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Chirurgie et examens

Cœlioscopie gynécologique : indications, déroulement et suites

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20278 min de lecture

En bref

La cœlioscopie (laparoscopie) est une technique chirurgicale qui permet d'opérer dans le ventre par quelques petites incisions, à l'aide d'une caméra et d'instruments fins, sous anesthésie générale. En gynécologie, elle sert à diagnostiquer et traiter un kyste de l'ovaire, une endométriose, une grossesse extra-utérine, des fibromes ou à réaliser une hystérectomie. Par rapport au ventre ouvert (laparotomie), elle réduit la douleur et permet une reprise plus rapide des activités (revue Cochrane 2023) ; le séjour va en général de l'ambulatoire à quelques jours selon le geste.

Qu'est-ce qu'une cœlioscopie ?

La cœlioscopie est une voie d'abord chirurgicale dite mini-invasive. Au lieu d'ouvrir le ventre (laparotomie), le chirurgien introduit une caméra par l'ombilic et des instruments fins par d'autres petites incisions. Il opère en regardant un écran qui agrandit les organes.

Elle permet à la fois de faire un diagnostic, quand l'examen et l'imagerie n'ont pas suffi, et de traiter dans le même temps de nombreuses affections de l'utérus, des trompes, des ovaires et du péritoine. Elle est l'une des voies d'abord présentées sur la page Chirurgie gynécologique.

Dans quels cas la cœlioscopie est-elle proposée ?

ObjectifExemples
DiagnosticDouleurs pelviennes inexpliquées ; suspicion d'infection pelvienne ; masse pelvienne à préciser ; bilan d'infertilité (perméabilité des trompes, adhérences) ; confirmation d'une endométriose quand le bilan préalable est négatif
Traitement des ovaires et des trompesKyste de l'ovaire (kystectomie), torsion d'annexe, grossesse extra-utérine, stérilisation tubaire, chirurgie réparatrice des trompes
Traitement de l'utérusMyomectomie (ablation de fibromes), hystérectomie, promontofixation pour prolapsus
Endométriose et adhérencesExérèse ou destruction des lésions, libération des adhérences
CancérologieCertaines interventions pour cancers de l'endomètre ou de l'ovaire, selon des protocoles spécialisés

Selon les recommandations françaises du CNGOF et de la HAS sur l'endométriose, la cœlioscopie diagnostique est utile chez une patiente symptomatique ou infertile lorsque le bilan préalable est négatif, avec des biopsies pour confirmer les lésions.

Comment se préparer à une cœlioscopie ?

  • Consultation chirurgicale : explication du geste prévu, des alternatives et des risques, et consentement.
  • Consultation d'anesthésie, obligatoire, avant l'intervention. Signalez les problèmes respiratoires ou cardiaques : le gaz insufflé dans le ventre peut être moins bien toléré dans ces situations.
  • Traitements : signalez anticoagulants, antiagrégants et contraception ; des adaptations peuvent être nécessaires.
  • Jeûne selon les consignes de l'anesthésiste.
  • Douche la veille ou le matin selon le protocole de l'établissement, en insistant sur l'ombilic.
  • Tabac : l'arrêt est conseillé pour limiter les complications.
  • Organisation : l’intervention a lieu à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine), le plus souvent sous anesthésie générale ; les modalités d’admission (ambulatoire ou hospitalisation courte selon le geste) vous sont précisées lors de la consultation.

Comment se déroule l'intervention ?

Cœlioscopie : installation — Position de l'opérateur, des aides, de l'anesthésiste et de l'écran ; points d'entrée des trocarts (1 à 4).
Chirurgie gynécologiqueCœlioscopie : installationPosition de l'opérateur, des aides, de l'anesthésiste et de l'écran ; points d'entrée des trocarts (1 à 4).Illustration : Guillaume Blanchet · © Dr Olivier Kadoch
  1. Anesthésie générale, en position allongée.
  2. Création de l'espace de travail : le ventre est gonflé avec du gaz carbonique (pneumopéritoine), le plus souvent par l'ombilic, pour soulever la paroi.
  3. Mise en place des trocarts : un trocart d'environ 10 mm à l'ombilic pour la caméra, puis un à trois trocarts d'environ 5 mm dans le bas du ventre pour les instruments.
  4. Exploration et geste opératoire sous contrôle de l'écran.
  5. Fin de l'intervention : évacuation du gaz, retrait des instruments et fermeture des petites incisions par des points ou des colles.

La durée dépend du geste réalisé ; elle vous est précisée lors de la consultation. Une revue Cochrane sur les techniques d'entrée en cœlioscopie montre que les complications graves liées à l'introduction des instruments sont rares, quelle que soit la technique utilisée.

Quelles sont les suites opératoires ?

  • Hospitalisation : à titre indicatif, de l'ambulatoire à plusieurs jours selon le geste (ambulatoire à 2 jours pour un geste sur l'ovaire ou la trompe, 2 à 3 jours pour une myomectomie, 2 à 4 jours pour une hystérectomie, 1 à 7 jours pour une chirurgie de l'endométriose selon l'atteinte).
  • Douleurs : en général modérées, au niveau des cicatrices et du ventre. Des douleurs des épaules sont fréquentes : dues au gaz résiduel qui irrite le diaphragme, elles disparaissent spontanément en quelques jours.
  • Soins des cicatrices : douche possible dès le lendemain ; bain et piscine déconseillés en général 2 semaines après un geste sur l'ovaire ou la trompe, 3 à 4 semaines après une chirurgie de l'endométriose et 4 semaines après une myomectomie ou une hystérectomie (les consignes adaptées à votre situation vous sont remises par écrit avant l’intervention).
  • Arrêt de travail, sport et rapports : à titre indicatif, arrêt de 7 à 21 jours selon le métier après une chirurgie de l'ovaire ou de la trompe, 2 à 4 semaines après une myomectomie, 2 à 6 semaines après une chirurgie de l'endométriose selon son étendue, environ 1 mois après une hystérectomie ; sport après environ 3 semaines pour un geste sur l'ovaire, 1 à 3 semaines après une myomectomie, après la consultation post-opératoire pour une chirurgie de l'endométriose, sans port de charges lourdes pendant 6 semaines après une hystérectomie ; rapports selon la douleur après un geste sur l'ovaire, après 1 à 2 semaines pour une myomectomie, 3 à 4 semaines pour une endométriose et 4 à 8 semaines pour une hystérectomie. Ces repères sont adaptés à chaque patiente en consultation.
  • Consultation de contrôle : en général 4 à 6 semaines après l’intervention (plus tôt si besoin), avec les résultats d'analyse des tissus prélevés.

Le réveil et les premières heures

Vous vous réveillez en salle de surveillance post-interventionnelle, où l'on contrôle votre tension, votre douleur et vos saignements. Une perfusion est en place quelques heures ; une sonde urinaire est parfois posée pendant l'intervention et retirée rapidement. On vous propose de boire puis de manger dès que possible, et de vous lever le jour même avec aide. Des nausées sont possibles après l'anesthésie et se traitent. Pour une sortie en ambulatoire, une personne doit vous raccompagner et rester avec vous la première nuit ; vous ne devez pas conduire ce jour-là.

Avant votre sortie, l'équipe vous remet vos ordonnances (antalgiques, éventuels anticoagulants), les consignes écrites et un numéro à joindre en cas de problème. Le résultat de l'analyse des tissus prélevés n'est pas disponible le jour même : il vous est communiqué lors de la consultation de contrôle.

Une revue Cochrane de 2023 montre, pour l'hystérectomie, une reprise des activités plus rapide par cœlioscopie que par laparotomie.

Quels sont les risques de la cœlioscopie ?

Toute chirurgie comporte des risques, qui vous sont expliqués en fonction du geste prévu.

Risques liés au gaz (pneumopéritoine)

  • passage de gaz carbonique dans le sang, surveillé en continu par l'anesthésiste ;
  • gêne respiratoire ou cardiaque, surtout en cas d'asthme, de bronchite chronique, d'obésité ou de maladie du cœur ;
  • embolie gazeuse, rare mais grave.

Risques liés aux trocarts et aux instruments

  • blessure de l'intestin, d'un vaisseau, de la vessie ou d'un uretère, rare, qui peut nécessiter une réparation immédiate ou une réintervention ;
  • conversion en laparotomie en cas de difficulté ou de complication ;
  • brûlure liée au bistouri électrique, rare ;
  • hématome ou infection d'une cicatrice ; plus rarement, hernie sur l'orifice d'un trocart.

Risques généraux

  • liés à l'anesthésie générale ;
  • phlébite et embolie pulmonaire, prévenues par le lever précoce et parfois un anticoagulant ;
  • risques propres au geste réalisé (par exemple, baisse de la réserve ovarienne après une kystectomie).

Cœlioscopie ou laparotomie : quelle différence ?

CœlioscopieLaparotomie
IncisionsQuelques incisions de 5 à 10 mmIncision de plusieurs centimètres
Douleur après l'opérationHabituellement moindrePlus importante
RécupérationPlus rapidePlus longue
Indications privilégiéesLa majorité des interventions gynécologiquesMasses très volumineuses, adhérences étendues, certaines urgences ou certains cancers

La cœlioscopie n'est pas toujours possible : le choix dépend de votre état de santé, de vos antécédents opératoires et de la lésion à traiter.

Quand consulter en urgence après une cœlioscopie ?

Contactez sans attendre le chirurgien ou le service de garde, de jour comme de nuit, en cas de :

  • douleurs du ventre importantes ou qui augmentent au lieu de diminuer, surtout après 24 à 48 heures ;
  • fièvre ou frissons ;
  • vomissements persistants, ventre très gonflé, arrêt des gaz ;
  • saignement abondant par le vagin ou une cicatrice ;
  • cicatrice rouge, chaude, douloureuse ou qui suinte ;
  • douleur ou gonflement d'un mollet.

En cas d'essoufflement, de douleur dans la poitrine ou de malaise, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je mal aux épaules après une cœlioscopie ?

Le gaz utilisé pour gonfler le ventre irrite le diaphragme, et cette douleur est ressentie dans les épaules. Elle est fréquente et disparaît en général en quelques jours.

Les cicatrices se voient-elles ?

Elles sont petites, l'une souvent cachée dans l'ombilic, les autres dans le bas du ventre. Elles s'estompent généralement avec le temps.

Peut-on sortir le jour même ?

Oui pour de nombreux gestes, comme une kystectomie simple ou une cœlioscopie diagnostique, en ambulatoire. Les interventions plus longues nécessitent une hospitalisation courte.

La cœlioscopie diminue-t-elle la fertilité ?

La technique elle-même ne diminue pas la fertilité. Certains gestes, comme l'ablation de kystes de l'ovaire, peuvent réduire la réserve ovarienne : ce point est discuté avant l'intervention si vous avez un projet de grossesse. Le délai avant une grossesse est discuté lors de la consultation post-opératoire.

Combien de temps dure la convalescence après une cœlioscopie ?

Elle dépend du geste réalisé. À titre indicatif, l'arrêt de travail va de 7 à 21 jours selon le métier après une chirurgie de l'ovaire ou de la trompe, de 2 à 4 semaines après une myomectomie et d'environ 1 mois après une hystérectomie. Les consignes adaptées à votre situation vous sont données en consultation.

Combien coûte une cœlioscopie ?

Le coût dépend de l'intervention réalisée. Les honoraires font l'objet d'un devis préalable, remis avant l'intervention.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.