Le traitement hormonal de la ménopause (THM, souvent appelé THS) n'est pas nécessaire pour toutes les femmes : il est indiqué quand les bouffées de chaleur et les autres symptômes altèrent la qualité de vie, et parfois pour prévenir l'ostéoporose chez une femme à risque. C'est le traitement le plus efficace des bouffées de chaleur. Débuté avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, sans contre-indication et avec une association estradiol cutané et progestérone, son rapport bénéfice-risque est le plus favorable ; il est réévalué chaque année.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM, souvent appelé THS pour « traitement hormonal substitutif ») compense en partie la chute des hormones produites par les ovaires. Il associe :
Une femme qui n'a plus d'utérus (après hystérectomie) peut recevoir un œstrogène seul. Les risques liés aux cancers hormono-dépendants sont discutés plus bas ; notre page de cancérologie gynécologique présente la prise en charge de ces cancers.
Non. La ménopause est une étape physiologique, pas une maladie. Beaucoup de femmes ont des symptômes modérés et n'ont pas besoin d'hormones. Le traitement se discute dans trois situations :
La sécheresse vaginale isolée relève plutôt d'un traitement local, sans THS par voie générale.
| Domaine | Effet du traitement | Ce qui modifie le risque |
|---|---|---|
| Bouffées de chaleur, sommeil | Nette amélioration ; traitement le plus efficace | Dose adaptée aux symptômes |
| Os | Prévient la perte osseuse ; risque de fracture réduit de 20 à 40 % | Effet qui disparaît en 2 à 5 ans après l'arrêt |
| Cancer du sein | Risque légèrement augmenté, surtout avec l'association œstrogène et progestatif et avec la durée | Progestérone naturelle ou dydrogestérone : surrisque probablement limité pour une durée inférieure à 5 à 7 ans |
| Cancer de l'endomètre | Augmenté si un œstrogène est donné seul à une femme qui a son utérus | Supprimé par l'association d'un progestatif adapté |
| Phlébite, embolie pulmonaire | Risque augmenté avec les œstrogènes par voie orale | Estradiol par voie cutanée : risque moindre qu'avec la voie orale |
| Accident vasculaire cérébral, infarctus | AVC ischémique augmenté avec la voie orale ; risque coronarien non augmenté si début avant 60 ans ou dans les 10 ans | Âge au début du traitement, facteurs de risque, voie d'administration |
Sources : recommandations CNGOF et GEMVi 2021, position de la NAMS 2022. Ces risques sont exprimés en valeur relative : pour une femme donnée, le risque absolu dépend de son âge et de ses antécédents.
Le choix de la forme n'est pas qu'une question de confort : il influence les risques.
La dose est ajustée aux symptômes : on recherche la dose qui soulage, puis on la réévalue. Les doses et schémas sont discutés en consultation, selon votre situation.
Aucun dosage hormonal n'est nécessaire pour diagnostiquer la ménopause chez une femme de plus de 45 ans sans règles depuis 12 mois.
À l'arrêt, une diminution progressive est souvent proposée ; les bouffées de chaleur peuvent réapparaître chez certaines femmes.
Des traitements non hormonaux, médicamenteux ou non, réduisent les bouffées de chaleur, avec une efficacité moindre que le THS. Ils sont détaillés dans notre article bouffées de chaleur : que faire si l'on craint les hormones.
Pour les os : activité physique régulière, apports suffisants en calcium et vitamine D, arrêt du tabac, et traitements spécifiques de l'ostéoporose si la densité osseuse l'impose.
Sous traitement hormonal, consultez rapidement en cas de saignement inattendu, de grosseur dans un sein ou d'écoulement du mamelon. Appelez le 15 ou le 112 en cas de :
Les études ne montrent pas de prise de poids due au traitement lui-même. La prise de poids fréquente à la ménopause est liée à l'âge, à la baisse d'activité et à la redistribution des graisses.
Il n'existe pas de durée maximale fixe. La poursuite est réévaluée chaque année en fonction des symptômes, de l'âge, des facteurs de risque et des souhaits de la patiente.
En France, le traitement utilise déjà l'estradiol et la progestérone naturelle, identiques aux hormones produites par les ovaires. Les préparations magistrales non contrôlées n'ont pas démontré de sécurité supérieure.
C'est possible mais le rapport bénéfice-risque est moins favorable lorsque le traitement débute après 60 ans ou plus de 10 ans après la ménopause, en raison d'un risque cardiovasculaire et thrombo-embolique plus élevé. La décision est individualisée.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.