La dépression post-partum et les autres troubles psychiques de la période périnatale (pendant la grossesse et dans l'année qui suit la naissance) sont fréquents, et ils se soignent. Le baby-blues, transitoire, dure quelques jours ; une tristesse ou une anxiété qui persistent au-delà de deux semaines doivent faire penser à une dépression et conduire à consulter. La psychose puerpérale, rare, est une urgence. En France, le suicide est la première cause de décès maternel dans l'année suivant la naissance : en cas d'idées noires, appelez le 3114.
La grossesse et l'arrivée d'un enfant bouleversent le corps, le sommeil, le couple et l'identité. Ces changements peuvent révéler ou aggraver une fragilité psychique. Selon une synthèse publiée dans The Lancet, les troubles psychiques font partie des complications les plus fréquentes de la grossesse et du post-partum, avec des conséquences possibles pour la mère, l'enfant et la famille.
En France, l'Enquête nationale confidentielle sur les morts maternelles 2016-2018 montre que le suicide et les autres causes psychiatriques sont la première cause de décès maternel jusqu'à un an après l'accouchement (17 % de ces décès). Repérer et traiter ces troubles fait donc partie du suivi de grossesse, au même titre que la tension ou les échographies, jusqu'à votre accouchement à Paris et au-delà.
L'entretien prénatal précoce, proposé à toutes les femmes enceintes, et l'entretien postnatal précoce, réalisé entre la 4e et la 8e semaine après la naissance, sont des moments privilégiés pour en parler.
Si vous prenez un traitement psychiatrique, ne l'arrêtez pas seule en découvrant votre grossesse. Plusieurs médicaments peuvent être poursuivis ; la décision se prend avec votre psychiatre et votre obstétricien, en pesant les risques de la maladie et ceux du traitement. Notre article sur les médicaments pendant la grossesse détaille ces principes.
Le tableau ci-dessous résume les principales situations. Il aide à se repérer, mais seul un professionnel peut poser un diagnostic.
| Situation | Quand ? | Signes principaux | Que faire ? |
|---|---|---|---|
| Baby-blues | Entre le 3e et le 10e jour, dure quelques jours | Larmes faciles, hypersensibilité, irritabilité, sentiment d'être dépassée | Repos, soutien de l'entourage ; consulter si cela dure plus de deux semaines |
| Dépression prénatale | Pendant la grossesse | Tristesse, perte d'intérêt, fatigue, culpabilité, troubles du sommeil non liés à la grossesse | Consulter : soutien psychologique, parfois traitement |
| Dépression du post-partum | Dans les semaines ou les mois suivant la naissance, jusqu'à un an | Tristesse persistante, perte de plaisir, sentiment d'être une mauvaise mère, anxiété majeure, idées noires | Consulter rapidement ; psychothérapie, traitement si besoin, parfois hospitalisation mère-bébé |
| Psychose du post-partum | Brutalement, le plus souvent dans les premières semaines | Confusion, insomnie totale, agitation ou euphorie, idées délirantes autour de l'enfant, comportement inhabituel | Urgence : 15 ou urgences psychiatriques |
Les troubles anxieux (crises d'angoisse, inquiétude envahissante, pensées obsédantes de faire du mal au bébé, que la mère vit comme horribles et qu'elle ne met pas en acte) et le stress post-traumatique après un accouchement difficile sont aussi fréquents. Ils méritent d'être pris en charge.
Elle est rare : un premier épisode survient après environ 0,25 à 0,6 naissance sur 1 000. Elle débute souvent brutalement, parfois en quelques heures, chez une femme qui semblait aller bien. Le risque est plus élevé en cas de trouble bipolaire personnel ou d'antécédent familial de psychose du post-partum. Une cause médicale (infection, trouble de la thyroïde, problème neurologique) est toujours recherchée. Le traitement repose sur une hospitalisation, idéalement en unité mère-bébé, et des médicaments adaptés. L'épisode guérit le plus souvent, mais un suivi est nécessaire : après une psychose du post-partum isolée, le risque de récidive lors d'une grossesse suivante est d'environ un tiers, et une prévention peut être organisée.
Parlez-en rapidement à votre gynécologue, votre sage-femme, votre médecin traitant ou au pédiatre de votre enfant si, pendant plus de deux semaines :
Le conjoint et l'entourage jouent un rôle clé : ce sont souvent eux qui repèrent les premiers un changement. Ils peuvent aussi prendre contact avec un professionnel.
Si besoin, le cabinet vous oriente vers une équipe de psychiatrie périnatale ou un professionnel adapté.
Appelez le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences de la maternité ou aux urgences psychiatriques, si vous ou un proche constatez :
Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour vous comme pour vos proches. Pendant la grossesse, des symptômes physiques associés (saignements, douleurs, diminution des mouvements du bébé) imposent aussi de consulter aux urgences de la maternité.
Le suivi des suites de couches, détaillé dans notre article sur l'allaitement maternel, est aussi l'occasion d'aborder votre moral.
Non. Le baby-blues est fréquent, transitoire et disparaît en quelques jours sans traitement. Si les symptômes persistent au-delà de deux semaines ou s'aggravent, il faut consulter pour rechercher une dépression du post-partum.
Oui. Les pères et co-parents peuvent présenter une dépression dans l'année qui suit la naissance. Les mêmes signes doivent les amener à consulter leur médecin.
Souvent oui : plusieurs antidépresseurs sont compatibles avec l'allaitement. Le choix du traitement tient compte de votre souhait d'allaiter et se décide avec votre médecin.
Ces pensées intrusives sont fréquentes, notamment en cas d'anxiété, et elles sont vécues avec horreur par la mère. Elles ne signifient pas un passage à l'acte, mais elles méritent d'être dites à un professionnel pour être soulagées.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.