Le suivi après un cancer du sein (surveillance après traitement) repose sur un examen clinique tous les 3 à 6 mois pendant 5 ans, puis une fois par an à vie, et sur une mammographie annuelle. Chez une femme sans symptôme, les scanners et marqueurs sanguins répétés ne sont pas utiles. Le suivi sert aussi à gérer les effets de l'hormonothérapie, à prévenir le lymphœdème et à accompagner la contraception, la grossesse et le retour à une vie normale.
La fin des traitements actifs (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) ouvre une nouvelle étape. Le suivi a plusieurs objectifs :
Il est organisé entre l'équipe d'oncologie, votre gynécologue et votre médecin traitant. Cet article complète notre page de cancérologie gynécologique et notre article général sur le cancer du sein.
| Période | Consultation (examen clinique) | Imagerie |
|---|---|---|
| Années 1 à 5 | Tous les 3 à 6 mois | Mammographie (± échographie) annuelle, la première 1 an après la mammographie initiale et au moins 6 mois après la fin de la radiothérapie |
| Après 5 ans | Une fois par an, à vie | Mammographie annuelle |
Ce calendrier est une base, adaptée à chaque situation. Une IRM mammaire peut être proposée en cas de prédisposition génétique ou de seins difficiles à analyser.
Une revue Cochrane a comparé un suivi intensif (scanners, scintigraphies, prises de sang régulières) à un suivi clinique avec mammographie : le suivi intensif n'allonge pas la survie et n'améliore pas la qualité de vie. Les recommandations françaises (INCa) ne prévoient donc ni imagerie systématique ni dosage sanguin en l'absence de signe d'appel. En revanche, tout symptôme nouveau doit conduire à des examens ciblés.
Continuez à observer et palper vos seins, la cicatrice et les aisselles, y compris après mastectomie ou reconstruction. N'attendez pas la consultation suivante en cas de :
En cas d'essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de jambe gonflée et douloureuse, appelez le 15 : ces signes peuvent évoquer une phlébite ou une embolie pulmonaire, dont le risque est augmenté par certains traitements.
Lorsque la tumeur exprimait des récepteurs hormonaux, une hormonothérapie est prescrite pour 5 ans au moins, parfois 7 à 10 ans. Il est important de ne pas l'interrompre sans en parler à votre oncologue : elle réduit nettement le risque de rechute.
Il augmente le risque de polype et de cancer de l'endomètre chez la femme ménopausée, ainsi que le risque de phlébite. Tout saignement vaginal après la ménopause doit faire consulter rapidement : une échographie pelvienne puis, si besoin, une hystéroscopie avec biopsie sont réalisées. Voir notre article sur les saignements après la ménopause. En l'absence de symptôme, une surveillance clinique au moins annuelle est recommandée, sans échographie systématique.
Ils entraînent une perte osseuse. Une ostéodensitométrie est réalisée au début du traitement puis régulièrement ; un apport suffisant en calcium et vitamine D, l'activité physique et parfois un traitement protecteur de l'os sont proposés. Les douleurs articulaires sont fréquentes et peuvent être soulagées.
Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports : des solutions non hormonales existent. Le traitement hormonal de la ménopause est en revanche contre-indiqué. Voir nos articles sur les bouffées de chaleur sans hormones et la sécheresse vaginale.

Le lymphœdème, ou « gros bras », est un gonflement du bras du côté opéré, lié à l'ablation de ganglions de l'aisselle. Il est beaucoup plus rare après la seule technique du ganglion sentinelle qu'après un curage axillaire, et il peut apparaître des mois ou des années après la chirurgie.
Au moindre gonflement, consultez : une prise en charge précoce par un kinésithérapeute formé (drainage, bandages, manchon de compression) est plus efficace.
Les contraceptions hormonales, œstroprogestatives comme progestatives seules (pilule, implant, anneau, stérilet hormonal), sont contre-indiquées après un cancer du sein. Les méthodes recommandées sont le stérilet au cuivre, le préservatif ou, si vous ne souhaitez plus d'enfant, la stérilisation tubaire. Une contraception reste nécessaire même si les règles se sont arrêtées pendant la chimiothérapie, car l'ovulation peut reprendre, en particulier sous tamoxifène, qui est toxique pour l'embryon.
Une grossesse après un cancer du sein n'augmente pas le risque de récidive selon les données actuelles. On conseille habituellement d'attendre au moins 2 ans après le diagnostic, délai qui varie selon le risque de rechute et les traitements en cours. Pour les femmes sous hormonothérapie, l'essai international POSITIVE a montré qu'une interruption temporaire du traitement après 18 à 30 mois d'hormonothérapie, pour tenter une grossesse, n'augmentait pas le risque de rechute à court terme (3 ans de suivi) ; l'hormonothérapie est ensuite reprise. Ce projet se prépare avec l'oncologue et le gynécologue-obstétricien, qui suivront ensuite la grossesse ensemble.
Le suivi gynécologique peut être assuré au cabinet, en coordination avec l'équipe d'oncologie qui vous suit.
Non, pas en l'absence de symptôme. Le suivi repose sur l'examen clinique et la mammographie annuelle ; les scanners et la scintigraphie sont demandés uniquement en cas de signe d'appel.
Les recommandations ne conseillent pas de dosage systématique pendant le suivi, car il n'améliore pas la survie et peut générer des inquiétudes inutiles.
Non, il est contre-indiqué. Des traitements non hormonaux existent pour les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale.
Toute la vie, mais il s'allège avec le temps : il devient annuel après 5 ans, avec une mammographie chaque année.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.