Le cancer de l’endomètre (cancer du corps de l’utérus) se révèle dans plus de 9 cas sur 10 par un saignement vaginal anormal, le plus souvent après la ménopause. Tout saignement après la ménopause, même minime, doit faire consulter rapidement pour une échographie et, si besoin, une biopsie de l’endomètre. Découvert tôt, il est souvent guéri par une chirurgie retirant l’utérus et les annexes, parfois complétée par une radiothérapie ou d’autres traitements décidés en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Le cancer du corps de l’utérus naît dans la grande majorité des cas de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus et se renouvelle à chaque cycle. On parle de carcinome de l’endomètre. Il est différent du cancer du col de l’utérus, qui a d’autres causes (le papillomavirus) et un autre dépistage. Les sarcomes de l’utérus, qui naissent du muscle, sont beaucoup plus rares.

C’est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent dans les pays occidentaux. Il touche surtout des femmes ménopausées, mais il peut survenir plus tôt, en particulier en cas de prédisposition génétique. Pour une vue d’ensemble des cancers gynécologiques, consultez notre page Cancérologie gynécologique.
Le signe principal est un saignement vaginal anormal. Une grande méta-analyse montre que 91 % des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre ont présenté des saignements après la ménopause. À l’inverse, environ 9 % des femmes qui saignent après la ménopause ont un cancer : la cause est donc le plus souvent bénigne, mais il faut toujours vérifier.
Les autres causes de saignement après la ménopause (atrophie de la muqueuse, polype, traitement hormonal) sont détaillées dans notre article sur les saignements après la ménopause.
La plupart des cancers de l’endomètre sont favorisés par une exposition prolongée aux œstrogènes non compensée par la progestérone :
Le syndrome de Lynch, une prédisposition héréditaire, augmente nettement le risque de cancer de l’endomètre et du côlon. Il est suspecté en cas d’antécédents familiaux de ces cancers ou de cancer survenu jeune.
Il n’existe pas de dépistage organisé du cancer de l’endomètre : ni le frottis ni l’échographie systématique ne sont recommandés chez les femmes sans symptôme.
| Étape | Examen | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Examen gynécologique | Vérifier que le saignement vient bien de l’utérus et non du col ou du vagin. |
| 2 | Échographie pelvienne par voie vaginale | Mesurer l’épaisseur de l’endomètre et rechercher une anomalie. Un endomètre fin rend un cancer peu probable. |
| 3 | Biopsie de l’endomètre (pipelle en consultation) ou hystéroscopie avec biopsies dirigées | Obtenir le diagnostic de certitude au microscope, le type et le grade de la tumeur. |
| 4 | Analyse moléculaire de la tumeur | Classer la tumeur en 4 groupes (POLE, déficit MMR, p53 anormale, sans profil spécifique) : elle affine le pronostic et le traitement. |
| 5 | IRM pelvienne, et scanner thoraco-abdomino-pelvien selon le type | Évaluer l’infiltration du muscle utérin, l’atteinte du col et des ganglions, et l’extension à distance. |
La recherche d’un déficit des protéines de réparation de l’ADN (MMR) dans la tumeur est recommandée pour toutes les patientes. Elle oriente les traitements et sert à dépister un syndrome de Lynch.

La stratégie est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), en fonction du stade FIGO, du type histologique, du profil moléculaire, de votre état de santé et de vos souhaits.
C’est le traitement de base des formes localisées : hystérectomie totale avec ablation des deux trompes et des deux ovaires. La voie mini-invasive (cœlioscopie) est privilégiée pour les formes limitées à l’utérus, car elle réduit les complications et la durée d’hospitalisation. L’évaluation des ganglions repose désormais le plus souvent sur la technique du ganglion sentinelle, qui consiste à repérer et retirer seulement les premiers ganglions de drainage. Ce geste remplace le curage ganglionnaire complet dans la plupart des cas et réduit le risque de lymphœdème des jambes. Pour en savoir plus sur l’intervention, consultez notre article sur l’hystérectomie.
Chez une femme jeune qui souhaite une grossesse et dont la tumeur est de bas grade, sans infiltration du muscle, un traitement conservateur par progestatifs à forte dose, avec contrôles hystéroscopiques réguliers, peut être discuté dans un centre expert. Chez une patiente qui ne peut pas être opérée, la radiothérapie ou l’hormonothérapie sont des alternatives.
Le cancer de l’endomètre est souvent découvert à un stade précoce, parce que le saignement apparaît tôt. Dans ce cas, le pronostic est généralement favorable. Il dépend surtout du stade, du type histologique, de la présence d’emboles dans les vaisseaux et du groupe moléculaire.
Après le traitement, une surveillance régulière est organisée : voir notre article sur le suivi après un cancer de l’utérus.
La plupart des femmes reprennent une vie normale quelques semaines après une chirurgie mini-invasive. L’ablation des ovaires entraîne une ménopause si elle n’était pas encore survenue ; ses symptômes peuvent être pris en charge. La reprise d’une activité physique régulière et le contrôle du poids, de la tension et du diabète sont bénéfiques pour la santé générale. Si un syndrome de Lynch est confirmé, une consultation d’oncogénétique est proposée, car vos proches peuvent bénéficier d’un dépistage adapté.
Non. Le frottis et le test HPV servent au dépistage du cancer du col. Ils peuvent parfois montrer des cellules anormales venant de l’endomètre, mais un frottis normal n’exclut pas un cancer de l’endomètre.
Pas forcément. Un endomètre épais peut correspondre à un polype, une hyperplasie bénigne ou un effet hormonal. Chez une femme ménopausée qui saigne, il conduit en général à une biopsie pour conclure.
Les œstrogènes pris seuls augmentent le risque chez une femme qui a encore son utérus. C’est pourquoi on leur associe toujours un progestatif dans ce cas, pour protéger l’endomètre.
Dans le cancer de l’endomètre, l’ablation des ovaires et des trompes fait partie du traitement standard. Chez une femme jeune atteinte d’une forme précoce de bas grade, la conservation des ovaires peut être discutée.
À titre indicatif, après une hystérectomie par cœlioscopie, le séjour est en général de 2 à 4 jours et l’arrêt de travail d’environ un mois, sans port de charges lourdes pendant 6 semaines. Ces repères sont adaptés à chaque patiente et aux traitements complémentaires éventuels. Au cabinet, la chirurgie des cancers gynécologiques est réalisée à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine) ; un devis est remis avant l’intervention.
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