L'embolisation d'un fibrome (embolisation des artères utérines, qui obstrue les vaisseaux nourrissant le fibrome) et la myomectomie (retrait chirurgical du fibrome) sont les deux principaux traitements conservateurs des fibromes symptomatiques lorsque l'on souhaite garder son utérus. Dans l'essai randomisé britannique FEMME (254 femmes, New England Journal of Medicine, 2020), la qualité de vie liée aux fibromes à 2 ans était plus élevée après myomectomie (score de 84,6 contre 80,0 sur 100). L'embolisation offre en revanche une récupération plus rapide et moins de transfusions, au prix d'un risque plus élevé de nouvelle intervention : selon Cochrane, si 7 % des femmes opérées ont besoin d'une nouvelle intervention dans les 2 ans, ce taux est estimé entre 15 et 32 % après embolisation.
La myomectomie est une intervention chirurgicale qui retire le ou les fibromes en conservant l'utérus. Elle se fait par hystéroscopie (fibromes dans la cavité), par cœlioscopie ou par laparotomie selon la position et la taille des fibromes. Elle est réalisée par un chirurgien gynécologue, sous anesthésie générale le plus souvent.
L'embolisation des artères utérines est réalisée par un radiologue interventionnel. Sous anesthésie locale et sédation, un fin cathéter est introduit dans l'artère fémorale (au pli de l'aine) ou radiale (au poignet) et guidé jusqu'aux artères utérines. De minuscules particules y sont injectées pour bloquer l'apport de sang aux fibromes, qui se nécrosent et diminuent progressivement de volume. Il n'y a pas d'incision ni de cicatrice sur l'utérus.
L'essai FEMME, mené dans 29 hôpitaux britanniques, est le plus grand essai randomisé comparant directement les deux traitements chez des femmes ayant des fibromes symptomatiques et ne souhaitant pas d'hystérectomie.
Ses principaux résultats à 2 ans :
Cet essai incluait des myomectomies par laparotomie, cœlioscopie et hystéroscopie, ce qui reflète la pratique réelle.
La revue Cochrane de Gupta et coll. (7 essais, 793 femmes) a comparé l'embolisation à la chirurgie (hystérectomie ou myomectomie) :
Une méta-analyse publiée dans l'AJOG en 2024 (6 essais randomisés comparant embolisation et myomectomie) retrouve un risque de réintervention environ trois fois plus faible après myomectomie, sans différence sur les complications graves. Lorsque l'analyse se limite aux essais où le groupe chirurgie ne comprenait que des myomectomies, la qualité de vie est plus élevée après myomectomie. Les auteurs jugent les données sur la grossesse après embolisation très incertaines.
| Critère | Myomectomie | Embolisation des artères utérines |
|---|---|---|
| Qui la réalise | Chirurgien gynécologue | Radiologue interventionnel |
| Anesthésie | Générale le plus souvent | Locale avec sédation |
| Cicatrice | Selon la voie : aucune (hystéroscopie), petites incisions (cœlioscopie), incision abdominale (laparotomie) | Point de ponction à l'aine ou au poignet |
| Hospitalisation | De l'ambulatoire (voie hystéroscopique) à 3 à 5 jours (laparotomie) | Plus courte que pour la chirurgie dans les essais publiés |
| Douleur après | Douleur de cicatrice, décroissante | Douleur pelvienne intense les premières 24 à 48 heures, traitée par antalgiques puissants |
| Reprise des activités | Plus lente (surtout après laparotomie) | Plus rapide |
| Fibrome retiré et analysé | Oui, examen au microscope | Non, le fibrome reste en place et diminue |
| Qualité de vie à 2 ans (FEMME) | Plus élevée | Un peu moins élevée |
| Nouvelle intervention | Moins fréquente | Plus fréquente (15 à 32 % à 2 ans selon Cochrane) |
| Transfusion | Possible, surtout fibromes multiples | Rare |
| Projet de grossesse | Option privilégiée | Données limitées ; non recommandée en première intention |
| Réserve ovarienne | Peu modifiée | Possible diminution, surtout après 45 ans |
C'est le critère le plus déterminant. La revue Cochrane présente l'embolisation comme une alternative sûre et peu invasive à la chirurgie chez les femmes qui ne souhaitent pas de grossesse.
Lorsqu'un projet de grossesse existe, la myomectomie reste en général préférée :
Des grossesses sont possibles après embolisation, mais les données sont peu nombreuses. Dans la revue Cochrane, une analyse limitée à un petit sous-groupe suggérait moins de naissances après embolisation qu'après myomectomie, avec un niveau de preuve très faible ; la méta-analyse de l'AJOG juge elle aussi ces données très incertaines. L'embolisation peut donc être discutée au cas par cas, après une information complète, lorsque la chirurgie est jugée trop risquée.
Elle est moins adaptée, voire déconseillée, en cas de fibrome sous-séreux pédiculé (risque de détachement), de fibrome intracavitaire qui peut être retiré simplement par hystéroscopie, d'infection pelvienne évolutive, ou de doute sur la nature bénigne de la tumeur, puisque le fibrome n'est pas analysé.
Le choix repose sur un bilan précis, avec une IRM pelvienne le plus souvent : nombre, taille, type FIGO et vascularisation des fibromes, présence éventuelle d'une adénomyose associée. Il tient compte :
La revue Cochrane souligne l'importance de la sélection des patientes et de l'information préalable. La décision est partagée entre la patiente, le gynécologue et le radiologue interventionnel, qui réalise l'embolisation.
Après l'un ou l'autre traitement, consultez rapidement ou appelez le 15 en cas de :
Non. Le fibrome diminue progressivement de volume au cours des mois suivants, mais reste en place. C'est la réduction des symptômes qui est recherchée.
Oui, une chirurgie est possible après un échec d'embolisation. C'est l'une des raisons pour lesquelles les taux de réintervention sont plus élevés après embolisation.
Les études ne montrent pas de différence nette sur les complications majeures. L'embolisation entraîne plus de complications mineures, la myomectomie plus de transfusions.
Une ménopause précoce est possible, en particulier après 45 ans, car la procédure peut réduire l'apport sanguin aux ovaires. Ce risque fait partie de l'information préalable.
L'embolisation des artères utérines est un acte reconnu, pris en charge par l'Assurance maladie dans ses indications. Les modalités précises (dépassements éventuels) sont à vérifier auprès de l'équipe qui la réalise. Pour une myomectomie, un devis est remis avant l'intervention.
À titre indicatif : après une embolisation, en général de l'ambulatoire à moins de 3 jours d'hospitalisation, environ 1 semaine d'arrêt et une reprise du sport vers 8 à 10 jours ; après une myomectomie par cœlioscopie, 2 à 3 jours et 2 à 4 semaines d'arrêt ; par laparotomie, 3 à 5 jours et 4 à 6 semaines (6 à 8 pour un métier physique) ; par hystéroscopie, de l'ambulatoire à moins de 3 jours et 2 à 4 jours d'arrêt. Ces repères sont adaptés à votre situation en consultation, et le délai avant une grossesse est discuté lors de la consultation postopératoire.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.