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Grossesse

Douleurs de dos, bassin et articulations pendant la grossesse

Par Dr Olivier Kadoch, gynécologue-obstétricienRelu le Prochaine révision : octobre 20277 min de lecture

En bref

Le mal de dos pendant la grossesse, comme les douleurs du bassin et des poignets, est très fréquent ; elles sont dues au poids du ventre, au changement de posture et au relâchement des ligaments sous l'effet des hormones. Elles sont presque toujours bénignes et se soulagent par l'activité physique adaptée, la kinésithérapie, une ceinture de maintien si besoin et le paracétamol. Une douleur de hanche intense empêchant de marcher, une faiblesse d'une jambe ou une fièvre imposent en revanche de consulter rapidement.

Pourquoi a-t-on mal au dos et au bassin pendant la grossesse ?

Au fil des mois, le ventre déplace le centre de gravité vers l'avant. Pour garder l'équilibre, la cambrure du bas du dos s'accentue. En parallèle, les hormones de la grossesse, dont la relaxine et la progestérone, assouplissent les ligaments du bassin pour préparer l'accouchement. Les articulations deviennent plus mobiles et les muscles travaillent davantage. La rétention d'eau peut aussi comprimer certains nerfs. Ces douleurs font partie des motifs de consultation les plus fréquents du suivi, présenté sur notre page Accouchement à Paris.

DouleurOù ?Période typiqueCe qui soulage
LombalgieBas du dos, parfois fesse et cuisseToute la grossesse, surtout 2e et 3e trimestresActivité physique adaptée, kinésithérapie, paracétamol
Douleur de la ceinture pelvienneFesses, articulations sacro-iliaques, pubisÀ partir du 2e trimestreAdapter les activités, kinésithérapie, ceinture pelvienne
Syndrome du canal carpienFourmillements des doigts, surtout la nuit3e trimestre le plus souventAttelle de poignet nocturne
Méralgie paresthésiqueBrûlures ou fourmillements de la face externe de la cuisseFin de grossesseÉviter vêtements serrés et station debout prolongée
Ostéoporose transitoire de hanche, ostéonécroseAine, hanche, douleur à l'appui3e trimestre ; rareAvis spécialisé rapide, IRM, décharge

Mal de dos (lombalgie) et sciatique pendant la grossesse : que faire ?

La lombalgie de grossesse est une douleur du bas du dos, souvent modérée, aggravée par la station debout, la marche prolongée ou le port de charges, et calmée par le repos. Elle peut descendre dans la fesse ou la cuisse. Une vraie sciatique par hernie discale est rare pendant la grossesse.

Aucun examen n'est habituellement nécessaire. Les radiographies de la colonne sont évitées. Une IRM, sans injection, peut être réalisée en cas de signe inhabituel, comme une faiblesse de la jambe.

Ce qui aide

  • Rester active : marche, natation, gymnastique prénatale. Une méta-analyse d'essais randomisés montre que l'exercice réduit modestement le risque de lombalgie pendant la grossesse et les arrêts de travail liés aux douleurs lombaires et pelviennes, sans effet démontré sur la douleur de la ceinture pelvienne (Shiri et coll., 2017).
  • La kinésithérapie : renforcement doux, étirements, conseils de posture.
  • Les bons gestes : plier les genoux pour ramasser un objet, éviter les charges lourdes, dormir sur le côté avec un coussin entre les genoux.
  • Le paracétamol, antalgique de première intention pendant la grossesse, à la dose la plus faible et sur la durée la plus courte possibles, selon les conseils de votre médecin.

Les anti-inflammatoires (ibuprofène, kétoprofène, aspirine à dose antalgique), y compris en gel ou en patch, sont contre-indiqués à partir du 6e mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée, SA), même en prise unique, en raison de leur toxicité pour le fœtus. Avant, ils ne se prennent que s'ils sont prescrits par un médecin, jamais en automédication. Plus d'informations dans notre article sur les médicaments pendant la grossesse.

Douleur du bassin et du pubis : la ceinture pelvienne

La douleur de la ceinture pelvienne se situe en arrière, au niveau des fesses, et parfois en avant, au niveau du pubis. Elle est déclenchée par la marche, la montée des escaliers, le fait de se retourner dans le lit ou de se tenir sur une jambe. Elle est liée à la mobilité accrue des articulations du bassin.

  • Fractionnez les efforts et évitez de rester longtemps debout.
  • Gardez les genoux serrés pour entrer ou sortir d'une voiture, et montez les escaliers une marche à la fois.
  • Une ceinture de maintien pelvien peut soulager pendant les activités.
  • La kinésithérapie ou l'ostéopathie par un praticien formé à la grossesse peuvent aider.

Ces douleurs disparaissent dans la grande majorité des cas dans les semaines ou mois qui suivent l'accouchement. Elles ne contre-indiquent pas l'accouchement par voie basse ; signalez-les à l'équipe pour adapter les positions.

Fourmillements des mains : le syndrome du canal carpien

Le nerf médian passe au poignet dans un canal étroit. La rétention d'eau de la grossesse peut le comprimer. Résultat : fourmillements ou engourdissements du pouce, de l'index et du majeur, souvent la nuit, parfois des deux côtés, avec une gêne pour saisir les objets. Une revue systématique retrouve des symptômes cliniques chez 31 à 62 % des femmes enceintes selon les études (Padua et coll., 2010).

  • Une attelle de repos nocturne, qui maintient le poignet droit, est le traitement de base.
  • Une infiltration de corticoïde peut être proposée dans les formes gênantes.
  • La chirurgie est rarement nécessaire pendant la grossesse.

Les symptômes régressent le plus souvent après l'accouchement, mais ils persistent au-delà d'un an chez plus de la moitié des femmes dans la revue de Padua : consultez si la gêne dure.

Brûlures sur la cuisse : la méralgie paresthésique

Le nerf fémoro-cutané latéral, qui donne la sensibilité de la face externe de la cuisse, peut être comprimé au pli de l'aine par le ventre ou une ceinture. Il provoque des brûlures, des picotements ou une zone de peau insensible, sans perte de force. C'est bénin. Évitez les vêtements serrés à la taille et la station debout prolongée. Les symptômes disparaissent en général après la naissance. Une faiblesse de la jambe n'entre pas dans ce tableau et doit faire consulter.

Douleur de hanche intense : les causes rares à ne pas manquer

Deux affections rares touchent surtout le troisième trimestre et nécessitent un diagnostic rapide.

L'ostéoporose transitoire de hanche (algodystrophie)

Elle se manifeste par une douleur de l'aine ou de la hanche qui s'aggrave à l'appui, avec une boiterie, parfois des deux côtés. L'os de la tête et du col du fémur se déminéralise, ce qui expose à une fracture. Le diagnostic repose sur l'IRM (Morton et Savard-Heppel, 2024). Aucune recommandation ne fixe la prise en charge, qui associe en pratique antalgiques, mise en décharge avec des béquilles et suivi spécialisé.

L'ostéonécrose de la tête fémorale

Plus rare encore, elle provoque une douleur brutale et très intense de la hanche, avec une grande difficulté à marcher. L'IRM confirme le diagnostic. Le traitement associe décharge, antalgiques et prise en charge par un rhumatologue et un chirurgien orthopédiste, qui discutent des options après la naissance.

Dans les deux cas, la voie d'accouchement est discutée entre obstétricien et orthopédiste.

Quand consulter en urgence ?

Consultez le jour même, aux urgences de la maternité ou en appelant le 15 (SAMU), si vous présentez :

  • une douleur de hanche ou d'aine intense, ou une impossibilité de poser le pied par terre ;
  • une faiblesse d'une jambe, un pied qui « tombe », des troubles pour uriner ou aller à la selle, ou une perte de sensibilité entre les cuisses ;
  • une douleur du dos avec fièvre, ou une douleur sur le côté avec brûlures urinaires, qui peut traduire une infection rénale ;
  • une douleur du bas du dos rythmée, qui revient à intervalles réguliers, ou accompagnée de pertes de liquide ou de sang : elle peut correspondre à des contractions ;
  • un mollet douloureux et gonflé.

Si besoin, le cabinet vous oriente vers un kinésithérapeute ou un rhumatologue.

Questions fréquentes

Une ceinture de grossesse est-elle utile ?

Elle peut soulager les douleurs du bassin et du pubis pendant les activités. Elle ne remplace pas l'exercice ni la kinésithérapie et ne doit pas être serrée en permanence.

Peut-on consulter un ostéopathe pendant la grossesse ?

Oui, à condition de choisir un praticien formé à la grossesse et de prévenir votre médecin. Les données scientifiques sur son efficacité restent limitées.

Les douleurs du bassin empêchent-elles d'accoucher par voie basse ?

Non. Elles ne sont pas une indication de césarienne. Signalez-les à l'équipe pour adapter les positions pendant le travail et éviter les écartements forcés des jambes.

Peut-on prendre de l'ibuprofène pour le mal de dos enceinte ?

Non à partir du 6e mois (24 SA), où tous les anti-inflammatoires sont contre-indiqués, même en une seule prise ou en gel. Avant ce terme, ne les prenez que sur prescription médicale : le paracétamol reste le choix de première intention.

Références

Dr Olivier KadochGynécologue-obstétricien et chirurgien gynécologique à Paris (16e et 5e). Ancien chef de clinique-assistant des Hôpitaux de Paris, praticien accrédité par la HAS. RPPS 10003957809. Parcours et lieux d'exercice

Une question sur votre situation ?Consultation au cabinet ou en téléconsultation, délai moyen d'une semaine à 10 jours.

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Article d'information générale : il ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.