Le cytomégalovirus (CMV) pendant la grossesse est l'infection transmise de la mère au bébé la plus fréquente (infection congénitale à CMV). Depuis le 17 juin 2025, la HAS recommande un dépistage systématique par prise de sang chez toutes les femmes enceintes dont le statut est inconnu ou négatif, à faire avant 14 SA. La plupart des enfants infectés vont bien, mais certains gardent des séquelles, surtout une surdité, en particulier lorsque la mère est infectée au premier trimestre. Des gestes d'hygiène simples au contact des jeunes enfants réduisent le risque de contamination.
Le cytomégalovirus est un virus de la famille des herpès, très répandu. Il se transmet par la salive, les urines, les larmes et les sécrétions génitales. Les jeunes enfants, en particulier ceux qui vont à la crèche, en excrètent souvent pendant des mois sans être malades : ils sont la principale source de contamination des femmes enceintes.
Après une première infection, le virus reste latent dans l'organisme toute la vie, comme celui des boutons de fièvre. Une partie des femmes a donc déjà rencontré le virus avant la grossesse ; les autres peuvent faire une primo-infection pendant la grossesse. Cette infection fait partie des sujets abordés dès le début du suivi, présenté sur notre page Accouchement à Paris.
D'après le consensus européen ECCI de 2024, environ 0,64 % des nouveau-nés dans le monde sont infectés à la naissance, et 17 à 20 % d'entre eux auront des séquelles durables. En France, selon la HAS, environ 0,4 % des nouveau-nés sont infectés ; c'est la première cause de handicap congénital d'origine infectieuse.
Dans la grande majorité des cas, l'infection passe totalement inaperçue. Parfois, elle donne un tableau proche d'une grippe : fatigue, fièvre modérée prolongée, courbatures, maux de tête, ganglions. Une prise de sang peut montrer une légère atteinte du foie.
Ces signes ne permettent pas de faire le diagnostic. Celui-ci repose sur la sérologie : apparition d'anticorps IgG chez une femme qui en était dépourvue (séroconversion), ou présence d'IgM avec des IgG de faible avidité, ce qui oriente vers une infection récente. Une fièvre pendant la grossesse justifie toujours un avis médical ; voir fièvre pendant la grossesse.
Lors d'une primo-infection maternelle, le virus traverse le placenta dans environ 30 à 40 % des cas. Le risque de transmission augmente au fil de la grossesse, mais la gravité dépend surtout du moment de l'infection : les séquelles concernent essentiellement les infections survenues dans les deux mois précédant la conception ou au premier trimestre ; au-delà de 14 SA, le risque de séquelles est quasi nul selon la HAS.
| Évolution chez l'enfant infecté | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Pas de symptôme ni de séquelle | La majorité des enfants infectés ; une surveillance de l'audition reste utile pendant l'enfance |
| Surdité isolée | Parfois présente dès la naissance, parfois d'apparition retardée ou progressive dans les premières années |
| Atteinte sévère visible avant la naissance | Retard de croissance, petite tête (microcéphalie), calcifications ou anomalies du cerveau à l'échographie, avec un risque de séquelles neurologiques |
Une réinfection ou une réactivation chez une femme déjà immunisée peut aussi transmettre le virus, mais les formes graves sont beaucoup plus rares.
Oui. Le 17 juin 2025, la HAS a recommandé un dépistage systématique du CMV chez toutes les femmes enceintes dont le statut est inconnu ou négatif, pour 3 ans avant réévaluation. Ses modalités ont été précisées le 4 août 2026 :
La sérologie est aussi prescrite en cas de symptômes évocateurs ou lorsque l'échographie montre des signes compatibles avec une infection du fœtus. Parlez-en dès le projet de grossesse ou lors de votre première consultation.
La prise en charge est coordonnée par un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Dans les formes les plus sévères, une interruption médicale de grossesse peut être discutée avec le couple, qui reste libre de sa décision.
Il n'existe pas de vaccin. La HAS recommande d'informer toutes les femmes des mesures d'hygiène dès le projet de grossesse, quel que soit leur statut sérologique, car une première infection ne protège pas d'une réinfection. Ces gestes concernent surtout le contact avec les enfants de moins de trois ans :
Les professionnelles de la petite enfance (crèche, école maternelle, assistante maternelle) sont plus exposées : signalez votre grossesse au médecin du travail pour adapter votre poste si nécessaire.
Une fièvre prolongée ou un syndrome grippal pendant la grossesse justifie un avis médical rapide, en particulier au premier trimestre.
Certains signes ne doivent pas attendre le prochain rendez-vous. Rendez-vous directement aux urgences de votre maternité (ouvertes jour et nuit), celle où vous êtes inscrite (Maternité Sainte-Félicité ou Clinique Sainte-Thérèse), si vous présentez :
En cas de malaise, de saignement abondant ou de douleur très intense, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Pas forcément. Signalez votre grossesse au médecin du travail : il peut adapter votre poste (par exemple éviter les changes). Une sérologie en début de grossesse aide à évaluer votre situation, et les gestes d'hygiène restent essentiels.
Le risque est beaucoup plus faible mais pas nul, car une réinfection ou une réactivation est possible. Les gestes d'hygiène restent conseillés à toutes les femmes enceintes en contact avec de jeunes enfants.
Chez un bébé né à terme, l'allaitement est possible. Chez un grand prématuré, l'équipe de néonatologie peut proposer des précautions particulières sur le lait maternel.
Non. Il n'est proposé qu'en cas de primo-infection prouvée dans les 2 mois avant la grossesse ou au premier trimestre, sur avis spécialisé, avec une bonne hydratation et des prises réparties sur la journée. Il n'est pas utilisé en prévention chez les femmes non infectées.
Surtout par la salive et les urines des enfants de moins de trois ans, qui excrètent souvent le virus pendant des mois sans être malades. Le lavage des mains après chaque change ou contact avec la salive et le fait de ne pas partager couverts et tétine réduisent le risque.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.