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Ménopause

Sécheresse vaginale : causes, symptômes et traitements

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20276 min de lecture

En bref

La sécheresse vaginale, ou sécheresse intime, est le plus souvent liée à la baisse des œstrogènes, surtout après la ménopause (syndrome génito-urinaire de la ménopause), mais elle peut aussi survenir après un accouchement, pendant l'allaitement ou sous certains traitements. Elle se soigne : hydratants et lubrifiants pour toutes, œstrogènes locaux à faible dose ou prastérone si besoin, et options non hormonales en priorité après un cancer du sein.

Qu'est-ce que la sécheresse vaginale et qui est concernée ?

La sécheresse vaginale correspond à une muqueuse du vagin moins hydratée, plus fine et moins souple. Elle se traduit par des tiraillements, des brûlures ou des douleurs pendant les rapports. Après la ménopause, elle fait partie d'un ensemble plus large appelé syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM), qui associe des symptômes vulvaires, vaginaux, sexuels et urinaires. On parlait autrefois d'« atrophie vulvo-vaginale ».

Ce trouble est très fréquent : selon la société nord-américaine de la ménopause (NAMS), il concerne de 27 à 84 % des femmes ménopausées selon les études. Contrairement aux bouffées de chaleur, il a tendance à persister, voire à s'aggraver avec le temps s'il n'est pas traité. Beaucoup de femmes n'osent pas en parler, alors que les symptômes peuvent être traités efficacement dans la plupart des cas. Le Dr Kadoch aborde ce sujet en consultation de gynécologie, comme les autres questions de santé intime.

Quelles sont les causes de la sécheresse vaginale ?

La cause principale est la baisse des œstrogènes. Ces hormones entretiennent l'épaisseur de la muqueuse, sa vascularisation, sa lubrification et l'équilibre de la flore vaginale. Quand elles diminuent, le vagin devient plus fin, plus fragile et plus sec.

Causes hormonales

  • Ménopause naturelle, de loin la situation la plus fréquente.
  • Ménopause induite : ablation des deux ovaires, chimiothérapie, radiothérapie du pelvis.
  • Traitements anti-hormonaux après un cancer du sein (tamoxifène, inhibiteurs de l'aromatase), ou traitements qui mettent les ovaires au repos (par exemple pour une endométriose).
  • Post-partum et allaitement : la sécheresse est alors habituellement transitoire.

Autres facteurs

  • Certains médicaments (antihistaminiques, certains antidépresseurs, par exemple).
  • Tabac, qui altère la vascularisation des tissus.
  • Hygiène intime agressive : savons parfumés, douches vaginales, lingettes.
  • Maladies de la vulve, comme le lichen scléreux, ou maladies générales comme le syndrome de Gougerot-Sjögren.
  • Stress, fatigue, excitation insuffisante avant un rapport.

Quels symptômes doivent faire penser à une sécheresse vaginale ?

  • Symptômes locaux : sensation de sécheresse, tiraillements, brûlures, démangeaisons, irritation de la vulve.
  • Symptômes sexuels : douleurs à la pénétration (dyspareunie), lubrification insuffisante, petits saignements après les rapports, baisse du désir liée à l'appréhension de la douleur.
  • Symptômes urinaires : envies pressantes, brûlures en urinant, infections urinaires à répétition.

Ces signes peuvent retentir sur la vie de couple, le sommeil et l'estime de soi. Ils justifient une consultation, même s'ils semblent « normaux pour l'âge ».

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic repose sur l'entretien et l'examen gynécologique. Le médecin vous interroge sur vos symptômes, leur ancienneté, votre statut hormonal, vos traitements et vos antécédents, notamment de cancer.

L'examen vérifie l'aspect de la vulve et du vagin : muqueuse pâle, fine, peu humide, parfois rouge ou fissurée. Il sert aussi à écarter d'autres causes qui ressemblent à une sécheresse : mycose, vaginose, infection sexuellement transmissible, lichen scléreux ou autre dermatose (voir notre article sur le prurit vulvaire). Un prélèvement vaginal peut être proposé. Le dépistage du cancer du col doit être à jour. Aucune prise de sang n'est nécessaire pour poser le diagnostic.

Quels sont les traitements de la sécheresse vaginale ?

Les recommandations françaises du CNGOF et du GEMVi (2021) proposent une prise en charge graduée. Un traitement doit être proposé à toute femme gênée.

OptionPrincipePlace selon les recommandationsPoints d'attention
LubrifiantsGel à base d'eau ou de silicone, appliqué au moment du rapportPour toutes les femmes, en première intentionEffet immédiat mais ponctuel ; les huiles abîment les préservatifs en latex
Hydratants vaginaux, acide hyaluroniqueGel ou ovule utilisé régulièrement, indépendamment des rapportsPour toutes les femmes, y compris après un cancer du seinSans hormone ; l'effet cesse à l'arrêt ; non remboursés en général
Œstrogènes locaux à faible doseOvule, crème ou gel vaginalPréférés à la voie orale pour le SGUM : efficaces sur l'ensemble des symptômesSur prescription ; passage dans le sang très faible ; discussion avec l'oncologue après un cancer du sein
Prastérone (DHEA vaginale)Ovule transformé localement en hormones sexuellesAlternative efficace sur les douleurs pendant les rapports et la fonction sexuelleSur prescription ; sécurité non établie après un cancer du sein
Traitement hormonal de la ménopauseŒstrogènes par voie cutanée ou oraleJustifié surtout s'il existe aussi des bouffées de chaleurBilan préalable et suivi ; un traitement local peut rester nécessaire

L'ospémifène, un comprimé actif sur la muqueuse vaginale, n'est pas commercialisé en France. Les données sur la testostérone, la tibolone, la DHEA par voie générale et la phytothérapie restent limitées.

Les gestes utiles au quotidien

  • Toilette à l'eau ou avec un produit doux, une fois par jour, sans douche vaginale.
  • Sous-vêtements en coton, éviter les protège-slips en continu.
  • Prendre le temps des préliminaires ; une activité sexuelle régulière, si elle est confortable, entretient la souplesse des tissus.
  • Arrêt du tabac.

Que faire en cas de sécheresse vaginale après un cancer du sein ?

Les traitements anti-hormonaux et la ménopause induite rendent souvent la sécheresse plus marquée. Les recommandations françaises placent les traitements non hormonaux en première intention : hydratants, acide hyaluronique, lubrifiants, prise en charge des douleurs et accompagnement sexologique si besoin.

Les données sur le risque de récidive avec des œstrogènes vaginaux à faible dose sont plutôt rassurantes, mais ne permettent pas d'affirmer qu'ils sont sans danger. Leur prescription, comme celle de la prastérone, se décide donc au cas par cas, avec votre oncologue. Le suivi gynécologique après la maladie est détaillé dans notre article sur le suivi après un cancer du sein.

Quand consulter rapidement ?

Consultez sans attendre votre gynécologue en cas de :

  • saignement après la ménopause, même minime, y compris après un rapport : il doit toujours être exploré (voir saignements après la ménopause) ;
  • pertes inhabituelles, malodorantes ou colorées ;
  • plaie, lésion blanche ou épaississement de la vulve qui ne guérit pas ;
  • douleurs persistantes malgré un traitement bien suivi ;
  • brûlures urinaires avec fièvre ou douleurs dans le dos.

En cas de saignement abondant, de fièvre élevée avec douleurs du bas-ventre ou de malaise, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

La sécheresse vaginale peut-elle disparaître toute seule ?

Après un accouchement ou à l'arrêt de l'allaitement, elle disparaît en général avec le retour des cycles. Après la ménopause, elle a plutôt tendance à persister ou à s'aggraver sans traitement.

Quel lubrifiant choisir ?

Un lubrifiant à base d'eau convient à la plupart des femmes et est compatible avec les préservatifs. Les lubrifiants au silicone durent plus longtemps. Les huiles sont à éviter avec les préservatifs en latex, qu'elles fragilisent.

Les œstrogènes vaginaux ont-ils les mêmes risques que le traitement hormonal de la ménopause ?

Non. À faible dose, leur passage dans le sang est très faible et les recommandations françaises les préfèrent à la voie orale pour traiter le syndrome génito-urinaire. Après un cancer du sein, leur usage se discute avec l'oncologue.

Peut-on souffrir de sécheresse vaginale avant 40 ans ?

Oui : allaitement, certains traitements hormonaux ou médicaments, stress, hygiène trop agressive ou maladie de la vulve peuvent en être responsables. Une consultation permet d'en trouver la cause.

Sécheresse intime ou mycose : comment faire la différence ?

Les deux peuvent donner des brûlures et des démangeaisons. L'examen gynécologique, complété si besoin d'un prélèvement vaginal, permet de distinguer une sécheresse d'une mycose, d'une vaginose ou d'une autre cause, et de proposer le traitement adapté.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.