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Chirurgie et examens

Cœlioscopie ou laparotomie : quelles différences ?

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20278 min de lecture

En bref

Cœlioscopie ou laparotomie : la cœlioscopie (chirurgie mini-invasive) opère l'abdomen par trois ou quatre petites incisions de 5 à 10 mm, sous le contrôle d'une caméra, alors que la laparotomie (chirurgie « à ventre ouvert ») ouvre le ventre par une incision de plusieurs centimètres. Pour les kystes bénins de l'ovaire, une revue Cochrane de neuf essais randomisés montre qu'avec la cœlioscopie les complications sont environ trois fois moins fréquentes, la douleur plus faible et l'hospitalisation plus courte d'environ trois jours. La laparotomie reste justifiée dans certaines situations : suspicion de cancer de l'ovaire, masse très volumineuse, contre-indication à la cœlioscopie ou difficulté découverte pendant l'intervention.

Quelle est la différence technique entre les deux voies d'abord ?

Cœlioscopie : installation — Position de l'opérateur, des aides, de l'anesthésiste et de l'écran ; points d'entrée des trocarts (1 à 4).
Chirurgie gynécologiqueCœlioscopie : installationPosition de l'opérateur, des aides, de l'anesthésiste et de l'écran ; points d'entrée des trocarts (1 à 4).Illustration : Guillaume Blanchet · © Dr Olivier Kadoch

La cœlioscopie (ou laparoscopie)

Sous anesthésie générale, le chirurgien insuffle du gaz carbonique dans l'abdomen pour créer un espace de travail. Une optique reliée à une caméra est introduite par le nombril. Deux ou trois autres incisions de quelques millimètres, dans le bas du ventre, permettent de passer les instruments. Le chirurgien opère en regardant un écran, avec une vision grossie des organes du pelvis. Le déroulement détaillé est décrit dans l'article consacré à la cœlioscopie gynécologique.

La laparotomie

Le chirurgien ouvre la paroi de l'abdomen et travaille directement avec ses mains et ses instruments. Deux incisions sont utilisées en gynécologie :

  • l'incision horizontale basse (dite de Pfannenstiel), au-dessus du pubis, la même que pour la plupart des césariennes ;
  • l'incision verticale médiane, du pubis vers le nombril, voire au-dessus, lorsque l'on a besoin d'un accès large à tout l'abdomen, notamment en cancérologie.

Les autres voies

La voie vaginale (hystérectomie par voie basse) et l'hystéroscopie (chirurgie de l'intérieur de l'utérus par les voies naturelles) n'ouvrent pas l'abdomen.

Que montrent les études en faveur de la cœlioscopie ?

Deux revues Cochrane, qui rassemblent des essais randomisés, permettent de comparer les deux voies de façon fiable.

Pour les tumeurs bénignes de l'ovaire, la revue de Medeiros et coll. a analysé neuf essais (482 femmes). Par rapport à la laparotomie, la cœlioscopie était associée à :

  • moins d'événements indésirables (blessure opératoire, fièvre, infection), avec un risque environ trois fois plus faible ;
  • une douleur postopératoire plus faible, et une probabilité nettement plus élevée de ne plus avoir mal au deuxième jour ;
  • une hospitalisation plus courte d'environ trois jours en moyenne ;
  • un coût total plus faible dans l'étude qui l'a évalué.

Pour l'hystérectomie pour maladie bénigne, la revue d'Aarts et coll. (47 essais, 5 102 femmes) montre que la reprise des activités normales est plus rapide d'environ deux semaines après une hystérectomie cœlioscopique qu'après une hystérectomie par laparotomie, avec moins d'épisodes de fièvre et d'infections de paroi. En contrepartie, les blessures des voies urinaires (vessie, uretère) étaient plus fréquentes après cœlioscopie. Lorsque la voie vaginale est possible, elle reste la voie à privilégier selon cette revue.

Tableau comparatif : cœlioscopie ou laparotomie ?

CritèreCœlioscopieLaparotomie
Incisions3 à 4 incisions de 5 à 10 mmUne incision de plusieurs centimètres, horizontale ou verticale
Douleur après l'opérationPlus faible ; souvent douleur des épaules liée au gaz, 24–48 hPlus marquée, liée à la cicatrice de paroi
Durée d'hospitalisationPlus courte (près de 3 jours de moins en moyenne pour les kystes de l'ovaire)Plus longue
Reprise des activitésPlus rapide (environ 2 semaines de moins pour l'hystérectomie)Plus lente
Infection de la paroi (hystérectomie)Moins fréquentePlus fréquente
Fièvre, infection postopératoireMoins fréquentesPlus fréquentes
Blessure urinaire (hystérectomie)Un peu plus fréquenteUn peu moins fréquente
Durée opératoireSouvent plus longueSouvent plus courte
Vision du chirurgienGrossie, sur écran ; pas de toucher directDirecte, avec palpation possible
Indications privilégiéesKystes bénins, endométriose, grossesse extra-utérine, hystérectomie bénigne, myomectomie selon le casSuspicion de cancer de l'ovaire, masse très volumineuse, contre-indication ou échec de la cœlioscopie

La durée d'hospitalisation dépend de l'intervention réalisée ; elle vous est précisée en consultation.

Dans quelles situations la laparotomie reste-t-elle nécessaire ?

La cœlioscopie est la voie privilégiée pour la majorité des interventions gynécologiques bénignes. La laparotomie reste indiquée lorsque :

  • une tumeur de l'ovaire paraît suspecte de cancer : il faut alors retirer la masse sans la rompre et explorer tout l'abdomen. La revue Cochrane rappelle que, si la tumeur se révèle maligne, la laparotomie est la voie appropriée ; d'où l'importance du bilan avant l'opération (échographie, parfois IRM, marqueur CA 125) ;
  • la masse est très volumineuse (gros kyste, utérus fibromateux très augmenté de volume) et ne peut pas être retirée en sécurité par de petites incisions ;
  • le ventre a déjà été beaucoup opéré, avec des adhérences étendues ;
  • l'anesthésie ne tolère pas le pneumopéritoine (insufflation de gaz) ou la position tête en bas, par exemple en cas de maladie cardiaque ou respiratoire sévère ;
  • une hémorragie interne massive impose d'agir très vite.

Dans le cancer de l'ovaire avancé, la chirurgie de cytoréduction se fait le plus souvent par une grande incision médiane. Les stratégies sont discutées en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Qu'est-ce qu'une conversion en laparotomie ?

Une intervention commencée par cœlioscopie peut être « convertie » en laparotomie en cours d'opération. Les raisons habituelles sont des adhérences importantes, un saignement difficile à contrôler, une lésion d'un organe voisin, ou une découverte inattendue (lésion suspecte). La conversion est une décision de sécurité. Le risque de conversion vous est expliqué avant l'opération, en fonction de votre situation, et vous signez un consentement qui la prévoit.

La cœlioscopie a-t-elle des risques propres ?

Oui, ces risques sont rares :

  • blessure lors de l'introduction des instruments : intestin, vessie ou gros vaisseaux ;
  • blessure urinaire (vessie, uretère), un peu plus fréquente lors des hystérectomies cœlioscopiques selon la revue Cochrane ;
  • douleurs des épaules pendant un ou deux jours, liées au gaz résiduel ;
  • hernie sur un orifice de trocart, rare.

Pour l'hystérectomie bénigne, les recommandations du CNGOF préconisent la voie vaginale ou la voie cœlioscopique plutôt que la laparotomie, y compris en cas d'utérus volumineux ou d'obésité. Elles soulignent aussi l'importance de l'expérience du chirurgien et de l'évaluation du risque de cancer avant tout morcellement de l'utérus ou d'un fibrome.

Quelles cicatrices après chaque technique ?

Après cœlioscopie, il reste trois ou quatre cicatrices de moins d'un centimètre : une dans le nombril, souvent peu visible, et deux ou trois dans le bas du ventre. Après une laparotomie horizontale, la cicatrice se situe en général sous la ligne du maillot ; après une incision verticale, elle est plus visible. La cicatrice s'éclaircit progressivement en plusieurs mois. Une cicatrice épaisse ou douloureuse doit être signalée lors de la consultation de contrôle.

Comment se passe la récupération ?

Après cœlioscopie, la marche est reprise le jour même ou le lendemain. La fatigue peut durer une à deux semaines, davantage après une hystérectomie. Après laparotomie, la paroi abdominale doit cicatriser : on évite le port de charges lourdes et les efforts abdominaux pendant plusieurs semaines.

À titre indicatif, l'arrêt de travail est en général de 1 à 4 semaines après cœlioscopie selon le geste, et de 4 à 8 semaines après laparotomie ; il est adapté en consultation à l'intervention et à votre métier.

Comment le chirurgien choisit-il la voie d'abord ?

Le choix repose sur :

  • la nature probable de la lésion (bénigne ou suspecte) d'après l'imagerie ;
  • sa taille et sa localisation ;
  • vos antécédents opératoires et médicaux ;
  • l'expérience de l'équipe et l'équipement disponible ;
  • vos préférences, une fois les bénéfices et les risques expliqués. La revue Cochrane sur l'hystérectomie conclut d'ailleurs que la voie d'abord devrait être décidée par la patiente en discussion avec son chirurgien.

Les interventions ont lieu à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), à la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine). Un devis vous est remis avant l'intervention.

Quand consulter en urgence ?

Après une cœlioscopie comme après une laparotomie, appelez le chirurgien ou le 15 en cas de :

  • fièvre supérieure à 38,5 °C ;
  • douleur abdominale qui augmente au lieu de diminuer, ventre dur ou gonflé ;
  • vomissements répétés, arrêt des gaz et des selles ;
  • saignement abondant ou écoulement purulent par une cicatrice ;
  • essoufflement, douleur dans la poitrine ou mollet douloureux et gonflé.

Questions fréquentes

La cœlioscopie est-elle une « petite » opération ?

Non. Les incisions sont petites, mais l'intervention réalisée à l'intérieur peut être aussi importante qu'en laparotomie (hystérectomie, exérèse d'endométriose). L'anesthésie est générale et les risques chirurgicaux existent.

Peut-on retirer un gros kyste de l'ovaire par cœlioscopie ?

Souvent oui, si l'imagerie est rassurante et que le kyste peut être retiré dans un sac sans se rompre dans l'abdomen. Une masse très volumineuse ou suspecte peut justifier une laparotomie.

Une césarienne antérieure empêche-t-elle la cœlioscopie ?

Non. Une ou plusieurs césariennes peuvent laisser des adhérences, que le chirurgien prend en compte pour placer les instruments. Les recommandations du CNGOF précisent qu'une césarienne antérieure ne contre-indique pas non plus l'hystérectomie par voie vaginale.

Pourquoi ai-je mal aux épaules après une cœlioscopie ?

Le gaz utilisé pour gonfler l'abdomen irrite le diaphragme, et cette douleur est ressentie dans les épaules. Elle disparaît en général en 24 à 48 heures ; marcher aide à l'éliminer.

Quelle convalescence après une laparotomie ou une cœlioscopie ?

À titre indicatif, l'hospitalisation est en général de 3 à 6 jours après une laparotomie (myomectomie, hystérectomie), et va de l'ambulatoire à 4 jours après une cœlioscopie selon le geste. Après une laparotomie, le sport est en général repris après 6 à 12 semaines et les rapports après 4 à 8 semaines ; les bains sont évités environ 4 semaines. Une consultation post-opératoire a lieu en général 4 à 6 semaines après l'intervention : ces repères y sont adaptés à votre situation, et le délai avant une grossesse y est discuté.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.