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Sein

Boule dans le sein : que faire et quels examens réaliser ?

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Une boule dans le sein (nodule mammaire) est le plus souvent bénigne (kyste, adénofibrome, mastose), mais elle doit toujours être examinée par un médecin dans les jours ou semaines qui suivent sa découverte. Le bilan associe un examen clinique, une échographie et, selon l'âge, une mammographie ; une microbiopsie est faite si l'image est suspecte ou incertaine.

J'ai trouvé une boule dans mon sein : que faire ?

La bonne attitude tient en deux règles : ne pas paniquer, car la grande majorité des boules du sein ne sont pas des cancers, et ne pas attendre, car seul un examen médical permet de le confirmer.

Prenez rendez-vous avec votre gynécologue ou votre médecin traitant. Si vous avez vos règles, notez la date de découverte : une boule liée au cycle peut diminuer après les règles, mais une boule qui persiste au-delà doit être explorée. Le diagnostic et la prise en charge des tumeurs du sein relèvent de la cancérologie gynécologique et de la sénologie.

N'attendez pas la prochaine mammographie de dépistage : une boule est un symptôme, elle justifie des examens de diagnostic, pas un simple dépistage.

Quelles sont les causes d'une boule dans le sein ?

Les causes varient beaucoup selon l'âge :

CauseÂge habituelCaractéristiques
Adénofibrome15 à 35 ansBoule ronde, ferme, très mobile, indolore ; bénigne
Kyste35 à 55 ansBoule ronde, parfois sensible, peut apparaître rapidement et varier avec le cycle ; bénigne
Mastose (modifications fibrokystiques)30 à 50 ansZones irrégulières, granuleuses, souvent dans les deux seins, douloureuses avant les règles
CytostéatonécroseTout âgeBoule ferme après un choc, une chirurgie ou une radiothérapie ; bénigne
Abcès, mastiteSurtout pendant l'allaitementBoule douloureuse, peau rouge et chaude, parfois fièvre
Cancer du seinSurtout après 50 ans, possible plus tôtBoule souvent dure, indolore, mal limitée, fixée ; parfois rétraction de la peau ou du mamelon

Ces repères ne permettent pas de faire le diagnostic soi-même : une boule « typique » d'adénofibrome peut nécessiter une biopsie, et un cancer peut être mobile et régulier. D'où l'importance de l'imagerie. Pour en savoir plus, voir nos articles sur la mastose et sur la douleur du sein pendant l'allaitement.

Comment se passe la consultation ?

Le médecin vous interroge sur la date de découverte, l'évolution de la boule au cours du cycle, une douleur, un écoulement, vos traitements hormonaux et vos antécédents familiaux de cancer du sein ou de l'ovaire. Il examine ensuite les deux seins et les deux aisselles, en position assise puis allongée.

Il recherche des signes qui orientent vers une lésion bénigne (boule bien limitée, mobile, élastique) ou qui imposent des examens rapides (boule dure, fixée, rétraction de la peau ou du mamelon, peau d'orange, ganglion dur dans l'aisselle). Dans tous les cas, l'examen clinique est complété par une imagerie.

Que faut-il apporter ?

  • vos mammographies, échographies et comptes rendus antérieurs, même anciens : la comparaison avec des images précédentes est souvent décisive pour juger qu'une anomalie est stable et donc bénigne ;
  • la liste de vos traitements, en particulier une contraception hormonale ou un traitement de la ménopause ;
  • les informations sur les cancers du sein, de l'ovaire ou de la prostate dans votre famille, avec l'âge de survenue : elles permettent d'évaluer s'il faut proposer une consultation d'oncogénétique.

Quels examens réaliser en cas de boule dans le sein ?

Les sociétés savantes de radiologie recommandent une démarche adaptée à l'âge :

  • Avant 30 ans : l'échographie mammaire est l'examen de première intention. La mammographie n'est ajoutée que si l'échographie montre une image suspecte.
  • Entre 30 et 39 ans : échographie, associée à une mammographie selon les cas.
  • À partir de 40 ans : mammographie des deux seins et échographie de la zone concernée.
  • Pendant la grossesse ou l'allaitement : échographie en première intention ; la mammographie reste possible si nécessaire.

La mammographie examine toujours les deux seins, ce qui permet de détecter une autre anomalie à distance. Pour savoir comment elle se déroule, consultez notre article sur la mammographie.

Comprendre la classification ACR (BI-RADS)

Le radiologue conclut son compte rendu par une catégorie ACR, qui guide la suite :

CatégorieSignificationConduite habituelle
ACR 0Examen incompletExamens complémentaires ou comparaison avec des clichés anciens
ACR 1NormalSuivi habituel
ACR 2Anomalie bénigne (kyste simple, adénofibrome connu…)Suivi habituel
ACR 3Anomalie probablement bénigneContrôle rapproché, en général à 6 mois, ou biopsie selon le contexte
ACR 4Anomalie suspecteMicrobiopsie
ACR 5Anomalie très évocatrice de cancerMicrobiopsie rapide

Biopsie, IRM : quand faut-il aller plus loin ?

Lorsque l'image est classée ACR 4 ou 5, ou en cas de doute persistant, une microbiopsie est réalisée. Sous anesthésie locale, le radiologue prélève plusieurs petits fragments de la boule avec une aiguille, guidé par l'échographie ou par la mammographie. L'examen dure une vingtaine de minutes et ne laisse en général qu'un petit hématome. Le résultat de l'analyse vous est transmis par Doctolib ou par courrier (par appel téléphonique s'il est urgent), puis expliqué en consultation.

L'IRM mammaire n'est pas un examen de première intention. Elle est utile dans des situations précises : discordance entre l'examen clinique et l'imagerie, seins très denses, bilan d'extension d'un cancer avant chirurgie, surveillance des femmes à haut risque génétique.

La ponction à l'aiguille fine reste utile pour vider un kyste volumineux et douloureux : le soulagement est immédiat.

Que se passe-t-il ensuite ?

  • Lésion bénigne (kyste simple, adénofibrome confirmé) : aucun traitement n'est nécessaire dans la plupart des cas. On propose une surveillance clinique et, parfois, une échographie de contrôle. Une chirurgie se discute si la boule grossit, devient gênante ou si son aspect est atypique.
  • Lésion à risque (hyperplasie atypique, certaines lésions papillaires) : une ablation chirurgicale de la zone est souvent proposée pour vérifier qu'aucun cancer ne lui est associé.
  • Cancer : le dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire, et un plan de traitement personnalisé vous est proposé. Voir notre article sur le cancer du sein.

Quand consulter rapidement ?

Consultez dans les jours qui suivent si la boule s'accompagne de :

  • une rétraction de la peau ou du mamelon ;
  • une peau rouge, épaissie, en peau d'orange ;
  • un écoulement sanglant ou clair d'un seul mamelon ;
  • un ganglion dur dans l'aisselle ;
  • une boule qui grossit en quelques semaines.

Consultez le jour même si un sein devient rouge, chaud et très douloureux avec de la fièvre, en particulier pendant l'allaitement, car un abcès doit être traité rapidement ; n'arrêtez pas brutalement l'allaitement, ce qui augmente le risque d'abcès (voir douleur du sein pendant l'allaitement). Pour un rendez-vous de sénologie au cabinet : prise de rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 79 59 79 ; le délai moyen de rendez-vous est d'une semaine à 10 jours, sauf périodes de congés.

Questions fréquentes

Une boule qui fait mal est-elle rassurante ?

Une boule douloureuse est plus souvent un kyste ou une mastose, mais la douleur ne suffit pas à exclure un cancer. Toute boule persistante doit être examinée.

Une boule dans le sein peut-elle disparaître seule ?

Oui, un kyste ou une zone de mastose peut diminuer après les règles. Une boule qui persiste après un cycle doit faire l'objet d'une imagerie.

La biopsie du sein peut-elle disséminer un cancer ?

Non. La microbiopsie est la méthode recommandée pour faire le diagnostic, et elle ne favorise pas la diffusion d'un cancer.

Faut-il arrêter la pilule si l'on découvre une boule ?

Non, pas avant d'en avoir parlé avec votre médecin. La conduite à tenir dépend du résultat des examens.

Une boule sous l'aisselle est-elle grave ?

Il s'agit souvent d'un ganglion réactionnel après une infection ou un vaccin, ou d'un kyste de la peau. Une boule dure, fixée ou qui persiste plus de quelques semaines doit être examinée.

Références

  • Expert Panel on Breast Imaging (Klein KA), et al. ACR Appropriateness Criteria® Palpable Breast Masses: 2022 Update. Journal of the American College of Radiology, 2023. doi:10.1016/j.jacr.2023.02.013 — PMID 37236740
  • Lavoué V, et al. Benign breast tumors: Recommendations of Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) – Short text. Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, 2015. doi:10.1016/j.jgyn.2015.09.033 — PMID 26541565
  • Hartmann LC, et al. Benign breast disease and the risk of breast cancer. New England Journal of Medicine, 2005. doi:10.1056/NEJMoa044383 — PMID 16034008

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

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