L'ostéoporose après la ménopause (ostéoporose post-ménopausique) touche près d'une femme sur trois : la chute des œstrogènes entraîne une perte osseuse rapide, maximale dans les premières années suivant la ménopause. L'ostéodensitométrie (DXA) est l'examen principal pour évaluer le risque ; elle est remboursée chez la femme ménopausée qui présente certains facteurs de risque. Selon les recommandations 2021 du CNGOF et du GEMVi, le traitement hormonal de la ménopause prévient cette perte osseuse et réduit le risque de fracture de 20 à 40 %, tandis qu'une activité physique combinant impacts et renforcement musculaire aide à préserver la densité osseuse.
L'os est un tissu vivant, renouvelé en permanence. Les œstrogènes freinent sa destruction. À la ménopause, leur effondrement déséquilibre ce renouvellement : l'os se détruit plus vite qu'il ne se reconstruit.
Selon les recommandations du CNGOF et du GEMVi, cette perte osseuse est maximale dans les premières années qui suivent la ménopause. Elle diminue la densité minérale osseuse et altère la microarchitecture de l'os, qui devient plus fragile.
L'ostéoporose ne fait pas mal tant qu'il n'y a pas de fracture. Elle est souvent découverte à l'occasion d'une fracture survenue après un traumatisme minime, comme une chute de sa hauteur : poignet, vertèbre, col du fémur. Les fractures vertébrales peuvent passer inaperçues et se manifester seulement par une perte de taille ou un dos qui s'arrondit.
Le risque dépend de la densité osseuse, mais aussi de facteurs cliniques :
L'ostéodensitométrie (ou densitométrie osseuse, DXA) mesure la densité minérale osseuse au niveau de la colonne lombaire et de la hanche. C'est un examen rapide, indolore, peu irradiant, réalisé allongée, sans injection.
Le résultat est exprimé sous forme de T-score, qui compare la densité osseuse à celle d'une femme adulte jeune :
| T-score | Interprétation |
|---|---|
| Supérieur à –1 | Densité osseuse normale |
| Entre –1 et –2,5 | Ostéopénie (densité diminuée) |
| Inférieur ou égal à –2,5 | Ostéoporose |
Selon l'Assurance maladie (ameli.fr), une première ostéodensitométrie est prise en charge, sur prescription :
Un second examen est pris en charge dans certaines situations, notamment à l'arrêt d'un traitement contre l'ostéoporose, ou 3 à 5 ans après un premier examen normal si de nouveaux facteurs de risque sont apparus.
Selon le CNGOF et le GEMVi, l'ostéodensitométrie peut être proposée au cas par cas en début de ménopause, lorsque son résultat est susceptible de modifier la prise en charge, notamment la décision de débuter un traitement hormonal.
L'indication de l'ostéodensitométrie est discutée lors de la consultation au cabinet ; l'examen est réalisé dans un centre d'imagerie.
Le FRAX est un outil en ligne qui estime la probabilité de fracture à dix ans à partir de l'âge, du poids, des antécédents et, si elle est connue, de la densité osseuse. Il est utilisé pour aider à décider d'un traitement chez certaines femmes plus âgées.
En revanche, les recommandations du CNGOF et du GEMVi soulignent qu'en début de ménopause, les facteurs de risque cliniques, seuls ou combinés dans le FRAX, ne permettent pas de prédire de façon fiable les fractures ni l'ostéoporose. Chez une femme récemment ménopausée, la mesure de la densité osseuse reste l'examen à privilégier.
Les recommandations françaises de 2021 indiquent que les exercices combinant des activités en charge avec impacts (marche rapide, montée d'escaliers, sauts adaptés, danse) et du renforcement musculaire sont les plus efficaces pour maintenir ou améliorer la densité osseuse et prévenir les fractures. L'effet apparaît après au moins 12 semaines de pratique et ne se maintient que si l'activité est poursuivie. Réduire le temps passé assise est bénéfique, quel que soit le niveau d'activité.
L'activité physique améliore aussi l'équilibre et la force musculaire, ce qui réduit le risque de chute.
Selon la HAS, il faut d'abord corriger une éventuelle carence en calcium ou en vitamine D, par l'alimentation et, si besoin, par une supplémentation. Les produits laitiers, certaines eaux minérales riches en calcium, les légumes verts et les fruits à coque contribuent aux apports en calcium. La vitamine D est produite par la peau exposée au soleil ; une supplémentation est souvent proposée, en particulier en hiver ou en cas d'exposition insuffisante.
Selon le CNGOF et le GEMVi, le traitement hormonal de la ménopause (THM) prévient la perte osseuse et la dégradation de la microarchitecture en début de ménopause. Il réduit le risque de fracture de 20 à 40 % à tous les sites, quel que soit le niveau de risque de départ, avec un effet qui dépend de la dose d'œstrogène.
Lorsqu'il est prescrit pour prévenir l'ostéoporose chez une femme à risque, une nouvelle ostéodensitométrie est conseillée après deux ans de traitement, sur le même appareil, pour vérifier l'absence de perte osseuse significative.
À l'arrêt du THM, la perte osseuse reprend de façon transitoire ; le risque de fracture rejoint en 2 à 5 ans celui d'une femme non traitée du même âge. C'est pourquoi une ostéodensitométrie est recommandée à l'arrêt du traitement, afin de discuter si besoin d'un relais par un autre traitement.
La décision de débuter un THM repose sur l'ensemble du rapport bénéfice/risque (symptômes, risque cardiovasculaire, risque de cancer du sein), discuté individuellement.
Selon la HAS, un traitement médicamenteux contre l'ostéoporose n'est indiqué que lorsque le risque de fracture est élevé. Une densité osseuse un peu basse, isolée, ne suffit pas à justifier un traitement.
| Traitement | Place selon la HAS |
|---|---|
| Bisphosphonates (alendronate, risédronate, zolédronate) | Première intention dans l'ostéoporose post-ménopausique ; bilan dentaire avant de débuter, puis au moins une fois par an |
| Raloxifène | Première intention, réservé aux femmes à faible risque de fracture périphérique (ostéoporose vertébrale, moins de 70 ans, sans risque de thrombose veineuse) |
| Romosozumab | Première intention uniquement chez la femme ménopausée de moins de 75 ans ayant une ostéoporose sévère avec un antécédent de fracture sévère, sans antécédent de maladie coronarienne ; prescription réservée aux rhumatologues et gériatres |
| Tériparatide | Uniquement en cas d'au moins deux fractures vertébrales |
| Dénosumab (injection tous les 6 mois) | Deuxième intention, en relais des bisphosphonates ; à l'arrêt, un relais par bisphosphonate est nécessaire |
Ces traitements sont le plus souvent prescrits ou coordonnés avec un rhumatologue.
Il n'existe pas d'âge fixe. L'examen est indiqué en fonction des facteurs de risque ; il peut aussi être proposé en début de ménopause lorsque son résultat peut modifier la prise en charge.
L'ostéopénie signifie que la densité osseuse est inférieure à la normale sans atteindre le seuil d'ostéoporose. Elle ne justifie pas à elle seule un traitement médicamenteux, mais incite à renforcer les mesures de prévention et à évaluer les autres facteurs de risque.
Non. La priorité est un apport alimentaire suffisant. Une supplémentation en calcium ou en vitamine D est proposée en cas de carence ou d'apports insuffisants.
Il prévient efficacement la perte osseuse pendant sa durée de prise. Après l'arrêt, la perte reprend : un contrôle de la densité osseuse est alors recommandé chez les femmes à risque.
La marche est bénéfique, mais les recommandations françaises montrent que l'association d'activités avec impacts et de renforcement musculaire est plus efficace pour l'os.
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