En France, un dépistage de la trisomie 21 est proposé à toutes les femmes enceintes, quel que soit leur âge. Il combine l'âge, la mesure de la clarté nucale à l'échographie entre 11 et 13 SA + 6 jours et une prise de sang, puis, selon le risque calculé, un test ADN libre circulant (DPNI, dépistage prénatal non invasif) ou un prélèvement qui seul confirme le diagnostic. Le risque augmente avec l'âge maternel, mais la plupart des bébés naissent sans anomalie chromosomique, même après 40 ans.
La trisomie 21, ou syndrome de Down, est due à la présence d'un chromosome 21 en trop dans les cellules. Elle résulte le plus souvent d'une erreur de répartition des chromosomes lors de la formation de l'ovule, au hasard. Elle entraîne une déficience intellectuelle d'intensité variable et peut s'accompagner de malformations, notamment cardiaques ou digestives.
La trisomie 21 ne provoque aucun symptôme chez la mère pendant la grossesse. Elle ne peut être suspectée que par le dépistage et l'échographie, et confirmée que par l'analyse des chromosomes du bébé. Le dépistage fait partie du suivi prénatal proposé avant votre accouchement à Paris, au même titre que les autres examens du diagnostic prénatal.
L'âge maternel est le principal facteur de risque connu. Le tableau donne une estimation du risque d'avoir un enfant porteur de trisomie 21 à la naissance, en l'absence de dépistage, d'après le modèle de Morris et coll. établi sur le registre national d'Angleterre et du pays de Galles.
| Âge de la mère à l'accouchement | Risque estimé à la naissance |
|---|---|
| 20 ans | environ 1 sur 1 500 |
| 25 ans | environ 1 sur 1 340 |
| 30 ans | environ 1 sur 940 |
| 32 ans | environ 1 sur 700 |
| 35 ans | environ 1 sur 350 |
| 38 ans | environ 1 sur 150 |
| 40 ans | environ 1 sur 85 |
| 42 ans | environ 1 sur 55 |
| 45 ans | environ 1 sur 35 |
Ces chiffres sont des moyennes de population, pas une prédiction individuelle. Ils montrent aussi que, même à 40 ans, plus de 98 % des bébés n'ont pas de trisomie 21. Comme la majorité des naissances concerne des femmes de moins de 35 ans, une bonne part des bébés porteurs de trisomie 21 naissent de mères jeunes. C'est pourquoi le dépistage est proposé à toutes, et non selon l'âge seul.
En dehors de l'âge, le risque est plus élevé après une grossesse précédente avec trisomie 21, et lorsque l'un des parents porte un remaniement chromosomique particulier (translocation équilibrée), découvert en général par un caryotype. Dans ces situations, une consultation de génétique est proposée, idéalement avant la grossesse. L'âge du père a, en revanche, un effet faible sur ce risque. Aucun comportement de la mère pendant la grossesse ne provoque une trisomie 21 : elle est présente dès la conception.
Le dépistage est proposé à toute femme enceinte. Il n'est pas obligatoire : vous recevez une information, puis vous donnez votre consentement écrit si vous souhaitez le réaliser.
Si l'échographie du 1er trimestre n'a pas pu être faite à temps, un dépistage par marqueurs sériques du 2e trimestre est possible entre 14 SA et 17 SA + 6 jours, avec une performance moindre.
Le résultat est un risque, par exemple « 1 sur 2 500 ». Il ne dit pas si le bébé est atteint ou non. Le résultat vous est transmis par Doctolib ou par courrier, ou par appel téléphonique s'il est urgent.
La HAS a défini en 2017 la place du test ADN libre circulant dans la stratégie française, rappelée dans sa recommandation de 2024. La conduite dépend du risque calculé :
| Risque combiné | Ce qui est proposé |
|---|---|
| Inférieur à 1 sur 1 000 | Pas d'examen supplémentaire ; poursuite du suivi habituel |
| Entre 1 sur 1 000 et 1 sur 51 | Test ADN libre circulant dans le sang maternel (DPNI) |
| 1 sur 50 ou plus | Prélèvement pour caryotype fœtal d'emblée ; un DPNI peut aussi être discuté |
| Clarté nucale de 3,5 mm ou plus, ou anomalie à l'échographie | Avis spécialisé et prélèvement pour analyse des chromosomes, quel que soit le risque calculé |
Ces examens complémentaires sont pris en charge par l'Assurance maladie lorsqu'ils sont indiqués.

Une simple prise de sang de la mère permet d'analyser des fragments d'ADN provenant du placenta. C'est un test de dépistage très performant : selon une méta-analyse de 35 études, il détecte environ 99,7 % des trisomies 21 avec environ 0,04 % de faux positifs. Il ne fait courir aucun risque à la grossesse. Mais un résultat positif doit toujours être confirmé par un prélèvement, car l'ADN analysé vient du placenta et non directement du bébé. Il arrive aussi qu'aucun résultat ne puisse être rendu ; un second prélèvement ou un autre examen est alors proposé. En septembre 2024, la HAS a recommandé que ce test puisse aussi repérer d'autres anomalies chromosomiques que la trisomie 21, notamment les trisomies 13 et 18, certaines trisomies plus rares et certaines anomalies touchant un grand segment de chromosome. Elle a aussi recommandé de le proposer aux femmes ayant un risque accru d'une autre anomalie chromosomique, par exemple après une grossesse précédente atteinte. Les anomalies des chromosomes sexuels n'entrent pas dans ce champ. Les modalités d'information et de consentement sont fixées par l'Agence de la biomédecine.
Ces examens établissent le caryotype du bébé et donnent un diagnostic de certitude. Ils comportent un faible risque de fausse couche, qui vous est expliqué avant le geste. Si vous êtes rhésus négatif, une injection d'immunoglobulines anti-D est réalisée dans les 72 heures après le prélèvement (voir le test de Kleihauer et la prévention anti-D).
Après une amniocentèse ou une choriocentèse, une légère gêne du bas-ventre est fréquente. Consultez en urgence à la maternité si vous présentez dans les jours suivants :
Plus largement, à tout moment de la grossesse, des saignements abondants, une douleur intense du ventre, de la fièvre, une perte de liquide ou une diminution des mouvements du bébé justifient de vous rendre aux urgences de la maternité. En cas de malaise grave, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
L'annonce se fait lors d'une consultation dédiée. Le dossier est présenté à un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN), qui réunit obstétriciens, pédiatres, généticiens et psychologues. Vous recevez une information complète sur la trisomie 21, l'accompagnement possible de l'enfant et les associations de familles.
Deux choix sont possibles et appartiennent au couple, ou à la femme : poursuivre la grossesse avec un suivi adapté et une préparation de l'accueil de l'enfant, ou demander une interruption médicale de grossesse, autorisée par la loi dans ce cas. Ce sujet est détaillé dans notre article sur l'interruption médicale de grossesse. Quelle que soit votre décision, l'équipe vous accompagne sans jugement.
Non. Il est systématiquement proposé, avec une information claire, mais vous êtes libre de l'accepter ou de le refuser. Votre consentement écrit est recueilli avant les examens.
Non. Il rend très peu probable une trisomie 21, 18 ou 13, mais il ne recherche pas toutes les anomalies chromosomiques ni les malformations. Les échographies du 2e et du 3e trimestre restent indispensables.
Non, l'âge seul n'est plus une indication d'amniocentèse en France. Le dépistage combiné, éventuellement complété d'un test ADN libre circulant, permet d'éviter de nombreux prélèvements inutiles.
Oui, un dépistage adapté existe, avec mesure de la clarté nucale de chaque bébé. Le test ADN libre circulant peut aussi être proposé, avec des performances un peu moins bien établies que pour une grossesse unique.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.