La plupart des problèmes de peau pendant la grossesse sont des changements normaux qui disparaissent après l'accouchement : pigmentation, vergetures, petits vaisseaux visibles. Quatre maladies de peau sont propres à la grossesse (dermatoses spécifiques de la grossesse) ; elles ont en commun de provoquer des démangeaisons. Des démangeaisons intenses sans bouton, surtout aux paumes et aux plantes, doivent faire rechercher une cholestase gravidique par une prise de sang, car elle peut avoir des conséquences pour le bébé.
Les hormones de la grossesse agissent directement sur la peau, les vaisseaux et les cheveux. Ces modifications sont dites physiologiques : elles ne traduisent pas une maladie. Elles sont abordées au fil du suivi prénatal, jusqu'à votre accouchement à Paris.
Pour limiter le masque de grossesse, une protection solaire haute est conseillée. Aucune crème n'a démontré qu'elle empêchait les vergetures ; une hydratation régulière peut toutefois améliorer le confort.
Oui. L'eczéma (dermatite atopique) s'aggrave souvent, alors que le psoriasis peut s'améliorer ou s'aggraver. Certaines maladies auto-immunes comme le lupus nécessitent un suivi conjoint entre obstétricien, dermatologue et médecin interniste, idéalement préparé avant la grossesse. Plusieurs traitements de la peau sont contre-indiqués pendant la grossesse, comme les rétinoïdes. Signalez tous vos traitements, y compris les crèmes, et consultez notre article sur les médicaments pendant la grossesse.
La classification internationale, proposée par Ambros-Rudolph et coll., distingue quatre maladies propres à la grossesse. Toutes provoquent des démangeaisons, mais leurs signes et leurs risques diffèrent.
| Dermatose | Moment habituel | Aspect | Risque pour le bébé |
|---|---|---|---|
| Éruption atopique de la grossesse | Souvent avant le 3e trimestre | Plaques d'eczéma ou petits boutons sur les plis, le visage, les membres | Aucun risque démontré |
| Éruption polymorphe de la grossesse (anciennement PUPPP) | Fin du 3e trimestre, surtout 1re grossesse ou jumeaux | Plaques rouges qui démangent, débutant dans les vergetures du ventre et épargnant le nombril | Aucun risque démontré |
| Pemphigoïde gravidique | 2e ou 3e trimestre, parfois après l'accouchement | Plaques autour du nombril, puis bulles tendues sur le tronc et les membres | Prématurité, bébé de petit poids ; lésions transitoires possibles chez le nouveau-né |
| Cholestase gravidique | Le plus souvent au 3e trimestre | Pas de bouton au départ, seulement des marques de grattage ; démangeaisons des paumes et des plantes, pires la nuit | Prématurité ; risque de mort fœtale lié au taux d'acides biliaires |
La cholestase intrahépatique gravidique est une maladie du foie liée à la grossesse : les acides biliaires s'accumulent dans le sang. Elle se manifeste par des démangeaisons intenses, souvent nocturnes, des paumes et des plantes, puis de tout le corps, sans éruption.
Les démangeaisons disparaissent en quelques jours à quelques semaines après la naissance. La cholestase récidive souvent lors des grossesses suivantes, et la pilule contenant des œstrogènes peut parfois la réactiver. Après l'accouchement, les acides biliaires et les transaminases sont contrôlés : ils doivent être normalisés avant la prescription d'une pilule œstroprogestative.
Elles sont gênantes mais sans danger pour le bébé. Les crèmes à base de corticoïdes et des émollients soulagent le plus souvent ; un antihistaminique compatible avec la grossesse peut être prescrit. L'éruption polymorphe disparaît en quelques semaines après l'accouchement et récidive rarement.
C'est une maladie auto-immune rare : des anticorps attaquent la jonction entre les couches de la peau et forment des bulles. Le diagnostic repose sur une biopsie de peau avec immunofluorescence. Le traitement associe des corticoïdes en crème et, dans les formes étendues, des corticoïdes par voie générale. Une poussée est fréquente au moment de l'accouchement. La maladie récidive souvent, plus tôt et plus fortement, lors des grossesses suivantes ; la pilule œstroprogestative peut aussi la réactiver. La compatibilité de l'allaitement avec le traitement est discutée au cas par cas. La surveillance de la croissance du bébé est renforcée.
Si nécessaire, le cabinet vous oriente vers un dermatologue.
En attendant la consultation, et en complément du traitement prescrit, quelques mesures simples apaisent la peau :
Ces conseils ne remplacent pas le bilan : des démangeaisons qui persistent malgré ces mesures doivent être signalées, même sans bouton visible.
Consultez rapidement votre médecin ou votre sage-femme en cas de démangeaisons importantes et persistantes, surtout des paumes et des plantes, ou d'apparition de bulles. Rendez-vous aux urgences de la maternité, ou appelez le 15 (SAMU) ou le 112 en cas de malaise, si :
Les autres causes de démangeaisons sont détaillées dans notre article démangeaisons pendant la grossesse : quand s'inquiéter.
Elles ne disparaissent pas complètement, mais elles s'atténuent et blanchissent avec le temps. Aucune crème n'a prouvé qu'elle les prévenait ; certains traitements dermatologiques peuvent les améliorer après la grossesse et l'allaitement.
Il s'atténue souvent dans les mois qui suivent l'accouchement, mais il peut persister. La protection solaire est la principale prévention ; un dermatologue peut proposer des traitements après la grossesse.
Des démangeaisons légères liées à l'étirement de la peau sont fréquentes. Des démangeaisons intenses, nocturnes, ou touchant les paumes et les plantes justifient une prise de sang pour rechercher une cholestase.
La cholestase gravidique et la pemphigoïde gravidique récidivent fréquemment. L'éruption polymorphe récidive rarement. Signalez vos antécédents dès le début de la grossesse suivante.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.