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Gynécologie

Chlamydia : symptômes, risques et traitement de l'infection génitale

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20276 min de lecture

En bref

La chlamydia est une infection sexuellement transmissible due à la bactérie Chlamydia trachomatis, le plus souvent sans aucun symptôme chez la femme. Non traitée, elle peut remonter vers l'utérus et les trompes et provoquer une salpingite, avec un risque d'infertilité et de grossesse extra-utérine. Un simple autoprélèvement vaginal permet de la dépister, et un antibiotique la guérit, à condition de traiter aussi le ou les partenaires.

Qu'est-ce que l'infection à chlamydia ?

Chlamydia trachomatis est une bactérie qui se transmet lors des rapports sexuels, vaginaux, anaux ou oro-génitaux, avec ou sans pénétration complète. Elle infecte surtout le col de l'utérus (cervicite) et l'urètre. Elle peut aussi toucher l'anus, la gorge et, chez le nouveau-né, les yeux.

Chez la femme, le risque principal est la remontée de l'infection vers l'utérus et les trompes : c'est l'infection génitale haute, qui peut laisser des séquelles. Ces séquelles sont parfois découvertes des années plus tard, lors d'un bilan d'infertilité ou d'une chirurgie gynécologique qui révèle des adhérences ou des trompes abîmées.

Quels sont les symptômes de la chlamydia chez la femme ?

Dans la majorité des cas, l'infection est silencieuse. C'est ce qui la rend dangereuse : elle peut persister des mois sans être soignée. Lorsqu'il y a des signes, ils sont souvent discrets :

  • pertes vaginales plus abondantes ou jaunâtres ;
  • petits saignements entre les règles ou après les rapports ;
  • brûlures en urinant, envies fréquentes, qui peuvent faire croire à une cystite ;
  • douleurs pendant les rapports ;
  • douleurs du bas-ventre et fièvre, si l'infection a atteint l'utérus et les trompes.

Une infection de l'anus ou de la gorge passe presque toujours inaperçue. Elle est recherchée selon les pratiques sexuelles, d'où l'importance d'en parler simplement avec le médecin.

Chez l'homme, l'infection peut provoquer un écoulement ou des brûlures urinaires, mais elle est elle aussi souvent sans symptôme.

Quels sont les risques si elle n'est pas traitée ?

SituationRisque
Infection génitale hauteSalpingite, endométrite, abcès de la trompe ou de l'ovaire
Séquelles des trompesInfertilité tubaire, grossesse extra-utérine, douleurs pelviennes chroniques
Pendant la grossesseAssociation rapportée avec la rupture prématurée des membranes et l'accouchement prématuré
Pour le nouveau-néTransmission lors de l'accouchement : conjonctivite, plus rarement pneumopathie
Autres ISTUne IST en cache souvent une autre ; l'inflammation facilite la transmission du VIH

Ces complications sont évitables par un dépistage et un traitement précoces. Le risque de séquelles augmente avec la durée de l'infection et le nombre d'épisodes : chaque réinfection compte. C'est pourquoi le traitement du partenaire et le test de contrôle à quelques mois sont aussi importants que l'antibiotique lui-même.

Qui doit se faire dépister et comment ?

En France, la Haute Autorité de santé recommande un dépistage systématique des femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, à renouveler chaque année en cas de rapports non protégés avec un nouveau partenaire. Un dépistage est aussi proposé, quel que soit l'âge, en cas de facteur de risque : plusieurs partenaires dans l'année, nouveau partenaire, antécédent d'IST, partenaire infecté.

Le test recherche l'ADN de la bactérie par une technique d'amplification (PCR) :

  • chez la femme, par un autoprélèvement vaginal, aussi fiable qu'un prélèvement fait par le médecin, ou un prélèvement du col lors d'un examen ;
  • chez l'homme, sur un premier jet d'urine.

La recherche du gonocoque est faite sur le même prélèvement. Un dépistage du VIH, de la syphilis et de l'hépatite B est proposé en même temps. Un prélèvement est aussi recommandé avant la pose d'un stérilet (DIU), avant une IVG et avant une hystérosalpingographie.

Le dépistage peut être réalisé au cabinet, en laboratoire sur ordonnance, ou gratuitement dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD).

Comment soigne-t-on la chlamydia ?

L'infection non compliquée se traite par un antibiotique par voie orale. La doxycycline pendant 7 jours est le traitement de première intention des recommandations américaines du CDC (2021), qui la jugent plus efficace que l'azithromycine en dose unique, en particulier en cas d'atteinte de l'anus. L'azithromycine reste une alternative, notamment pendant la grossesse, où la doxycycline est déconseillée. Le médecin choisit le traitement selon votre situation.

Une infection génitale haute (salpingite) relève d'un traitement différent, plus long, associant plusieurs antibiotiques.

Les règles à respecter

  • Traiter le ou les partenaires des 60 derniers jours, même sans symptôme, pour éviter le « ping-pong » de réinfections.
  • Éviter les rapports sexuels jusqu'à la fin des 7 jours de traitement (ou pendant 7 jours après une dose unique) et jusqu'à ce que le ou les partenaires aient été traités.
  • Prendre le traitement en entier, même si les symptômes disparaissent.
  • Refaire un test 3 à 6 mois plus tard, car les réinfections sont fréquentes. Pendant la grossesse, un test de contrôle est fait environ 4 semaines après le traitement.

Chlamydia et grossesse : que faut-il savoir ?

Une infection à chlamydia découverte pendant la grossesse se traite sans délai, avec un antibiotique compatible avec la grossesse. Le partenaire doit aussi être traité. Un test de contrôle est réalisé après le traitement pour vérifier la guérison, puis, en cas de risque persistant, refait au troisième trimestre.

Le traitement protège le bébé d'une contamination lors de l'accouchement. Il ne justifie pas de césarienne. Si vous avez un projet de grossesse et des facteurs de risque d'IST, un dépistage avant la conception est utile, d'autant qu'une infection ancienne passée inaperçue peut gêner la survenue d'une grossesse.

En cas de difficulté à concevoir, le bilan recherche une atteinte des trompes, notamment par une hystérosalpingographie. Un antécédent de chlamydia est alors une information importante à signaler au médecin.

Comment se protéger ?

  • Le préservatif, masculin ou interne, à chaque rapport avec un nouveau partenaire, jusqu'à un dépistage des deux partenaires.
  • Le dépistage régulier, surtout avant 25 ans.
  • L'information du partenaire en cas de diagnostic : c'est une démarche de santé, pas un reproche.

Une infection à chlamydia ne protège pas contre une nouvelle infection : on peut l'attraper plusieurs fois.

Le diagnostic d'une IST peut être difficile à vivre et à annoncer. Le Numéro vert IVG, sexualité, contraception (0 800 08 11 11) répond anonymement et gratuitement aux questions sur la sexualité et les IST.

Quand consulter rapidement ?

  • Pertes inhabituelles, saignements après les rapports ou brûlures urinaires persistantes.
  • Rapport non protégé avec un nouveau partenaire ou un partenaire infecté.
  • Diagnostic d'IST chez votre partenaire.
  • Douleurs du bas-ventre, surtout avec fièvre : consultez le jour même. En cas de douleur intense, de malaise ou de fièvre élevée, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Pour d'autres causes de pertes anormales, lisez notre article sur les pertes vaginales.

Questions fréquentes

Peut-on avoir la chlamydia sans le savoir ?

Oui, c'est même le cas le plus fréquent chez la femme comme chez l'homme. Seul un test de dépistage permet de le savoir.

La chlamydia rend-elle stérile ?

Pas systématiquement. Le risque vient de la remontée de l'infection vers les trompes, surtout si elle est ancienne ou répétée. Un traitement précoce limite fortement ce risque.

Le dépistage est-il remboursé ?

Il est pris en charge sur prescription et gratuit dans les CeGIDD et certains centres de santé sexuelle. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou du laboratoire.

Peut-on attraper la chlamydia autrement que par les rapports sexuels ?

Non, chez l'adulte la transmission se fait par contact sexuel, y compris oro-génital ou anal. Les toilettes, la piscine ou le linge ne transmettent pas la bactérie.

Mon partenaire doit-il consulter même s'il n'a pas de symptôme ?

Oui. Sans traitement du partenaire, le risque de réinfection est élevé, même après un traitement bien pris.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.