Une douleur au sein pendant l'allaitement vient le plus souvent d'une mauvaise prise du sein, qui provoque des crevasses, ou d'un sein mal drainé (engorgement, canal bouché, mastite). La plupart de ces situations se règlent en corrigeant la position du bébé et en poursuivant l'allaitement. Une fièvre, une zone rouge et chaude qui ne s'améliore pas en 24 heures ou une boule persistante doivent conduire à consulter.
Les premiers jours, une sensibilité au moment où le bébé prend le sein est fréquente. Elle dure quelques secondes et disparaît pendant la tétée. Une revue Cochrane a montré que, chez la plupart des femmes, la douleur du mamelon devient légère après 7 à 10 jours, quel que soit le traitement utilisé. Pour découvrir l'ensemble de l'accompagnement autour de la naissance, consultez la page Accouchement à Paris.
En revanche, une douleur qui dure toute la tétée, qui augmente, qui persiste entre les tétées ou qui s'accompagne de fièvre n'est pas normale. Sa cause doit être recherchée.
| Cause | Signes évocateurs | Première conduite |
|---|---|---|
| Mauvaise prise du sein | Douleur pendant toute la tétée, mamelon aplati ou déformé à la fin | Corriger la position et la prise |
| Crevasses | Fissure ou plaie du mamelon, parfois saignement | Corriger la prise, soins locaux simples |
| Engorgement | Deux seins durs, tendus, chauds, souvent vers le 3e jour | Tétées fréquentes, assouplir l'aréole, froid |
| Canal lactifère bouché | Petite zone sensible et indurée, sans fièvre | Poursuivre les tétées, froid, anti-inflammatoire si adapté |
| Mastite | Zone rouge, chaude, douloureuse, fièvre, courbatures | Repos, antalgiques, allaitement poursuivi, consulter si pas d'amélioration |
| Abcès | Boule douloureuse persistante, parfois fluctuante | Consultation rapide, échographie, drainage |
| Vasospasme du mamelon | Mamelon qui blanchit après la tétée, douleur pulsatile, aggravée par le froid | Chaleur locale, avis médical |
Une mycose du mamelon est souvent évoquée, mais ce diagnostic est aujourd'hui considéré comme posé trop souvent. Il doit être confirmé par un professionnel avant tout traitement.

Les crevasses sont le plus souvent la conséquence d'une prise du sein insuffisante. Le traitement principal est donc de corriger la position :
Commencez la tétée par le sein le moins douloureux. Après la tétée, laissez sécher le mamelon à l'air. La revue Cochrane n'a pas montré qu'une crème, la lanoline ou un pansement soit nettement plus efficace qu'un simple accompagnement ; ils peuvent apporter du confort sans remplacer la correction de la prise. Le paracétamol est compatible avec l'allaitement, aux doses indiquées par votre médecin ou votre pharmacien.
Si les crevasses persistent malgré une bonne position, faites examiner la bouche du bébé : un frein de langue court peut gêner la succion.
Les recommandations de l'Academy of Breastfeeding Medicine (2022) décrivent ces situations comme un continuum, de l'engorgement à la mastite puis, rarement, à l'abcès. Elles ont modifié plusieurs conseils anciens.
Il touche les deux seins, souvent au moment de la montée de lait. Des tétées fréquentes et efficaces en sont le traitement principal. Si l'aréole est trop tendue pour que le bébé la prenne, exprimez un peu de lait à la main pour l'assouplir. Le froid entre les tétées diminue l'œdème.
Une zone localisée devient sensible et dure. Avec la mastite (autrefois appelée « lymphangite »), elle est rouge et chaude, et s'accompagne de fièvre ou de courbatures. Les conseils actuels sont les suivants :
Un antibiotique compatible avec l'allaitement est prescrit si les symptômes ne s'améliorent pas après 24 à 48 heures, ou d'emblée si les symptômes durent depuis plus de 48 heures, si l'état général est nettement altéré ou si une crevasse est infectée. N'arrêtez pas brutalement l'allaitement : cela augmente le risque d'abcès.
L'abcès est une poche de pus dans le sein. C'est une complication rare d'une mastite. Il se manifeste par une boule douloureuse qui persiste malgré le traitement, parfois avec une peau tendue et luisante et de la fièvre.
L'échographie confirme le diagnostic. Le traitement repose le plus souvent sur une ponction à l'aiguille guidée par échographie, répétée si nécessaire, associée à un antibiotique. Un drainage chirurgical est réservé aux abcès volumineux ou qui récidivent.
L'allaitement peut le plus souvent être poursuivi, au moins sur l'autre sein, et souvent aussi sur le sein atteint si la plaie est éloignée du mamelon. Si la tétée est impossible de ce côté, tirer le lait permet d'entretenir la lactation. Votre médecin vous conseillera selon votre situation.
Prenez rendez-vous rapidement avec votre médecin, votre sage-femme ou une consultante en lactation si :
Consultez en urgence (urgences de la maternité ou gynécologiques) si la fièvre est élevée avec une altération de l'état général, ou si la rougeur s'étend rapidement. En cas de malaise, appelez le 15. Dans les autres cas, vous pouvez contacter le cabinet au 01 43 79 59 79 ou prendre rendez-vous sur Doctolib.
Une boule du sein qui persiste après l'allaitement doit aussi être examinée : voir boule dans le sein, que faire.
Le paracétamol et l'ibuprofène sont compatibles avec l'allaitement, sauf contre-indication personnelle. Demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant toute prise.
Oui. Le lait reste sans danger pour le bébé, et poursuivre les tétées fait partie du traitement. Le goût du lait peut être un peu plus salé, ce qui gêne parfois le bébé.
Ils peuvent dépanner temporairement, mais ils ne corrigent pas la cause et peuvent réduire le transfert de lait. Leur utilisation se discute avec une professionnelle de l'allaitement.
En cas d'engorgement ou de mastite, le froid entre les tétées est conseillé pour réduire l'inflammation. La chaleur peut aider juste avant la tétée à faire couler le lait, et elle est indiquée en cas de vasospasme du mamelon.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.