Le mal de dos pendant la grossesse, comme les douleurs du bassin et des poignets, est très fréquent ; elles sont dues au poids du ventre, au changement de posture et au relâchement des ligaments sous l'effet des hormones. Elles sont presque toujours bénignes et se soulagent par l'activité physique adaptée, la kinésithérapie, une ceinture de maintien si besoin et le paracétamol. Une douleur de hanche intense empêchant de marcher, une faiblesse d'une jambe ou une fièvre imposent en revanche de consulter rapidement.
Au fil des mois, le ventre déplace le centre de gravité vers l'avant. Pour garder l'équilibre, la cambrure du bas du dos s'accentue. En parallèle, les hormones de la grossesse, dont la relaxine et la progestérone, assouplissent les ligaments du bassin pour préparer l'accouchement. Les articulations deviennent plus mobiles et les muscles travaillent davantage. La rétention d'eau peut aussi comprimer certains nerfs. Ces douleurs font partie des motifs de consultation les plus fréquents du suivi, présenté sur notre page Accouchement à Paris.
| Douleur | Où ? | Période typique | Ce qui soulage |
|---|---|---|---|
| Lombalgie | Bas du dos, parfois fesse et cuisse | Toute la grossesse, surtout 2e et 3e trimestres | Activité physique adaptée, kinésithérapie, paracétamol |
| Douleur de la ceinture pelvienne | Fesses, articulations sacro-iliaques, pubis | À partir du 2e trimestre | Adapter les activités, kinésithérapie, ceinture pelvienne |
| Syndrome du canal carpien | Fourmillements des doigts, surtout la nuit | 3e trimestre le plus souvent | Attelle de poignet nocturne |
| Méralgie paresthésique | Brûlures ou fourmillements de la face externe de la cuisse | Fin de grossesse | Éviter vêtements serrés et station debout prolongée |
| Ostéoporose transitoire de hanche, ostéonécrose | Aine, hanche, douleur à l'appui | 3e trimestre ; rare | Avis spécialisé rapide, IRM, décharge |
La lombalgie de grossesse est une douleur du bas du dos, souvent modérée, aggravée par la station debout, la marche prolongée ou le port de charges, et calmée par le repos. Elle peut descendre dans la fesse ou la cuisse. Une vraie sciatique par hernie discale est rare pendant la grossesse.
Aucun examen n'est habituellement nécessaire. Les radiographies de la colonne sont évitées. Une IRM, sans injection, peut être réalisée en cas de signe inhabituel, comme une faiblesse de la jambe.
Les anti-inflammatoires (ibuprofène, kétoprofène, aspirine à dose antalgique), y compris en gel ou en patch, sont contre-indiqués à partir du 6e mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée, SA), même en prise unique, en raison de leur toxicité pour le fœtus. Avant, ils ne se prennent que s'ils sont prescrits par un médecin, jamais en automédication. Plus d'informations dans notre article sur les médicaments pendant la grossesse.
La douleur de la ceinture pelvienne se situe en arrière, au niveau des fesses, et parfois en avant, au niveau du pubis. Elle est déclenchée par la marche, la montée des escaliers, le fait de se retourner dans le lit ou de se tenir sur une jambe. Elle est liée à la mobilité accrue des articulations du bassin.
Ces douleurs disparaissent dans la grande majorité des cas dans les semaines ou mois qui suivent l'accouchement. Elles ne contre-indiquent pas l'accouchement par voie basse ; signalez-les à l'équipe pour adapter les positions.
Le nerf médian passe au poignet dans un canal étroit. La rétention d'eau de la grossesse peut le comprimer. Résultat : fourmillements ou engourdissements du pouce, de l'index et du majeur, souvent la nuit, parfois des deux côtés, avec une gêne pour saisir les objets. Une revue systématique retrouve des symptômes cliniques chez 31 à 62 % des femmes enceintes selon les études (Padua et coll., 2010).
Les symptômes régressent le plus souvent après l'accouchement, mais ils persistent au-delà d'un an chez plus de la moitié des femmes dans la revue de Padua : consultez si la gêne dure.
Le nerf fémoro-cutané latéral, qui donne la sensibilité de la face externe de la cuisse, peut être comprimé au pli de l'aine par le ventre ou une ceinture. Il provoque des brûlures, des picotements ou une zone de peau insensible, sans perte de force. C'est bénin. Évitez les vêtements serrés à la taille et la station debout prolongée. Les symptômes disparaissent en général après la naissance. Une faiblesse de la jambe n'entre pas dans ce tableau et doit faire consulter.
Deux affections rares touchent surtout le troisième trimestre et nécessitent un diagnostic rapide.
Elle se manifeste par une douleur de l'aine ou de la hanche qui s'aggrave à l'appui, avec une boiterie, parfois des deux côtés. L'os de la tête et du col du fémur se déminéralise, ce qui expose à une fracture. Le diagnostic repose sur l'IRM (Morton et Savard-Heppel, 2024). Aucune recommandation ne fixe la prise en charge, qui associe en pratique antalgiques, mise en décharge avec des béquilles et suivi spécialisé.
Plus rare encore, elle provoque une douleur brutale et très intense de la hanche, avec une grande difficulté à marcher. L'IRM confirme le diagnostic. Le traitement associe décharge, antalgiques et prise en charge par un rhumatologue et un chirurgien orthopédiste, qui discutent des options après la naissance.
Dans les deux cas, la voie d'accouchement est discutée entre obstétricien et orthopédiste.
Consultez le jour même, aux urgences de la maternité ou en appelant le 15 (SAMU), si vous présentez :
Si besoin, le cabinet vous oriente vers un kinésithérapeute ou un rhumatologue.
Elle peut soulager les douleurs du bassin et du pubis pendant les activités. Elle ne remplace pas l'exercice ni la kinésithérapie et ne doit pas être serrée en permanence.
Oui, à condition de choisir un praticien formé à la grossesse et de prévenir votre médecin. Les données scientifiques sur son efficacité restent limitées.
Non. Elles ne sont pas une indication de césarienne. Signalez-les à l'équipe pour adapter les positions pendant le travail et éviter les écartements forcés des jambes.
Non à partir du 6e mois (24 SA), où tous les anti-inflammatoires sont contre-indiqués, même en une seule prise ou en gel. Avant ce terme, ne les prenez que sur prescription médicale : le paracétamol reste le choix de première intention.
Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.
Prendre rendez-vousArticle d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.