La reconstruction clitoridienne est une intervention de chirurgie réparatrice proposée aux femmes qui ont subi une excision (mutilation sexuelle féminine) ; elle consiste à dégager la partie du clitoris restée sous la cicatrice pour la replacer à l'extérieur, et ses résultats s'apprécient sur plusieurs mois. Dans la plus grande série publiée (2 938 femmes opérées en France, The Lancet, 2012), la grande majorité des patientes revues à un an décrivaient une douleur stable ou diminuée, et les complications immédiates concernaient environ 5 % des patientes. L'intervention est prise en charge par l'Assurance maladie et doit s'accompagner d'un suivi psychologique et sexologique.
L'intervention concerne les femmes majeures ayant subi une mutilation sexuelle touchant le clitoris (types I, II et parfois III de la classification de l'OMS). Les raisons qui conduisent à la demander sont variées :
Dans l'étude de Foldès publiée dans The Lancet, la quasi-totalité des femmes (99 %) citaient la « récupération de leur identité » comme attente principale, 81 % une amélioration de leur vie sexuelle et 29 % une diminution de la douleur.
La demande n'est jamais urgente. Elle s'inscrit dans un parcours plus large, décrit dans l'article « Excision : conséquences, accompagnement et prise en charge ».
La décision repose sur plusieurs consultations.
La technique la plus diffusée est celle décrite par le Dr Pierre Foldès. Lors d'une excision, seule la partie visible du clitoris (le gland) est retirée ; le corps du clitoris, long de plusieurs centimètres, reste en place sous la peau. La chirurgie s'appuie sur cette anatomie.
Les étapes décrites dans la publication du Lancet sont :
L'intervention se fait en général sous anesthésie générale, à l'Hôpital privé Geoffroy Saint-Hilaire (Paris 5e), à la Clinique de la Muette (Paris 16e) ou à la Clinique Ambroise Paré (Neuilly-sur-Seine). La durée d'hospitalisation vous est précisée en consultation.
Les suites sont marquées par une cicatrisation progressive, qui demande de la patience.
| Période | Ce qui est habituel | Ce qui doit alerter |
|---|---|---|
| Premiers jours | Douleur modérée, gonflement, petits saignements, inconfort pour s'asseoir et uriner | Saignement abondant, hématome qui grossit, fièvre |
| Premières semaines | Cicatrisation du nouveau gland, présence de croûtes ou de fibrine (dépôt blanchâtre normal) | Douleur qui augmente, écoulement malodorant, désunion de la cicatrice |
| Premiers mois | Sensations nouvelles, parfois une hypersensibilité, puis évolution progressive | Douleur persistante ou invalidante |
À titre indicatif, l'hospitalisation dure en général une nuit ; l'arrêt de travail est en général d'environ 10 jours après la sortie, renouvelable si nécessaire. Les rapports reprennent lorsque la zone est indolore, souvent après 5 à 8 semaines, et le sport après 6 à 8 semaines selon la cicatrisation ; ces repères sont adaptés en consultation. Une consultation post-opératoire a lieu en général 4 à 6 semaines après l'intervention (plus tôt si besoin) ; les contrôles suivants sont fixés à ce moment-là.
La reprise de l'activité sexuelle se fait à son rythme, une fois la cicatrisation obtenue. Les nouvelles sensations doivent souvent être apprivoisées : c'est l'un des objectifs du suivi sexologique.
Comme toute chirurgie, la reconstruction comporte des risques. Dans la série de 2 938 patientes publiée dans The Lancet, des complications immédiates (hématome, lâchage de suture, fièvre modérée) sont survenues chez 5 % des femmes, et 4 % ont été brièvement réhospitalisées.
Les autres risques à connaître :
C'est pourquoi l'information préalable doit être complète et la décision partagée.
À un an, dans l'étude de Foldès, 42 % des femmes revues avaient un gland visible sans capuchon, 28 % un clitoris d'aspect normal, 24 % une projection visible et 6 % une projection palpable ; moins de 1 % ne notaient aucun changement. La revue du BJOG, qui regroupe plusieurs études, retrouve un clitoris visible chez environ 77 % des femmes.
Sur 840 femmes revues à un an dans la série du Lancet, 821 décrivaient une douleur améliorée ou au moins non aggravée.
Dans la même série, 815 femmes sur 834 décrivaient un plaisir clitoridien amélioré ou stable, et 51 % rapportaient des orgasmes à un an. La revue du BJOG confirme une amélioration pour la majorité des femmes, mais souligne la variabilité des résultats.
Il faut les lire avec prudence : moins d'un tiers des femmes opérées dans la série du Lancet sont revenues à la consultation à un an, et les questionnaires utilisés n'étaient pas standardisés. La revue du BJOG conclut que les femmes doivent être informées du faible niveau de preuve concernant les bénéfices. Le résultat dépend aussi du vécu, de l'accompagnement et du temps.
La chirurgie répare un organe ; elle ne répare pas à elle seule une histoire. Les sensations d'un clitoris longtemps enfoui sous une cicatrice sont nouvelles et parfois déroutantes. Le travail avec un sexologue ou un psychologue aide à :
La HAS recommande cet accompagnement en complément de la chirurgie. Il peut commencer avant l'intervention et se prolonger plusieurs mois après.
Oui. La HAS rappelle que la réparation clitoridienne est un acte de chirurgie réparatrice, non esthétique, pris en charge par la Sécurité sociale. Un devis vous est remis avant l'intervention.
Après l'intervention, contactez sans attendre l'équipe chirurgicale, ou appelez le 15, en cas de :
Les premiers jours sont inconfortables et nécessitent des antalgiques. Dans la grande majorité des cas publiés, la douleur s'atténue au fil de la cicatrisation, et de nombreuses femmes constatent à terme une diminution de leurs douleurs antérieures.
Le mode d'accouchement est décidé par l'équipe obstétricale, qui doit être informée de l'intervention afin d'adapter la surveillance de l'accouchement.
Non. Les sensations évoluent progressivement pendant plusieurs mois. Une hypersensibilité temporaire est possible au début.
Un accompagnement psychologique ou sexologique est recommandé par la HAS. Il n'est pas une condition administrative.
Non. La décision vous appartient. Vous pouvez, si vous le souhaitez, l'associer aux consultations.
La cicatrisation se fait sur plusieurs semaines. À titre indicatif, l'hospitalisation dure en général une nuit ; l'arrêt de travail est en général d'environ 10 jours, les rapports reprennent lorsque la zone est indolore, souvent après 5 à 8 semaines, et le sport après 6 à 8 semaines. Une consultation post-opératoire a lieu en général 4 à 6 semaines après l'intervention ; ces repères sont adaptés à chaque patiente.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.