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Gynécologie

Règles douloureuses ou irrégulières : causes et traitements

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Des règles douloureuses (dysménorrhée) sans lésion sont fréquentes et se soulagent en général avec des anti-inflammatoires ou une contraception hormonale. Des douleurs qui s'aggravent, résistent aux traitements ou s'accompagnent de douleurs pendant les rapports doivent faire rechercher une endométriose ou une adénomyose. Un cycle normal dure de 24 à 38 jours selon la FIGO ; des cycles durablement irréguliers sont le plus souvent liés à un trouble de l'ovulation, dont une cause fréquente est le syndrome des ovaires polykystiques.

Quand des règles douloureuses ou irrégulières doivent-elles inquiéter ?

Dans les premières années après la puberté, à l'approche de la ménopause ou à l'arrêt d'une pilule, des cycles un peu irréguliers sont habituels. De même, une gêne pendant les règles est fréquente. Ces troubles ne doivent cependant pas être banalisés lorsqu'ils pèsent sur la vie quotidienne.

Il est utile de consulter si :

  • vos règles deviennent douloureuses alors qu'elles étaient bien supportées ;
  • la douleur vous oblige à manquer l'école ou le travail, ou ne cède pas aux antalgiques habituels ;
  • vous avez aussi des douleurs pendant les rapports, en allant à la selle ou en urinant pendant les règles ;
  • vos cycles sont souvent plus courts que 24 jours ou plus longs que 38 jours, ou varient beaucoup d'un mois à l'autre ;
  • vous saignez entre les règles ou après les rapports ;
  • vos règles sont très abondantes ou vous vous sentez fatiguée et essoufflée ;
  • vous avez un projet de grossesse ou des difficultés à concevoir.

Des douleurs de règles qui reviennent à chaque cycle et s'aggravent peuvent être un signe d'endométriose.

Qu'est-ce qu'un cycle menstruel normal ?

La Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique (FIGO) a défini les repères d'un cycle normal chez la femme en âge de procréer. Ils permettent de savoir si vos règles sortent de la normale.

ParamètreNormalAnormal
Fréquence du cycle24 à 38 joursMoins de 24 jours, plus de 38 jours, ou absence de règles
RégularitéÉcart de 7 à 9 jours au plus entre le cycle le plus court et le plus longÉcart supérieur à ces valeurs
Durée des règles8 jours au plusPlus de 8 jours
AbondanceNe gêne pas la vie quotidienneAbondance qui altère la qualité de vie
Saignements entre les règlesAbsentsPrésents, y compris après les rapports

Le fonctionnement hormonal du cycle est expliqué dans l'article sur le cycle féminin. Les saignements trop abondants ont leur propre article : règles abondantes et saignements entre les règles.

Quelles sont les causes des règles douloureuses ?

La dysménorrhée primaire, sans lésion

C'est la forme la plus fréquente chez les jeunes femmes. Au moment des règles, l'endomètre libère des prostaglandines, qui font contracter l'utérus et provoquent des crampes, parfois des nausées, des diarrhées ou des maux de tête. L'examen et l'échographie sont normaux. Ces douleurs méritent d'être traitées, même sans cause visible.

L'endométriose

Du tissu proche de l'endomètre se développe en dehors de l'utérus : sur le péritoine, les ovaires (kystes appelés endométriomes), les ligaments, parfois l'intestin ou la vessie. Elle provoque des règles très douloureuses, des douleurs profondes pendant les rapports, des douleurs digestives ou urinaires pendant les règles, et parfois une infertilité. Selon les recommandations françaises (CNGOF/HAS), l'examen clinique et l'échographie pelvienne sont les examens de première intention.

L'adénomyose et les fibromes

Dans l'adénomyose, le tissu endométrial s'infiltre dans le muscle de l'utérus. Les fibromes sont des tumeurs bénignes du muscle utérin. Les deux peuvent rendre les règles douloureuses, abondantes ou prolongées.

Les autres causes

  • Les kystes de l'ovaire, le plus souvent fonctionnels et transitoires, qui donnent plutôt une douleur d'un côté ou une pesanteur.
  • Le rétrécissement du col de l'utérus (sténose cervicale), rare, qui gêne l'écoulement des règles, parfois après une chirurgie du col.
  • Une infection génitale ou ses séquelles.

Pour les douleurs qui débordent la période des règles, consultez l'article sur les douleurs pelviennes.

Quels traitements pour soulager les règles douloureuses ?

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) bloquent la production des prostaglandines. Une revue Cochrane confirme qu'ils soulagent plus que le placebo et, probablement, plus que le paracétamol. Ils sont plus efficaces s'ils sont pris dès le début des douleurs. Leur prescription tient compte de vos antécédents (estomac, reins, asthme).
  • Le paracétamol et les antispasmodiques peuvent compléter ou remplacer les AINS lorsqu'ils sont contre-indiqués.
  • La contraception hormonale (pilule, anneau, patch, stérilet hormonal, implant) réduit les douleurs en diminuant l'épaisseur de l'endomètre. Prise en continu, sans pause, elle peut supprimer les règles. Selon les recommandations françaises (CNGOF/HAS), la contraception œstroprogestative ou le stérilet hormonal au lévonorgestrel 52 mg (DIU) sont les traitements hormonaux de première intention des douleurs d'endométriose.
  • La chaleur locale et l'activité physique régulière soulagent certaines femmes.

Si la douleur persiste malgré un traitement bien conduit, des examens de deuxième intention (échographie par un échographiste expert, IRM pelvienne) sont indiqués pour rechercher une endométriose ou une adénomyose. Les doses et le choix des médicaments se discutent en consultation.

Pourquoi les règles sont-elles irrégulières ?

Des cycles irréguliers traduisent le plus souvent une ovulation absente ou espacée. Les causes principales sont :

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : cause fréquente, qui associe des cycles irréguliers, des signes d'excès d'hormones masculines (acné, pilosité) et un aspect particulier des ovaires à l'échographie ; le diagnostic se fait en consultation.
  • Les troubles de la thyroïde (hypo- ou hyperthyroïdie).
  • Un excès de prolactine, parfois dû à un médicament ou à un adénome de l'hypophyse.
  • Un déficit énergétique : perte de poids importante ou rapide, troubles alimentaires, sport intensif, stress important. L'hypothalamus met alors l'ovulation en pause.
  • Plus rarement : syndrome de Cushing, insuffisance ovarienne prématurée, certains traitements comme les corticoïdes au long cours.
  • Les âges de transition : les premières années après la puberté et la périménopause.

Le bilan comprend un test de grossesse, des dosages hormonaux (thyroïde, prolactine, hormones ovariennes et androgènes) et souvent une échographie pelvienne.

Comment traite-t-on des cycles irréguliers ?

Le traitement dépend de la cause et de ce que vous souhaitez : régulariser les règles, traiter l'acné ou la pilosité, ou obtenir une grossesse.

  • Simple surveillance si la gêne est faible et le bilan normal.
  • Traitement de la cause : correction d'un trouble thyroïdien ou d'un excès de prolactine, reprise d'un apport alimentaire suffisant.
  • Mesures d'hygiène de vie dans le SOPK : activité physique et alimentation équilibrée, même sans perte de poids importante, améliorent souvent les cycles.
  • Contraception œstroprogestative ou progestatif pris quelques jours par mois, pour régulariser les règles et protéger l'endomètre lorsque les cycles sont très espacés.
  • Induction de l'ovulation en cas de désir de grossesse, sous surveillance échographique.

En cas de difficulté à concevoir, un bilan d'infertilité du couple est indiqué, plus tôt si les cycles sont très irréguliers.

Quand consulter en urgence ?

Appelez le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences, en cas de :

  • saignement très abondant (une protection remplie en moins d'une heure pendant plusieurs heures), malaise, vertiges ;
  • douleur brutale et intense du bas-ventre, surtout avec un retard de règles ou un test de grossesse positif ;
  • douleur avec fièvre.

Un retard de règles chez une femme qui a des rapports doit d'abord faire réaliser un test de grossesse.

Questions fréquentes

La pilule masque-t-elle l'endométriose ?

La pilule soulage les douleurs de l'endométriose, mais elle ne la guérit pas. Si les douleurs reviennent malgré la pilule ou à son arrêt, il faut en parler à votre gynécologue.

Peut-on être enceinte avec des règles irrégulières ?

Oui. L'ovulation est seulement moins prévisible ou moins fréquente. En cas de projet de grossesse, un bilan permet de vérifier l'ovulation et de proposer un traitement si besoin.

Le stress peut-il dérégler les règles ?

Oui. Un stress important, une perte de poids ou un entraînement sportif intense peuvent bloquer temporairement l'ovulation. Un bilan reste utile pour écarter une autre cause.

À partir de quand des règles douloureuses chez une adolescente doivent-elles faire consulter ?

Dès qu'elles entraînent des absences scolaires, ne sont pas soulagées par les antalgiques habituels ou s'aggravent avec le temps. L'endométriose peut débuter à l'adolescence.

Est-ce normal d'avoir mal pendant les règles ?

Une gêne pendant les règles est fréquente : les prostaglandines libérées par l'endomètre font contracter l'utérus. Une douleur qui oblige à manquer l'école ou le travail, qui ne cède pas aux antalgiques habituels ou qui s'aggrave d'un cycle à l'autre doit en revanche faire consulter.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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