Les fuites urinaires à l'effort après la ménopause (incontinence urinaire d'effort) surviennent lors de la toux, du rire, du sport ou du port de charges ; elles deviennent plus fréquentes avec l'âge. La rééducation du périnée est le premier traitement : selon une revue Cochrane de 2018, 74 % des femmes qui la suivent se disent guéries ou améliorées, contre 11 % sans traitement. En cas d'échec, une bandelette sous-urétrale peut être proposée, après un bilan et une information complète sur ses risques.
L'incontinence urinaire d'effort (IUE) est une fuite d'urine involontaire au moment d'un effort qui augmente la pression dans le ventre : tousser, éternuer, rire, courir, sauter, porter une charge, monter un escalier. Elle est due à un défaut de fermeture de l'urètre (le canal qui évacue l'urine) et à un soutien insuffisant de celui-ci par le plancher pelvien.
Elle se distingue de l'incontinence par urgenturie, liée à une vessie hyperactive : envie soudaine et pressante, avec fuite avant d'atteindre les toilettes. Les deux formes s'associent souvent après la ménopause (incontinence mixte), et leurs traitements diffèrent. Ces fuites ne sont pas une fatalité liée à l'âge : elles se traitent.
Plusieurs facteurs s'additionnent au fil des années :
Une descente d'organes (prolapsus) peut s'y associer et doit être recherchée, car elle modifie le choix du traitement.

La rééducation des muscles du plancher pelvien, menée par un kinésithérapeute ou une sage-femme formés, est le traitement de première intention. Selon la revue Cochrane de 2018, les femmes atteintes d'IUE qui suivent cette rééducation déclarent une guérison plus souvent que celles sans traitement (56 % contre 6 % en fin de traitement), et 74 % se disent guéries ou améliorées (contre 11 %). Le résultat dépend de la régularité des exercices à domicile, à poursuivre dans la durée.
Après la ménopause, les œstrogènes appliqués dans le vagin peuvent améliorer les symptômes, selon les recommandations françaises de l'Association française d'urologie (2025). Ils traitent aussi la sécheresse vaginale souvent associée.
Ils agissent sur les envies pressantes et l'incontinence par urgenturie, pas sur les fuites d'effort pures. Leur prescription tient compte des effets indésirables (bouche sèche, constipation, effets sur la mémoire chez les personnes âgées pour certains d'entre eux).
Un pessaire ou un dispositif intravaginal spécifique peut soutenir l'urètre pendant le sport, par exemple.

La chirurgie se discute quand les fuites restent gênantes malgré une rééducation bien conduite. L'intervention la plus étudiée est la bandelette sous-urétrale : une fine bande synthétique est placée sous l'urètre par une petite incision vaginale, pour le soutenir à l'effort. Elle passe soit derrière le pubis (voie rétropubienne, type TVT), soit par les plis de l'aine (voie transobturatrice, type TOT). Les détails figurent dans notre article sur la chirurgie de l'incontinence urinaire d'effort.
| Critère | Voie rétropubienne (TVT) | Voie transobturatrice (TOT) |
|---|---|---|
| Guérison ressentie à 1 an | 71 à 97 % selon les essais | 62 à 98 % selon les essais |
| Guérison ressentie au-delà de 5 ans | 51 à 88 % | 43 à 92 % |
| Perforation de vessie | 4,5 % | 0,6 % |
| Douleurs de l'aine | 1,3 % | 6,4 % |
| Exposition de la bandelette dans le vagin | environ 2 % | environ 2 % |
Source : revue Cochrane 2017 (81 essais, plus de 12 000 femmes). D'autres complications existent : difficultés à vider la vessie, envies pressantes nouvelles, douleurs chroniques, rares mais parfois difficiles à traiter. En France, la pose de bandelettes est encadrée par un arrêté du 23 octobre 2020 : décision prise en concertation pluridisciplinaire, remise d'une fiche d'information et délai de réflexion. À titre indicatif : ambulatoire ou une nuit d'hospitalisation ; arrêt de travail de 1 à 2 semaines ; ni sport ni port de charges pendant 6 semaines, rapports et bains après environ 4 semaines.
D'autres options existent selon les situations : injections de produits de comblement autour de l'urètre, ballons péri-urétraux, sphincter artificiel en cas d'échecs répétés.
En attendant l'effet du traitement, quelques mesures limitent la gêne :
Le suivi permet de juger de l'amélioration sur le calendrier mictionnel et sur la gêne ressentie, puis d'adapter la stratégie si les fuites persistent après plusieurs mois de rééducation.
Prenez rapidement rendez-vous si les fuites s'accompagnent de :
Appelez le 15 ou le 112 en cas d'impossibilité totale d'uriner avec douleur du bas-ventre, de fièvre élevée avec douleurs dans le dos, ou de perte brutale de la sensibilité ou de la force des jambes.
Oui. Les muscles du plancher pelvien se renforcent à tout âge. Les résultats dépendent surtout de la régularité des exercices, à poursuivre à domicile après les séances.
Non. Restreindre les boissons concentre les urines, irrite la vessie et favorise les infections et la constipation. Il vaut mieux répartir les apports dans la journée et limiter le soir si vous vous levez la nuit.
Non. Elles ont été retirées dans certains pays pour le prolapsus, mais restent un traitement reconnu de l'incontinence d'effort. En France, leur pose est encadrée depuis 2020 : fiche d'information, délai de réflexion et décision pluridisciplinaire.
La toux augmente brusquement la pression dans le ventre. Si l'urètre est mal soutenu par le plancher pelvien, il ne se ferme pas assez et l'urine s'échappe : c'est l'incontinence urinaire d'effort. Elle se traite d'abord par la rééducation du périnée.
À titre indicatif : ambulatoire ou une nuit d'hospitalisation, arrêt de travail de 1 à 2 semaines, ni sport ni port de charges pendant 6 semaines, rapports et bains après environ 4 semaines. Les consignes sont adaptées en consultation ; les honoraires font l'objet d'un devis préalable.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.