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Ménopause

Ménopause : âge, symptômes et diagnostic

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

La ménopause correspond à l'arrêt définitif du fonctionnement des ovaires ; elle survient en moyenne vers 51 ans en France. Selon les recommandations 2021 du CNGOF et du GEMVi, son diagnostic est clinique et rétrospectif : il repose sur 12 mois consécutifs sans règles après 45 ans, sans prise de sang ni échographie. Une ménopause avant 40 ans n'est pas une ménopause « normale » : il s'agit d'une insuffisance ovarienne prématurée, qui concerne environ 3,5 % des femmes selon la recommandation ESHRE 2024 et justifie un bilan spécifique.

Qu'est-ce que la ménopause, exactement ?

La ménopause est l'arrêt définitif des règles lié à l'épuisement du stock de follicules ovariens. Les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone, et l'ovulation s'arrête.

Trois termes sont souvent confondus :

  • Périménopause (ou préménopause) : période de transition de plusieurs années, avant et autour des dernières règles. Les cycles deviennent irréguliers et les premiers symptômes apparaissent.
  • Ménopause : date des dernières règles, identifiée après coup, une fois passés 12 mois sans règles.
  • Postménopause : toute la période qui suit.

À quel âge survient la ménopause ?

L'âge moyen de la ménopause est d'environ 51 ans dans les pays occidentaux, avec une grande variabilité individuelle : la plupart des femmes sont ménopausées entre 45 et 55 ans.

Âge des dernières règlesTerme employéCe que cela implique
Avant 40 ansInsuffisance ovarienne prématurée (IOP)Bilan diagnostique et traitement hormonal en général recommandés
Entre 40 et 45 ansMénopause précoceÉvaluation au cas par cas
Entre 45 et 55 ansMénopause à l'âge habituelDiagnostic clinique, pas de bilan nécessaire
Après 55 ansMénopause tardiveSurveillance gynécologique habituelle

Le tabac avance l'âge de la ménopause. Une chirurgie retirant les deux ovaires, une chimiothérapie ou une radiothérapie pelvienne peuvent provoquer une ménopause dite « induite », parfois brutale.

Quels sont les symptômes de la ménopause ?

Leur intensité est très variable : certaines femmes n'ont presque aucune gêne, d'autres voient leur qualité de vie nettement altérée.

Pendant la périménopause

  • Cycles irréguliers : plus courts, plus longs, règles plus abondantes ou au contraire espacées.
  • Seins tendus, irritabilité, troubles du sommeil.
  • Premières bouffées de chaleur.

Après la ménopause

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes (symptômes vasomoteurs) : les plus fréquents. Ils durent souvent plusieurs années.
  • Troubles du sommeil, fatigue.
  • Troubles de l'humeur : irritabilité, anxiété, baisse du moral.
  • Douleurs articulaires.
  • Sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, envies pressantes d'uriner, infections urinaires plus fréquentes : on parle de syndrome génito-urinaire de la ménopause. Contrairement aux bouffées de chaleur, ces symptômes ont tendance à s'aggraver avec le temps s'ils ne sont pas traités.
  • Baisse de la libido, difficultés de concentration.

À plus long terme, la carence en œstrogènes accélère la perte osseuse et modifie le risque cardiovasculaire.

Des bouffées de chaleur qui ne ressemblent pas aux autres

Les recommandations CNGOF-GEMVi signalent que des bouffées de chaleur atypiques — apparues longtemps après la ménopause, associées à d'autres symptômes (palpitations, diarrhée, amaigrissement), ou qui ne cèdent pas sous un traitement hormonal bien conduit — doivent faire rechercher une autre cause : trouble thyroïdien, effet d'un médicament, et plus rarement une maladie endocrinienne.

Comment se pose le diagnostic de ménopause ?

Dans la situation habituelle : sans examen

Selon les recommandations du CNGOF et du GEMVi (2021), chez une femme de plus de 45 ans qui ne prend pas de contraception hormonale, le diagnostic est clinique et rétrospectif : il repose sur une absence de règles pendant 12 mois consécutifs. Aucun dosage hormonal ni aucune imagerie n'est indiqué dans cette situation.

Les dosages de FSH et d'œstradiol fluctuent beaucoup pendant la périménopause : un résultat isolé peut être faussement rassurant ou faussement inquiétant.

Sous contraception hormonale

Une pilule, un implant ou un stérilet hormonal (au lévonorgestrel) peuvent masquer les règles ou les rendre irrégulières. Les recommandations françaises ne conseillent ni dosage hormonal ni échographie pour poser le diagnostic ou pour décider d'arrêter la contraception. La stratégie proposée est l'arrêt de la pilule ou le retrait de l'implant ou du stérilet hormonal, puis la surveillance de l'apparition d'une absence de règles. Une contraception non hormonale peut être utilisée pendant cette période.

Après une hystérectomie

Sans utérus, il n'y a plus de règles pour se repérer. Si les ovaires ont été conservés, des dosages répétés de FSH (≥ 40 UI/L) associés à un œstradiol bas (< 20 pg/mL), au moins trois mois après l'intervention, peuvent orienter vers le statut ménopausique.

Après un traitement de cancer

Après une chimiothérapie, le critère des 12 mois sans règles n'est plus fiable : les ovaires peuvent reprendre leur fonction tardivement. Aucun examen ne permet alors d'affirmer la ménopause avec certitude ; la situation est évaluée au cas par cas avec l'équipe d'oncologie.

Qu'est-ce que l'insuffisance ovarienne prématurée ?

L'insuffisance ovarienne prématurée (IOP) correspond à l'arrêt du fonctionnement des ovaires avant 40 ans. La recommandation internationale ESHRE 2024 estime sa fréquence à environ 3,5 %, plus élevée que ce qui était admis auparavant.

Son diagnostic repose sur l'association de troubles des règles (absence ou grande irrégularité des règles depuis au moins quatre mois) et d'un taux de FSH élevé (supérieur à 25 UI/L). Depuis 2024, un seul dosage élevé de FSH suffit ; un dosage de l'AMH ou un second dosage de FSH peuvent être utiles en cas de doute.

Un bilan recherche une cause (génétique, auto-immune, iatrogène après chirurgie ou chimiothérapie). Sauf contre-indication, un traitement hormonal est recommandé au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause, pour protéger les os, le cœur et la qualité de vie. La question de la fertilité est abordée spécifiquement : une grossesse spontanée reste possible chez une minorité de femmes.

Peut-on encore être enceinte pendant la périménopause ?

Oui. Tant que les règles n'ont pas disparu depuis 12 mois, des ovulations peuvent survenir, même de façon irrégulière. Une contraception reste donc nécessaire jusqu'au diagnostic de ménopause si une grossesse n'est pas souhaitée. Le choix de la méthode et le moment de l'arrêt sont à discuter avec le médecin.

Quand faut-il consulter ?

Une consultation est utile :

  • si les symptômes retentissent sur la qualité de vie (sommeil, travail, vie de couple) ;
  • en cas de règles arrêtées avant 40 ans, ou de cycles très perturbés avant 45 ans ;
  • en cas de saignement survenant après 12 mois sans règles : tout saignement après la ménopause doit être exploré, car il peut révéler une anomalie de l'endomètre ;
  • pour faire le point sur la contraception, le dépistage des cancers et la prévention osseuse et cardiovasculaire.

La consultation de ménopause permet d'évaluer les symptômes, les facteurs de risque et les options : mesures d'hygiène de vie, traitements non hormonaux, traitement hormonal de la ménopause, traitements locaux de la sécheresse vaginale.

La consultation de ménopause a lieu au cabinet ; le délai moyen de rendez-vous est d'une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés. Prise de rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79.

Questions fréquentes

Une prise de sang peut-elle confirmer la ménopause ?

Après 45 ans, en dehors d'une contraception hormonale ou d'une hystérectomie, ce n'est pas nécessaire : selon le CNGOF et le GEMVi, le diagnostic repose sur 12 mois sans règles. Les dosages hormonaux fluctuent trop pendant la périménopause pour être fiables.

Combien de temps durent les bouffées de chaleur ?

Elles durent en général plusieurs années, avec une grande variabilité d'une femme à l'autre. Certaines femmes en ont encore de nombreuses années après la ménopause.

La ménopause fait-elle grossir ?

La ménopause modifie la répartition des graisses, avec une tendance à l'accumulation au niveau du ventre. L'activité physique régulière et l'alimentation jouent un rôle important pour limiter ces changements.

Ma mère a été ménopausée tôt : est-ce que ce sera mon cas ?

Il existe une part familiale dans l'âge de la ménopause. Ce n'est pas une certitude, mais c'est une information utile à signaler au médecin, en particulier si vous avez un projet de grossesse.

Faut-il obligatoirement prendre un traitement hormonal ?

Non. Le traitement hormonal est proposé lorsque les symptômes sont gênants, après évaluation du rapport bénéfice/risque. En cas d'insuffisance ovarienne prématurée, en revanche, il est en général recommandé jusqu'à l'âge habituel de la ménopause.

Quels sont les premiers signes de la ménopause ?

Pendant la périménopause, les cycles deviennent irréguliers (plus courts, plus longs ou espacés), avec parfois des seins tendus, des troubles du sommeil et les premières bouffées de chaleur. Ces signes peuvent apparaître plusieurs années avant les dernières règles.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

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