Le vaccin HPV, contre les papillomavirus humains, est recommandé en France pour toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans, en 2 doses espacées de 5 à 13 mois, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans révolus. Faite avant le début de la vie sexuelle, elle réduit très fortement le risque de lésions précancéreuses et de cancer du col de l’utérus. Elle ne remplace pas le dépistage, qui reste nécessaire à partir de 25 ans.
La vaccination contre les papillomavirus est un outil central de prévention en cancérologie gynécologique. Les papillomavirus humains (HPV) sont des virus très fréquents, transmis par contact intime, avec ou sans pénétration. La plupart des personnes sexuellement actives seront infectées au moins une fois. Dans la majorité des cas, le corps élimine le virus spontanément en quelques mois, sans aucun symptôme.
Lorsque certains HPV dits « à haut risque » persistent, ils peuvent provoquer des anomalies des cellules du col de l’utérus, puis, en l’absence de prise en charge et sur plusieurs années, un cancer. L’infection persistante par un HPV à haut risque est la cause de presque tous les cancers du col. Ces virus sont aussi en cause dans certains cancers de la vulve, du vagin, de l’anus, du pénis et de la gorge. D’autres types (6 et 11) provoquent les verrues génitales, appelées condylomes.
Le vaccin agit en amont : il empêche l’infection par les types qu’il contient. C’est l’un des piliers de la prévention, avec le dépistage régulier.
En France, la vaccination est recommandée pour toutes les filles et tous les garçons depuis 2021 (garçons) et proposée gratuitement au collège, en classe de 5e, depuis la rentrée 2023. Le vaccin utilisé pour toute nouvelle vaccination est le vaccin nonavalent (Gardasil 9), qui protège contre 9 types d’HPV : 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58.
| Situation | Âge | Schéma habituel |
|---|---|---|
| Vaccination recommandée | 11 à 14 ans révolus | 2 doses espacées de 5 à 13 mois |
| Rattrapage | 15 à 26 ans révolus, femmes et hommes (élargi par la HAS en 2025) | 3 doses (M0, M2, M6) |
| Immunodépression, avant ou après greffe | Selon avis spécialisé | Schéma adapté |
L’âge de 11 à 14 ans n’a rien à voir avec un début supposé de la vie sexuelle. À cet âge, la réponse immunitaire est la plus forte, et deux doses suffisent. Surtout, la protection est maximale quand le vaccin est fait avant tout contact avec le virus.
Les anciennes recommandations (vaccination des jeunes filles de 14 à 23 ans avec le vaccin quadrivalent) ne sont plus d’actualité. Si un schéma a été commencé avec un autre vaccin, votre médecin vous indiquera comment le compléter.
Oui, et les données sont aujourd’hui très solides :
L’efficacité dépend donc surtout de l’âge à la vaccination. Chez une femme déjà exposée au virus, le vaccin ne traite pas une infection en cours, mais il peut protéger contre les types non encore rencontrés.
Le vaccin est utilisé depuis 2006 dans de nombreux pays. La surveillance internationale et les essais n’ont pas mis en évidence de risque grave lié au vaccin. Les effets indésirables les plus fréquents sont bénins et transitoires :
Les seules contre-indications sont une allergie grave à une dose précédente ou à un composant du vaccin. Par prudence, la vaccination n’est pas faite pendant une grossesse ; si une grossesse débute en cours de schéma, les doses restantes sont reportées après l’accouchement.
Oui. Même le vaccin nonavalent ne couvre pas tous les HPV à haut risque, et de nombreuses femmes ont été vaccinées tardivement ou partiellement. Le dépistage reste donc recommandé de la même façon chez les femmes vaccinées et non vaccinées :
Pour comprendre l’examen, voyez notre article sur le frottis cervico-vaginal. Le préservatif protège contre de nombreuses infections sexuellement transmissibles, mais ne protège qu’en partie contre le HPV, car le virus est présent sur la peau autour des organes génitaux.
Le vaccin n’est pas un traitement : il ne fait pas disparaître une lésion déjà présente ni une infection en cours. Après le traitement d’une lésion précancéreuse (par exemple une conisation), l’intérêt de la vaccination pour limiter le risque de récidive se discute au cas par cas, selon votre âge et votre statut vaccinal.
Au cabinet, la vaccination peut être faite lors d’une consultation.
Oui. Depuis 2021, la vaccination est recommandée pour les garçons comme pour les filles, de 11 à 14 ans. Elle les protège contre des cancers de l’anus, du pénis et de la gorge, et contre les condylomes, et elle réduit la circulation du virus.
Oui, dans les limites d’âge du rattrapage. Le bénéfice est un peu plus faible qu’avant tout rapport, mais le vaccin protège contre les types de virus que vous n’avez pas encore rencontrés.
Oui, jusqu’à 26 ans révolus, pour les femmes comme pour les hommes, quelle que soit l’orientation sexuelle : c’est le rattrapage élargi par la HAS en 2025. À partir de 15 ans, le schéma comporte 3 doses (M0, M2, M6).
Les suivis de long terme n’ont pas montré de baisse notable de la protection. Aucun rappel n’est recommandé à ce jour.
Non. Aucune étude n’a montré d’effet du vaccin sur la fertilité. En prévenant les lésions du col, il évite au contraire des traitements comme la conisation, qui augmentent un peu le risque d’accouchement prématuré.
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