L’hystérosalpingographie est un examen d’imagerie réalisé en radiologie. Il permet d’étudier de manière précise la cavité de l’utérus et les trompes de Fallope, en les rendant visibles grâce à un produit de contraste. Cet examen, longtemps central en gynécologie avant l’essor de l’hystéroscopie et de l’échographie, reste aujourd’hui particulièrement utile dans le bilan d’infertilité féminine.
Qu’est-ce que l’hystérosalpingographie ?
L’hystérosalpingographie consiste à réaliser des radiographies de l’intérieur de l’utérus et des trompes après injection, par le col utérin, d’un produit de contraste iodé. Ce produit rend les cavités utérine et tubaires opaques aux rayons X, ce qui permet de visualiser leur forme, leurs contours et la perméabilité des trompes de Fallope.
Cet examen fournit des informations précieuses sur :
- la cavité utérine (forme, anomalies, malformations) ;
- les trompes de Fallope (perméabilité, obstruction, séquelles d’infections) ;
- éventuellement les zones autour des trompes et des ovaires pour un radiologue expérimenté.
Comment se déroule l’examen ?
L’hystérosalpingographie est réalisée en service de radiologie, en consultation externe. Elle ne nécessite pas d’anesthésie générale.
Le produit de contraste
On utilise habituellement un produit de contraste hydrosoluble contenant de l’iode (environ 25 % d’iode). Ce produit est injecté dans la cavité utérine à travers le col à l’aide d’une petite canule.
Étapes principales de l’examen
- La patiente est installée en position gynécologique sur la table de radiologie.
- Après désinfection, le radiologue met en place un spéculum pour visualiser le col de l’utérus.
- Une canule fine est positionnée au niveau du col, puis le produit de contraste est injecté progressivement dans l’utérus.
- Au fur et à mesure que le produit remplit la cavité utérine puis les trompes, des clichés radiographiques sont réalisés.
- On observe la diffusion du produit dans l’utérus, le trajet dans les trompes et, si elles sont perméables, le passage du produit dans la cavité péritonéale.
Une gêne pelvienne ou des douleurs de type « crampes de règles » peuvent être ressenties pendant l’injection. Elles sont en général modérées et transitoires.
Dans quels cas l’hystérosalpingographie est-elle indiquée ?
Bilan d’infertilité (stérilité)
L’indication principale de l’hystérosalpingographie est le bilan d’infertilité féminine. L’examen permet :
- d’évaluer la perméabilité des trompes de Fallope (recherche d’obstruction partielle ou complète) ;
- d’analyser l’aspect des trompes (séquelles d’infections, salpingite, adhérences) ;
- de détecter des anomalies de la cavité utérine (polypes, synéchies, malformations utérines, cloison, utérus bicorne, etc.).
Antécédents de fausses couches à répétition
Chez les patientes présentant des avortements spontanés répétés, l’hystérosalpingographie peut aider à rechercher :
- une anomalie de la forme du corps utérin (malformations congénitales, cloison, utérus hypoplasique…) ;
- une béance cervico-isthmique, c’est-à-dire une faiblesse du col pouvant favoriser les pertes fœtales tardives.
Quelles sont les contre-indications à l’hystérosalpingographie ?
L’examen ne doit pas être réalisé dans certaines situations, car il pourrait être inutile, dangereux ou difficilement interprétable.
Grossesse
L’hystérosalpingographie est contre-indiquée en cas de grossesse, car elle expose l’embryon ou le fœtus aux rayons X et au produit iodé. Pour cette raison, l’examen est habituellement programmé en début de cycle, autour du 5e ou 6e jour, juste après la fin des règles, afin d’éliminer le risque d’une grossesse en cours.
Infection génitale ou pelvienne évolutive
En présence d’une infection génitale haute (salpingite, pelvipéritonite…) ou d’une infection pelvienne active, l’hystérosalpingographie est contre-indiquée. L’injection du produit de contraste à travers l’utérus pourrait aggraver l’infection ou favoriser sa diffusion. Il est alors nécessaire de traiter l’infection avant d’envisager l’examen.
Intolérance aux produits iodés
Une allergie connue aux produits de contraste iodés constitue une contre-indication, même si ce type de réaction reste rare. Un interrogatoire précis et, si besoin, un avis allergologique sont recommandés en cas de doute.
Hémorragies utérines importantes
En cas de saignements utérins abondants, l’examen doit être différé. La présence de caillots dans la cavité utérine gênerait fortement la lecture des clichés. Il est donc nécessaire de contrôler l’hémorragie d’abord (par exemple par un traitement progestatif ou autre, selon la cause), puis de programmer l’hystérosalpingographie à distance.
Examen radiologique digestif récent
La réalisation récente d’un lavement baryté ou d’une autre opacification digestive peut rendre difficile l’interprétation des images de l’hystérosalpingographie, à cause des résidus de produit de contraste dans l’intestin. Il est en général recommandé d’espacer ces examens.
Place de l’hystérosalpingographie parmi les autres examens
Avec le développement de l’hystéroscopie (visualisation directe de la cavité utérine) et de l’échographie pelvienne, l’hystérosalpingographie a vu ses indications diminuer. Néanmoins, elle conserve un rôle important, notamment pour l’étude de la perméabilité tubaire dans le cadre de l’infertilité.
Cet examen est souvent complémentaire d’autres explorations : échographie transvaginale, hystéroscopie diagnostique, bilan hormonal, spermogramme chez le partenaire, etc. L’ensemble de ces examens permet au gynécologue d’établir un diagnostic précis et de proposer une prise en charge adaptée (traitement médical, chirurgie, assistance médicale à la procréation).

