendu et que se passe-t-il ensuite ?

Le radiologue rédige un compte rendu qui décrit chaque organe, mesure les lésions et, selon le cas, les classe avec un score standardisé (par exemple O-RADS pour une masse de l'ovaire, ou une classification par compartiments pour l'endométriose). Une conclusion résume les éléments importants.

Ce compte rendu est technique : il prend tout son sens une fois rapproché de vos symptômes, de l'examen clinique et de l'échographie. C'est le rôle de la consultation de résultats, à programmer sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79. Selon les conclusions, plusieurs suites sont possibles :

  • aucune anomalie significative : pas d'autre examen, ou simple surveillance ;
  • lésion bénigne (endométriome, fibrome, adénomyose) : traitement médical ou surveillance, et chirurgie seulement si les symptômes le justifient ;
  • lésion indéterminée ou suspecte : examens complémentaires, avis en réunion de concertation pluridisciplinaire et prise en charge par une équipe spécialisée ;
  • préparation d'une intervention : l'IRM sert de carte au chirurgien et aide à vous informer sur la durée et les risques prévisibles de l'opération.

Gardez vos clichés et comptes rendus : ils serviront de comparaison lors des examens futurs.

Y a-t-il des risques ou des signes d'alerte après l'examen ?

L'IRM n'expose pas aux rayons X et ne présente pas de risque connu dans les conditions normales d'utilisation. Les réactions au produit de contraste sont rares et le plus souvent légères (nausées, rougeur). Exceptionnellement, une réaction allergique sévère peut survenir, en général pendant l'examen ou peu après, sous surveillance de l'équipe.

Après votre retour à domicile, en cas de gonflement du visage ou de la gorge, de difficulté à respirer ou de malaise, appelez immédiatement le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Peut-on passer une IRM avec un stérilet ?

Oui, en règle générale. Les stérilets au cuivre et les stérilets hormonaux sont habituellement compatibles avec l'IRM, mais il faut toujours les signaler au centre d'imagerie avant l'examen.

Peut-on faire une IRM pelvienne pendant les règles ?

Oui, les règles ne contre-indiquent pas l'IRM. Si votre médecin souhaite un moment particulier du cycle, il le précisera sur l'ordonnance.

L'IRM est-elle indispensable pour diagnostiquer une endométriose ?

Non. Le diagnostic repose sur les symptômes, l'examen clinique et l'échographie. L'IRM est utile quand l'échographie est non concluante, avant une chirurgie ou si les symptômes persistent après traitement.

Peut-on faire une IRM enceinte ?

Une IRM sans injection peut être réalisée pendant la grossesse si elle est utile. L'injection de gadolinium est évitée, sauf nécessité médicale discutée au cas par cas.

L'IRM pelvienne est-elle douloureuse et combien de temps dure-t-elle ?

L'examen n'est pas douloureux : la gêne vient surtout du bruit, de l'immobilité et, le cas échéant, de l'injection dans une veine du bras. Sa durée dépend du protocole et vous est précisée par le centre d'imagerie ; vous reprenez vos activités aussitôt après.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

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