Une fausse couche (avortement spontané) est la perte d'une grossesse avant 22 SA : précoce avant 14 SA, tardive entre 14 et 22 SA ; à partir de 22 SA, on parle de mort fœtale in utero. La fausse couche précoce est fréquente et le plus souvent due au hasard ; les pertes plus tardives justifient un bilan pour en rechercher la cause. Dans tous les cas, un accompagnement médical et psychologique est proposé aux parents, qui ne sont pas responsables de cette perte.
Perdre une grossesse est une épreuve, quel que soit le terme. Les informations sur le suivi de grossesse et la naissance se trouvent sur la page Accouchement à Paris.
| Type de perte | Terme | Ce que cela recouvre |
|---|---|---|
| Grossesse biochimique | Tout début de grossesse | Test positif puis rapidement négatif, sans grossesse visible à l'échographie |
| Fausse couche précoce | Avant 14 SA | Arrêt de la grossesse : embryon sans activité cardiaque, sac sans embryon (« œuf clair ») ou expulsion spontanée |
| Fausse couche tardive | Entre 14 et 22 SA | Expulsion spontanée ou arrêt de la grossesse, souvent après une ouverture du col ou une rupture de la poche des eaux |
| Mort fœtale in utero | À partir de 22 SA | Arrêt de l'activité cardiaque du bébé avant la naissance |
Les limites peuvent varier légèrement selon les sociétés savantes et les pays. Le seuil de 22 SA, ou un poids de 500 grammes, correspond au critère de viabilité de l'Organisation mondiale de la santé. En France, il ne conditionne plus l'acte d'enfant sans vie, établi sur un certificat médical d'accouchement depuis 2008.
Elle concerne environ 15 % des grossesses reconnues. Dans la majorité des cas, elle est due à une anomalie chromosomique de l'embryon survenue par hasard lors de la conception. Le risque augmente avec l'âge maternel. Le stress, le travail, le sport modéré ou les rapports sexuels n'en sont pas la cause. Les premiers signes et la conduite à tenir sont détaillés dans l'article saignements au premier trimestre.
Les causes les plus fréquentes sont une infection (qui peut remonter du vagin vers l'utérus ou venir du sang, comme la listériose), une insuffisance du col qui s'ouvre sans contraction, une malformation de l'utérus, ou plus rarement une anomalie du fœtus.
Les principales causes retrouvées sont les anomalies du placenta (insuffisance placentaire, hématome rétroplacentaire), les complications maternelles (pré-éclampsie, diabète, maladies auto-immunes, cholestase gravidique sévère), les infections, les anomalies du cordon et les anomalies fœtales. Le tabac, l'obésité et l'âge maternel élevé augmentent le risque. Malgré un bilan complet, une partie des décès reste sans explication.
Selon la situation et votre choix : attente de l'expulsion naturelle, traitement médicamenteux ou aspiration. Avant 12 SA, le CNGOF recommande depuis 2024 de ne pas injecter d'immunoglobulines anti-D, même si vous êtes Rhésus négatif. Le suivi est décrit dans l'article surveillance après une fausse couche.
Le diagnostic est confirmé par une échographie. L'équipe vous laisse le temps nécessaire, sauf urgence médicale (infection, hémorragie, pré-éclampsie sévère). Le plus souvent, la naissance a lieu par voie basse, après un déclenchement par médicaments, avec une prise en charge de la douleur, souvent par péridurale. La césarienne n'est proposée que dans des situations particulières, car elle ne facilite pas le vécu et expose les grossesses suivantes à des risques.
Si vous êtes Rhésus négatif, une injection d'immunoglobulines anti-D est faite dans les 72 heures. Un traitement est aussi prévu pour limiter la montée de lait si vous le souhaitez.
Après une fausse couche isolée, aucun bilan n'est nécessaire. En France, un bilan est classiquement proposé après trois fausses couches précoces consécutives ; les recommandations européennes de l'ESHRE (2022) proposent de l'envisager dès deux pertes de grossesse. Il comprend notamment :
La recherche systématique de thrombophilies héréditaires n'est plus recommandée. Dans environ la moitié des cas, aucune cause n'est trouvée, et les chances de naissance lors d'une grossesse suivante restent bonnes.
Le bilan est guidé par le contexte : prélèvements à la recherche d'une infection, bilan sanguin (pré-éclampsie, diabète, coagulation, anticorps, passage de sang fœtal dans la circulation maternelle par le test de Kleihauer), sérologies ciblées (parvovirus B19, CMV, toxoplasmose).
Les deux examens les plus informatifs sont l'examen du placenta et l'examen fœtopathologique (autopsie). L'autopsie n'est réalisée qu'avec l'accord écrit des parents. Elle se fait avec respect, et le corps peut ensuite être vu et accompagné. Une analyse génétique peut aussi être proposée.
La perte d'une grossesse est souvent vécue comme la perte d'un enfant, même très précocement. Sidération, tristesse, colère, culpabilité ou sentiment d'injustice sont des réactions fréquentes. Après une fausse couche, des symptômes de stress post-traumatique, d'anxiété ou de dépression touchent une part importante des femmes et persistent parfois au-delà de neuf mois.
En cas de détresse importante, d'idées noires ou de pensées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24.
N'hésitez pas à demander l'aide de l'assistante sociale de la maternité.
Une consultation à distance, souvent quelques semaines après la perte, permet de revoir les résultats du bilan, de répondre à vos questions et de préparer une éventuelle nouvelle grossesse. Les recommandations françaises ne conseillent pas de différer une nouvelle grossesse après une fausse couche précoce ; après une perte tardive, le moment se décide avec vous, selon votre récupération physique et psychique. Selon la cause retrouvée, un suivi renforcé, un traitement (aspirine, héparine, cerclage du col) ou des échographies plus fréquentes peuvent être proposés.
En cas de malaise, d'hémorragie ou de détresse, appelez le 15 ou le 112. Vous pouvez aussi vous rendre aux urgences de la maternité où vous êtes suivie (Maternité Sainte-Félicité ou Clinique Sainte-Thérèse).
Non. La plupart des fausses couches précoces sont dues à une anomalie chromosomique survenue par hasard, et ni le stress, ni le travail, ni l'activité physique habituelle, ni les rapports sexuels n'en sont responsables.
En France, un bilan est classiquement proposé après trois fausses couches précoces consécutives, et les recommandations européennes l'envisagent dès deux. Une fausse couche tardive ou une mort fœtale in utero justifie un bilan dès le premier épisode.
Le risque est un peu plus élevé qu'en population générale, mais la grande majorité des grossesses suivantes aboutissent à la naissance d'un enfant vivant. Un suivi adapté à la cause retrouvée est mis en place.
Non, l'examen fœtopathologique n'est réalisé qu'avec l'accord écrit des parents. Il apporte souvent des informations utiles pour comprendre la perte et préparer une grossesse future.
Des saignements, avec ou sans douleurs du bas-ventre, sont les signes les plus fréquents, mais ils ne signifient pas toujours une fausse couche. Seule une échographie, parfois associée à un dosage de l'hormone hCG, permet de confirmer le diagnostic. Voir saignements au premier trimestre.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.