L'infection urinaire de la femme est le plus souvent une cystite, infection de la vessie qui provoque brûlures, envies pressantes et fréquentes d'uriner, sans fièvre. La présence de fièvre, de frissons ou d'une douleur dans le dos d'un côté évoque une pyélonéphrite, infection du rein qui doit être traitée sans délai. Le diagnostic repose sur les symptômes, la bandelette urinaire et, selon les cas, l'examen cytobactériologique des urines (ECBU). Selon les recommandations françaises, une cystite simple se traite en première intention par un antibiotique en prise unique, la fosfomycine-trométamol.
L'infection urinaire est due à des bactéries, le plus souvent Escherichia coli, venues de l'intestin, qui remontent par l'urètre jusqu'à la vessie. L'urètre de la femme étant court, ces infections sont fréquentes. Elles concernent aussi les femmes suivies pour des troubles du périnée ou opérées en chirurgie gynécologique, en particulier après la pose d'une sonde urinaire.
| Cystite | Pyélonéphrite | |
|---|---|---|
| Organe atteint | Vessie | Rein |
| Symptômes | Brûlures en urinant, envies fréquentes et pressantes, petites quantités, douleur au-dessus du pubis, urines troubles ou teintées de sang | Signes de cystite parfois présents, plus fièvre, frissons, douleur dans le dos ou le flanc d'un côté, nausées ou vomissements |
| Fièvre | Non | Oui, le plus souvent |
| Gravité | Bénigne | À traiter rapidement ; risque de complications |
Des brûlures en urinant ne sont pas toujours une infection urinaire. Une mycose, une sécheresse vaginale ou une infection sexuellement transmissible peuvent donner des symptômes proches. Si les brûlures s'accompagnent de pertes vaginales inhabituelles, de démangeaisons ou surviennent après un nouveau partenaire, un examen gynécologique est utile : voir notre article sur les pertes vaginales.
La cystite simple se traite par un antibiotique de courte durée, choisi selon les recommandations françaises de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF). La fosfomycine-trométamol en prise unique est le traitement de première intention ; le pivmécillinam pendant quelques jours est une alternative. Le médecin adapte le choix à vos antécédents, allergies et à l'ECBU s'il a été fait.
Les symptômes peuvent persister deux à trois jours après un traitement efficace. S'ils durent au-delà, ou s'ils réapparaissent rapidement, consultez à nouveau : un ECBU sera demandé.
En attendant l'effet du traitement, buvez régulièrement et urinez sans vous retenir. Un antalgique simple comme le paracétamol peut soulager les brûlures.
Ne prenez pas d'antibiotique « restant » d'un traitement précédent : l'automédication favorise les résistances bactériennes et peut masquer une infection plus sérieuse.
La pyélonéphrite nécessite un ECBU avant tout antibiotique, puis un traitement adapté, en général pendant 7 à 10 jours. La plupart des femmes sont soignées à domicile. Une hospitalisation est nécessaire en cas de signes de gravité, de vomissements empêchant la prise des comprimés, de grossesse ou d'obstacle sur les voies urinaires.
Certaines situations exposent à une forme compliquée : grossesse, anomalie ou calcul des voies urinaires, insuffisance rénale sévère, baisse des défenses immunitaires, sonde urinaire, ou fragilité liée à l'âge. Une pyélonéphrite mal soignée peut évoluer vers un abcès du rein ou une infection généralisée (sepsis).
On parle de cystites récidivantes à partir de 4 épisodes sur 12 mois, selon la définition retenue par la SPILF. Un premier bilan comprend un ECBU lors d'un épisode et la recherche d'un facteur favorisant : rapports sexuels, constipation, boissons insuffisantes, ménopause, prolapsus, vidange incomplète de la vessie. Une échographie de la vessie et des reins, avec mesure du résidu après miction, est demandée selon le contexte. L'uroscanner ou la cystoscopie ne sont proposés que dans des cas particuliers.
La baisse des œstrogènes modifie la flore vaginale et la muqueuse de l'urètre, ce qui favorise les infections. Un prolapsus (descente d'organes) ou une vessie qui se vide mal peuvent aussi jouer un rôle. L'examen gynécologique fait donc partie du bilan des cystites récidivantes de la femme ménopausée.
Si ces mesures ne suffisent pas, un traitement antibiotique préventif peut être discuté. Des fuites ou une gêne urinaire associées peuvent relever d'un bilan urodynamique.
Pendant la grossesse, la progestérone relâche les voies urinaires et l'utérus comprime la vessie et les uretères. Les infections urinaires sont donc plus fréquentes, et une bactériurie asymptomatique (bactéries dans les urines sans symptôme) peut évoluer vers une pyélonéphrite, qui expose à un accouchement prématuré.
Voir aussi notre article sur le suivi d'une grossesse normale.
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Certaines cystites peu symptomatiques guérissent spontanément, mais l'antibiotique raccourcit les symptômes et limite le risque d'atteinte du rein. Parlez-en à votre médecin, surtout en cas de fièvre ou de douleur dans le dos.
Oui, ils facilitent la remontée des bactéries vers la vessie. Uriner après les rapports et bien s'hydrater aident à limiter ce risque.
Non, si les symptômes disparaissent. Un ECBU est en revanche indiqué en cas de persistance, de récidive précoce ou pendant la grossesse.
Les produits à base de canneberge peuvent réduire les récidives chez certaines femmes, mais ils ne traitent pas une infection en cours et ne remplacent pas un avis médical.
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