Le cancer de l’ovaire (tumeur maligne de l’ovaire, de la trompe ou du péritoine) donne des symptômes discrets mais persistants : ballonnement, augmentation du volume du ventre, douleurs pelviennes, satiété rapide ou envies fréquentes d’uriner. Leur persistance plusieurs semaines justifie une consultation, une échographie pelvienne et un dosage du CA 125. Le traitement associe le plus souvent une chirurgie complète, réalisée dans un centre expert, et une chimiothérapie, décidées en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Le cancer de l’ovaire fait partie des cancers gynécologiques présentés dans notre page Cancérologie gynécologique. Sous le terme de « cancer de l’ovaire », on regroupe des tumeurs malignes nées de l’ovaire, de la trompe ou du péritoine (la membrane qui tapisse l’abdomen). Ces trois localisations se comportent de façon proche et sont traitées de la même manière. La forme la plus fréquente est le carcinome séreux de haut grade, qui naît le plus souvent de l’extrémité de la trompe.
Il existe d’autres types, moins fréquents : carcinomes endométrioïdes, à cellules claires, mucineux, séreux de bas grade, et tumeurs non épithéliales (germinales ou des cordons sexuels), plus fréquentes chez la femme jeune. Il faut aussi distinguer les tumeurs frontières (ou « borderline »), dont le pronostic est très bon.
La plupart des masses ovariennes découvertes à l’échographie sont bénignes, en particulier avant la ménopause (voir kystes bénins de l’ovaire).
Le cancer de l’ovaire est longtemps silencieux. Les symptômes sont souvent banals, mais ce qui doit alerter, c’est leur caractère nouveau, fréquent et persistant (plusieurs fois par semaine, pendant plusieurs semaines) :
Ces signes ont le plus souvent une autre cause, digestive ou urinaire. Mais leur persistance, surtout après 50 ans, doit faire pratiquer un examen gynécologique et une échographie pelvienne.
À l’inverse, la contraception œstroprogestative prolongée, les grossesses et l’allaitement sont associés à une diminution du risque.
Non. Le grand essai britannique UKCTOCS, mené chez plus de 200 000 femmes ménopausées suivies 16 ans, a montré que le dépistage par CA 125 ou échographie annuelle ne réduisait pas la mortalité. Il n’est donc pas recommandé dans la population générale. Pour les femmes porteuses d’une mutation BRCA, une prise en charge spécifique est proposée en consultation d’oncogénétique, incluant l’ablation préventive des trompes et des ovaires à un âge discuté avec elles.
| Examen | À quoi il sert |
|---|---|
| Examen clinique | Palpation de l’abdomen, toucher vaginal, recherche d’ascite (liquide dans le ventre) ou de ganglions. |
| Échographie pelvienne par voie vaginale et abdominale | Examen clé : décrit la masse (taille, parois, végétations, vascularisation) et classe son risque selon des systèmes standardisés (IOTA, O-RADS). |
| Dosage du CA 125 (et parfois HE4 et autres marqueurs) | Aide à l’orientation et sert de valeur de départ pour le suivi. Un CA 125 élevé n’est pas spécifique : il augmente aussi en cas d’endométriose, de règles ou d’infection. |
| IRM pelvienne | Précise la nature d’une masse dont l’échographie reste indéterminée. |
| Scanner thoraco-abdomino-pelvien | Évalue l’extension dans l’abdomen (péritoine, ganglions, foie) et au thorax. |
| Biopsie ou cœlioscopie d’exploration | Confirme le diagnostic et le type histologique, et évalue la possibilité d’une chirurgie complète. |
Le diagnostic de certitude est toujours histologique : il repose sur l’analyse au microscope d’un fragment de tumeur. On recherche aussi des altérations génétiques (BRCA, déficit de recombinaison homologue) dans la tumeur et dans le sang, car elles orientent les traitements.
Tous les dossiers sont discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), qui réunit chirurgiens, oncologues, radiologues et pathologistes. Le stade FIGO (de I à IV) et le type de tumeur guident la stratégie.
L’objectif est de retirer toute la maladie visible. C’est l’un des facteurs pronostiques les plus importants. L’intervention comprend en général l’ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes, de l’épiploon (repli graisseux de l’abdomen) et de toutes les lésions péritonéales, parfois avec une partie du tube digestif. Pour les formes avancées, les recommandations françaises prévoient d’évaluer d’abord par cœlioscopie la possibilité d’une chirurgie complète ; cette chirurgie lourde est réalisée dans des centres experts.
Pour un cancer de stade précoce chez une femme jeune qui souhaite une grossesse, une chirurgie conservant l’utérus et un ovaire peut être discutée dans certains cas.
Elle associe le plus souvent un sel de platine (carboplatine) et le paclitaxel. Elle est donnée après la chirurgie, ou avant (chimiothérapie « néoadjuvante ») quand une chirurgie complète d’emblée n’est pas possible, puis suivie d’une chirurgie dite « d’intervalle ».
Après la chimiothérapie, certaines patientes reçoivent un traitement d’entretien : inhibiteurs de PARP (notamment en cas de mutation BRCA ou de déficit de recombinaison homologue) et/ou bévacizumab, un anti-angiogénique. Le choix dépend du profil moléculaire de la tumeur.
Les recommandations conseillent de proposer une analyse génétique BRCA1/BRCA2 aux patientes atteintes d’un carcinome ovarien épithélial non mucineux, même sans antécédent familial. Le résultat a deux intérêts :
Ce test se fait avec votre consentement écrit, dans le cadre d’une consultation d’oncogénétique.
Le suivi associe un examen clinique, souvent un dosage du CA 125, et une imagerie en cas de symptôme ou d’anomalie. Il est plus rapproché les premières années. Il comprend aussi la prise en charge des effets de la ménopause induite, de la fatigue, des troubles digestifs, de la sexualité et du retentissement psychologique. Le rythme précis est fixé par l’équipe qui vous a traitée.
Les kystes fonctionnels et la plupart des kystes bénins ne deviennent pas des cancers. Ce qui compte, c’est l’aspect du kyste à l’échographie : un kyste d’aspect suspect est exploré par IRM et souvent retiré pour analyse.
Non. Le CA 125 augmente aussi avec l’endométriose, les fibromes, les règles, la grossesse ou une inflammation du péritoine. Il s’interprète toujours avec l’échographie et l’examen clinique.
Non. Le frottis et le test HPV dépistent uniquement les lésions du col de l’utérus. Il n’existe pas de dépistage efficace du cancer de l’ovaire dans la population générale.
C’est parfois possible pour certaines tumeurs de stade précoce, frontières ou non épithéliales, grâce à une chirurgie conservatrice. Une consultation de préservation de la fertilité doit être proposée avant tout traitement quand la question se pose.
Pas toujours, et souvent pas au début : la maladie est longtemps silencieuse. Les douleurs du bas-ventre ou du bassin font partie des signes possibles, avec le ballonnement et la satiété rapide. Ce qui doit alerter, c’est leur caractère nouveau et persistant pendant plusieurs semaines.
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