Le fibrome utérin (ou myome) est une tumeur bénigne très fréquente du muscle de l'utérus ; beaucoup ne donnent aucun symptôme et ne nécessitent qu'une surveillance. Un traitement se discute lorsqu'il provoque des règles abondantes, une anémie, des douleurs, une compression ou des difficultés à concevoir. Parmi les traitements médicaux récents, l'association relugolix-estradiol-noréthistérone a permis, dans deux essais randomisés publiés dans le New England Journal of Medicine, de réduire nettement les saignements chez 71 à 73 % des femmes, contre 15 à 19 % sous placebo.
Un fibrome est une boule de tissu musculaire et fibreux qui se développe dans la paroi de l'utérus. Il est bénin : ce n'est pas un cancer et il ne se transforme pas en cancer. Sa croissance dépend des hormones ovariennes (œstrogènes et progestérone) : il peut grossir pendant la vie reproductive et diminue en général après la ménopause.

Les fibromes sont très fréquents chez les femmes de plus de 35 ans. On peut en avoir un seul ou plusieurs, de quelques millimètres à plus de 10 centimètres.
Leur position est décrite par la classification FIGO, de 0 à 8 :
Cette position compte davantage que la taille pour comprendre les symptômes.
Beaucoup de fibromes sont découverts par hasard, lors d'un examen ou d'une échographie de routine. Quand ils donnent des symptômes, ce sont surtout :
| Symptôme | Fibromes le plus souvent en cause |
|---|---|
| Règles abondantes, prolongées, caillots | Sous-muqueux (0 à 2), parfois interstitiels |
| Fatigue, essoufflement liés à une anémie | Conséquence des règles abondantes |
| Saignements entre les règles | Sous-muqueux |
| Pesanteur pelvienne, ventre gonflé | Volumineux, interstitiels ou sous-séreux |
| Envies fréquentes d'uriner | Fibrome antérieur appuyant sur la vessie |
| Constipation, gêne rectale | Fibrome postérieur |
| Douleurs pelviennes, règles douloureuses | Variable ; douleur aiguë en cas de nécrobiose ou de torsion |
| Difficultés à concevoir, fausses couches | Surtout sous-muqueux |
Des saignements ou des douleurs ne doivent pas être attribués d'emblée à un fibrome : d'autres causes (polype, adénomyose, trouble hormonal, anomalie de l'endomètre) peuvent coexister.
L'examen clé est l'échographie pelvienne, par voie abdominale et endovaginale. Elle précise le nombre de fibromes, leur taille et leur type FIGO.
Selon la situation, d'autres examens sont proposés :
Les recommandations du CNGOF publiées en 2023 sur les saignements utérins anormaux détaillent cette stratégie diagnostique et la prise en charge des fibromes selon leur type.
En général, non. Un fibrome asymptomatique, sans retentissement sur la fertilité, relève d'une simple surveillance, clinique et échographique, à un rythme adapté à sa taille et à son évolution.
Quelques situations font discuter un traitement malgré l'absence de gêne :
À l'approche de la ménopause, la surveillance est souvent privilégiée : la chute des hormones entraîne en général une diminution du volume des fibromes et des symptômes.
Les traitements médicaux visent surtout à réduire les saignements. Ils ne font pas disparaître le fibrome, et leur effet cesse en général à l'arrêt.
| Traitement | Effet principal | Points à connaître |
|---|---|---|
| Acide tranexamique | Diminue le volume des règles | Pris uniquement pendant les règles ; contre-indiqué en cas d'antécédent de thrombose |
| Anti-inflammatoires (AINS) | Diminuent saignements et douleurs | Effet modéré |
| Progestatifs, stérilet hormonal (DIU au lévonorgestrel) | Diminuent les saignements | Le DIU est moins adapté si un fibrome déforme la cavité (risque d'expulsion) |
| Agonistes de la GnRH (injections) | Mettent les ovaires au repos, réduisent le volume | Effets de ménopause artificielle ; utilisation de courte durée, souvent avant une chirurgie |
| Relugolix associé à l'estradiol et la noréthistérone (comprimé quotidien) | Réduit fortement les saignements | Le complément hormonal limite bouffées de chaleur et perte osseuse ; ne réduit pas le volume du fibrome |
| Ulipristal acétate | Réduisait saignements et volume | Usage désormais très restreint en raison de rares atteintes graves du foie |
| Fer | Corrige l'anémie | Toujours associé si les réserves sont basses |
Le relugolix en association a été évalué dans les essais LIBERTY 1 et 2 (770 femmes) : 73 % et 71 % des patientes ont eu une diminution des saignements à moins de 80 ml par cycle et d'au moins 50 %, contre 19 % et 15 % sous placebo. La densité osseuse était comparable au placebo. En revanche, le volume du fibrome lui-même n'a pas diminué significativement. Les conditions de prescription et de prise en charge sont à vérifier lors de la consultation.
L'ulipristal acétate a vu son utilisation fortement restreinte par les autorités sanitaires européennes après des cas d'atteinte hépatique grave. Il n'est plus un traitement de première intention.
Une contraception œstroprogestative ou un traitement hormonal de la ménopause ne sont pas contre-indiqués du seul fait d'un fibrome.
Lorsque les symptômes persistent malgré le traitement médical, que ce traitement est mal toléré ou contre-indiqué, ou que le fibrome est trop volumineux, un traitement interventionnel se discute :
Le choix dépend du type FIGO, du nombre et de la taille des fibromes, du souhait de grossesse, de l'âge et des préférences de la patiente (voir myomectomie ou embolisation).
Le fibrome est bénin. Il existe cependant une tumeur maligne rare du muscle utérin, le sarcome utérin, qui peut ressembler à un fibrome à l'échographie. Une croissance rapide, en particulier après la ménopause, un aspect inhabituel à l'IRM ou des saignements après la ménopause doivent conduire à un avis spécialisé. Cette rareté explique les précautions prises avant certaines techniques chirurgicales comme la morcellation.
Consultez rapidement ou appelez le 15 en cas de :
Il ne disparaît pas, mais il diminue souvent après la ménopause, quand les hormones qui le stimulent baissent. Avant la ménopause, il peut rester stable longtemps.
Pas forcément. La décision repose sur les symptômes et le retentissement, plus que sur la taille seule. Une croissance rapide justifie toutefois un avis spécialisé et souvent une IRM.
Les recommandations françaises ne contre-indiquent pas la contraception œstroprogestative en cas de fibrome. Le choix de la contraception se discute en fonction des saignements et des autres antécédents.
Seuls certains fibromes, surtout ceux qui déforment la cavité utérine, réduisent les chances de grossesse. Ce sujet est détaillé dans l'article fibrome, grossesse et fertilité.
Le délai moyen de rendez-vous est d'une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés (Doctolib ou 01 43 79 59 79). En cas de saignements abondants avec malaise, consultez en urgence sans attendre le rendez-vous.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.