Le traitement de l'endométriose douloureuse repose d'abord sur des médicaments, qui mettent les lésions au repos en supprimant ou en réduisant les règles. Selon les recommandations françaises CNGOF-HAS, la pilule œstroprogestative (de préférence en continu en cas de règles douloureuses) et le stérilet hormonal au lévonorgestrel 52 mg sont les traitements de première intention. Une revue Cochrane de 2025 portant sur 33 essais et 5 059 patientes confirme que les progestatifs oraux réduisent probablement la douleur globale par rapport au placebo.
Les lésions d'endométriose réagissent aux hormones du cycle, en particulier aux œstrogènes. À chaque cycle, elles s'inflamment et saignent, ce qui entretient la douleur. Les traitements hormonaux visent à :
Ces traitements soulagent mais ne font pas disparaître la maladie : les symptômes peuvent réapparaître à l'arrêt. Ils sont donc conçus pour être pris sur le long terme, aussi longtemps qu'ils sont efficaces et bien tolérés. Contraceptifs ou bloquant l'ovulation, ils ne conviennent pas en cas de désir d'enfant.
Un traitement peut être débuté sur des arguments cliniques et d'imagerie, sans attendre une confirmation chirurgicale.
La pilule combinée (œstrogène + progestatif) est l'un des deux traitements de première intention. En cas de règles douloureuses, les recommandations françaises conseillent de la prendre en continu, c'est-à-dire sans arrêt entre les plaquettes, pour supprimer les règles. Des saignements irréguliers peuvent survenir les premiers mois ; ils diminuent souvent avec le temps.
Ses contre-indications sont celles de toute contraception œstroprogestative : antécédent de phlébite ou d'embolie, migraine avec aura, tabagisme après 35 ans, certaines maladies cardiovasculaires. Elles sont recherchées avant la prescription.
Le dispositif intra-utérin (DIU) au lévonorgestrel délivre un progestatif directement dans l'utérus pendant plusieurs années. Il réduit l'abondance et la douleur des règles. Il est utile en cas d'adénomyose associée ou de contre-indication aux œstrogènes. Les recommandations françaises le placent au même niveau que la pilule, avant comme après une chirurgie.
En cas d'efficacité insuffisante, d'effets indésirables ou de contre-indication, d'autres traitements sont proposés.
| Traitement | Mode de prise | Effets indésirables possibles | Points clés |
|---|---|---|---|
| Désogestrel (micropilule progestative) | Comprimé quotidien en continu | Saignements irréguliers, acné, prise de poids | Utilisable en cas de contre-indication aux œstrogènes |
| Implant à l'étonogestrel | Bâtonnet sous la peau du bras, 3 ans | Saignements irréguliers | Contraceptif, sans prise quotidienne |
| Diénogest 2 mg | Comprimé quotidien en continu | Saignements irréguliers, humeur, maux de tête | Progestatif évalué spécifiquement dans l'endométriose |
| Agonistes de la GnRH + add-back | Injection mensuelle ou trimestrielle | Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, perte osseuse | Ménopause artificielle réversible ; add-back obligatoire au-delà de quelques mois |
Les progestatifs mettent la muqueuse et les lésions au repos. La revue Cochrane de 2025 conclut que les progestatifs oraux réduisent probablement la douleur globale et les règles douloureuses par rapport au placebo, et améliorent la qualité de vie. Par rapport à la pilule ou aux agonistes de la GnRH, les différences d'efficacité sont faibles ou incertaines ; le choix se fait surtout sur la tolérance.
Ces médicaments mettent les ovaires au repos et créent un état de ménopause temporaire et réversible. Ils sont efficaces sur la douleur mais entraînent des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale et une perte de densité osseuse. Les recommandations françaises imposent de les associer à une « add-back thérapie » contenant un œstrogène, qui limite la perte osseuse et améliore la qualité de vie, introduite avant le troisième mois.
La revue Cochrane de 2023 sur ces traitements (72 études) retrouve une diminution possible de la douleur par rapport au placebo, mais avec un niveau de preuve faible, et confirme la perte osseuse. Ils ne sont pas recommandés en première intention chez l'adolescente, en raison du risque pour la masse osseuse en construction.
Des molécules plus récentes, prises par voie orale, bloquent directement l'axe hormonal. Associées à un add-back, certaines ont été autorisées en Europe pour l'endométriose. Leur place précise dans la stratégie française reste à définir ; elles peuvent être discutées en cas d'échec des traitements habituels.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, naproxène…) sont souvent utilisés pendant les règles. Ils peuvent soulager les règles douloureuses mais ne traitent pas la maladie, et leur efficacité spécifique dans l'endométriose est mal démontrée. Ils doivent être pris de façon raisonnée, en raison de risques digestifs et rénaux. Pendant la grossesse, ils sont contre-indiqués à partir du 6e mois, même en prise unique ou en gel, et ne se prennent avant que sur prescription médicale (voir médicaments et grossesse).
Le paracétamol peut être associé. Les antalgiques opioïdes ne sont pas un traitement de fond de l'endométriose : leur usage prolongé expose à une dépendance et à une sensibilisation à la douleur.
La douleur de l'endométriose ne dépend pas seulement des lésions. Avec le temps, le système nerveux peut devenir plus sensible (on parle de sensibilisation), et des douleurs musculaires du périnée, du dos ou de la vessie peuvent s'ajouter. Les recommandations françaises indiquent que la douleur chronique justifie une évaluation pluridisciplinaire. Une orientation vers une consultation spécialisée dans la prise en charge de la douleur peut alors être proposée.
Selon la situation, peuvent être proposés :
Après une intervention pour endométriose, et en l'absence de projet de grossesse immédiat, les recommandations françaises recommandent un traitement hormonal pour réduire le risque de récidive des douleurs : pilule œstroprogestative ou stérilet au lévonorgestrel 52 mg en première intention. Après la chirurgie d'un endométriome, la pilule est recommandée pour réduire le risque de récidive du kyste ; les agonistes de la GnRH ne sont pas recommandés dans ce seul but.
À l'inverse, un traitement hormonal avant une chirurgie n'est pas recommandé dans le seul but de faciliter l'intervention ou de réduire les complications.
Une consultation de réévaluation est utile quelques mois après le début d'un traitement pour juger de son efficacité et de sa tolérance.
Il n'est pas nécessaire de refaire une imagerie de façon systématique si les symptômes sont contrôlés. Une nouvelle imagerie se discute en cas de reprise des douleurs, d'apparition de symptômes digestifs ou urinaires, ou de suivi d'un endométriome.
Consultez rapidement ou appelez le 15 / 112 en cas de :
Le traitement est poursuivi tant qu'il est efficace, bien toléré et qu'il n'existe pas de projet de grossesse. Les symptômes diminuent en général après la ménopause. Le traitement peut être interrompu ou modifié à tout moment, en concertation avec votre gynécologue.
Non. L'absence de règles sous pilule en continu, progestatif ou stérilet hormonal est un effet attendu du traitement et n'a pas de conséquence pour la santé. La fertilité revient après l'arrêt des traitements contraceptifs.
Certaines patientes rapportent une prise de poids, notamment sous progestatifs, mais elle est variable et souvent modérée. En cas d'effet indésirable gênant, un autre traitement peut être essayé.
Aucun régime n'a démontré qu'il faisait régresser l'endométriose. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière peuvent améliorer le bien-être général et certains symptômes digestifs.
Souvent : lorsque les douleurs sont contrôlées par un traitement hormonal, une chirurgie n'est pas nécessaire. La chirurgie est discutée en cas d'échec, d'intolérance, d'infertilité ou d'atteinte d'un organe.
Les traitements médicaux soulagent les douleurs mais ne font pas disparaître la maladie : les symptômes peuvent revenir à leur arrêt. Ils sont donc poursuivis tant qu'ils sont efficaces et bien tolérés, et les symptômes diminuent en général après la ménopause.
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