Rôle du spermogramme dans le bilan de stérilité du couple
Le spermogramme est l’examen de base pour évaluer la fertilité masculine. Il fait systématiquement partie du bilan de stérilité du couple lorsqu’une grossesse tarde à venir.
Cet examen consiste à analyser en détail le sperme afin d’apprécier la quantité, la qualité et le fonctionnement des spermatozoïdes. Il permet de repérer d’éventuelles anomalies pouvant expliquer une infertilité ou une hypofertilité masculine.
Principaux paramètres étudiés lors du spermogramme
L’analyse porte sur plusieurs éléments du sperme (ou éjaculat), examinés selon des normes définies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Volume de l’éjaculat et concentration en spermatozoïdes
Après une période d’abstinence de 2 à 7 jours (en pratique souvent 3 jours), on recueille l’éjaculat au laboratoire.
- Volume du sperme : il est généralement compris entre 1,5 et 6 mL.
- Concentration spermatique : on attend au minimum 20 millions de spermatozoïdes par mL d’éjaculat.
Un volume trop faible ou une concentration basse peuvent participer à une diminution du potentiel fécondant.
pH et viscosité du sperme
- pH : le sperme normal présente un pH compris environ entre 7,2 et 8. Un pH anormal peut orienter vers une anomalie des glandes annexes (prostate, vésicules séminales).
- Viscosité : une hyperviscosité du sperme peut gêner le déplacement des spermatozoïdes et constituer une cause d’infertilité en limitant leur mobilité.
Agglutinats et globules blancs
- Agglutinats : il s’agit de regroupements anormaux de spermatozoïdes pouvant être liés notamment à des phénomènes immunologiques.
- Globules blancs : leur nombre doit rester inférieur à 1 million par mL. Une élévation peut évoquer une infection ou une inflammation des voies génitales masculines.
Mobilité et vitalité des spermatozoïdes
La capacité des spermatozoïdes à se déplacer efficacement jusqu’à l’ovocyte est un paramètre majeur de la fertilité.
- Mobilité à 1 heure : environ 50 % des spermatozoïdes doivent présenter une mobilité progressive (c’est-à-dire se déplacer en avant), dont au moins 25 % avec un déplacement rapide.
- Mobilité à 3 heures : au moins 30 % des spermatozoïdes doivent conserver une mobilité progressive normale.
- Vitalité : au moment de l’analyse, au moins 58 % des spermatozoïdes doivent être vivants.
Une mobilité insuffisante (asthénozoospermie) ou une vitalité diminuée peuvent réduire les chances de fécondation spontanée.
Examens complémentaires en cas d’anomalie du spermogramme
Spermoculture
En présence d’anomalies du spermogramme, notamment d’une augmentation des globules blancs ou de signes évocateurs d’infection, une spermoculture peut être prescrite.
Elle consiste à rechercher un germe (bactérie, parfois autre agent infectieux) dans le sperme, afin de confirmer ou non une infection et d’adapter le traitement (antibiothérapie par exemple).
Spermocytogramme : étude de la morphologie des spermatozoïdes
Le spermocytogramme est l’étude détaillée de la forme (morphologie) des spermatozoïdes. Il complète le spermogramme et permet de mieux apprécier la fertilité masculine.
Chaque spermatozoïde est composé d’une tête, d’une pièce intermédiaire et d’un flagelle (queue). De nombreuses anomalies morphologiques sont décrites et classées.
- Tête : les anomalies (microcéphales, macrocéphales, tête allongée, tête irrégulière, etc.) doivent rester inférieures à environ 35 %.
- Pièce intermédiaire : les anomalies (présence de restes cytoplasmiques, épaississement…) doivent être inférieures à environ 20 %.
- Flagelle : les anomalies du flagelle (flagelle angulé, enroulé, raccourci…) doivent également rester inférieures à environ 20 %.
Plus la proportion de spermatozoïdes morphologiquement normaux est élevée, meilleur est le potentiel de fécondation du sperme.
Qualité du sperme et interprétation globale
On considère que le sperme est de bonne qualité, dit « fécondant », lorsque l’ensemble des paramètres (volume, concentration, mobilité, vitalité, morphologie, pH, viscosité, absence d’infection) se situe dans les normes.
Selon les résultats, le médecin pourra :
- rassurer le couple lorsque le spermogramme est normal,
- proposer des explorations complémentaires en cas d’anomalies importantes ou répétées,
- orienter vers une prise en charge en Aide Médicale à la Procréation (AMP) si nécessaire (insémination intra-utérine, fécondation in vitro, ICSI…).
Déroulement pratique du prélèvement
Le prélèvement de sperme est réalisé le plus souvent au laboratoire, par masturbation, après une période d’abstinence sexuelle de 2 à 6 jours.
Le recueil doit être complet, directement dans le flacon stérile fourni. L’échantillon est ensuite analysé rapidement, selon un protocole standardisé, afin de garantir la fiabilité des résultats.
Test de migration-survie (TMS) et orientation vers l’AMP
Dans certains cas, un test de migration-survie des spermatozoïdes peut être demandé. Ce test aide à choisir la technique d’Aide Médicale à la Procréation la plus adaptée.
Après élimination du plasma séminal, les spermatozoïdes sont placés dans un milieu de culture spécifique. On étudie alors :
- leur capacité à migrer (sélection des spermatozoïdes les plus mobiles),
- leur survie après 24 heures.
Les résultats du test de migration-survie permettent d’estimer le nombre de spermatozoïdes mobiles et vivants disponibles pour une insémination ou une fécondation in vitro, et ainsi d’orienter au mieux la prise en charge du couple.

